Guayasamín bis repetita

Publié le par LAO.Nord

DSCN5687

Quito, mercredi 18 novembre,

Je suis sur pied vers 9 heures et passe prendre l'habituel petit dej sur la terrasse. Je m'abstiens de commander des oeufs brouillés, tous les matins, c'est un peu too much, et pas bon du tout pour le cholestérol. Je traînasse un peu. Le temps est couvert et j'abandonne l'idée de visiter les jardins Inchimbía, sur les hauteurs de la ville. Je me rends une nouvelle fois dans la ville nouvelle, dans un trolley bondé, et m'arrête au Correos pour envoyer un petit colis. Je me paume un peu et marche le long de grands axes peu agréables, avant de trouver l'arrêt de bus pour Bellavista.

Je monte, redescends, remonte, redescends. Les habitants du quartier, me voyant hésiter sur le chemin à prendre, m'aiguillent peu à peu dans la bonne direction. Me voici enfin tout au bout de Bellavista, où se cache la Capilla del Hombre. J'ai droit à une visite gratuite, en raison de la coupure d'électricité qui se pérennise. La chapelle n'a rien de chrétien, Guayasamín étant athée, mais son architecture est sur mesure pour abriter l'oeuvre du peintre, qui rend hommage à toutes les souffrances de l'homme en Amérique.

DSCN5698Portraits d'enfants aux yeux immenses. Mères éplorées. Corps tordus par la douleur. Hommage aux mineurs ayant bousillé leur santé et parfois leur vie dans les mines de Potosí. Je descends dans la pénombre et distingue tout de même d'immense tableaux inspirés de la culture andine mettant à l'honneur le condor et autres animaux ou dieux incas.

Je ressors sur la terrasse où la vue sur la ville est une fois de plus superbe mais où le temps se fait menaçant. Je lis les citations poignantes de Guayasamín puis vais me poser à la cafétéria où je commande une empanada au fromage recouverte de sucre, faute de mieux, pas si mal que ça en fin de compte. Je complète par un yaourt et une banane avant de reprendre le chemin du centre ville.

Le bus du retour ne prends pas du tout le même chemin que la veille et je me retrouve à traverser une partie de la ville nouvelle pour me rendre au musée Abya Yala qui abrite une collection dédiée à l'Amazonie. Le guide m'explique l'usage des vêtements, couronnes de plumes, colliers de dents de tigrillos, paniers, filets de pêche exposés. Il me détaille les traditions des diverses ethnies peuplant l'Amazonie et en particulier des Shuar et de leurs fameuses têtes réduites.

La pluie éclate en plein pendant la visite. Quand je ressors, ça continue à tomber et je me dépêche de monter dans un bus qui me ramène à l'auberge. Là, je me pose sur Internet après une petite tasse de thé et discute avec mes voisins, deux Québécois qui en sont à leur quatrième sommet en 10 jours. Ils me font partager leurs photos au sommet du Cotopaxi et du Chimborazo. Nous nous donnons rendez-vous sur la terrasse après le dîner.

Ce soir, je suis à côté d'un groupe d'Irlandais qui pestent contre les Français à cause d'une tricherie de Thierry Henri. Un jeune Breton, qui fait sa thèse de physique en Belgique, se mêle à la conversation. Je découvre alors que ma voisine de table qui dort dans le lit au-dessous de moi, est également Québécoise, alors que cela fait trois jours que nous nous parlons en Anglais !

DSCN5703Nous sommes interrompus par un groupe de musique traditionnelle andine qui vient nous casser les oreilles avec le son strident de la flûte. Un jeune gamin souffle n'importe quoi dans sa flûte de pan, à croire qu'il ne sait pas du tout s'en servir.

Exaspérée, je me lève pour me faire une tasse de manzanilla et suis rejointe par une Suissesse dont les oreilles ont aussi été écorchées par les fausses notes et la cacophonie ambiante. Les deux Québécois se joignent à la conversation. Nous gagnons ensuite le coin de la terrasse où brûle la flambée et passons le reste de la soirée à deviser agréablement.

Publié dans Equateur

Commenter cet article