3 chicken bus et une barque, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour aller s'écraser sur une plage ?

Publié le par LAO.Nord

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Antigua, jeudi 10 décembre,

J'émerge vers 7h30. Je prends le petit déjeuner puis me prépare pour mes deux jours à Monterrico. Je passe à la laverie déclarer la perte de 4 paires de chaussettes puis je traverse le marché et gagne la gare des bus. Un chicken bus est en partance pour Esquintla. J'embarque pour la première fois à bord de ces anciens US school buses repeints et décorés de couleurs bariolées à la guatémaltèque. C'est un vrai concours de beauté.

DSCN6632En quittant le terminal, j'ai la chance d'assister à une éruption du Volcan Fuego. Sur la route, nous passons les villages de Ciudad Vieja et Alotenango, au pied des volcans Acatenango et Fuego. Au niveau d'Alotenango, nouvelle éruption du Fuego. De ce côté, le cône n'a pas du tout la même allure. Une partie de la montagne semble avoir été rabotée et l'on distingue des couloirs d'éboulis suite aux précédentes éruptions. Je suis fascinée.

La route continue en sinuant au milieu des champs de canne à sucre jusqu'à Esquintla. Le climat a déjà complètement changé et la température a sensiblement augmenté. A Esquintla, on m'indique le bus pour Monterrico garé à la station essence. Le prix me semble un peu chéro. Nous partons presque aussitôt longeant la Carretera al Pacifico. J'admire au loin le volcan Pacaya qui fume plus que je ne l'aurai cru hier. Longeant les champs de canne à sucre, les pâturages de buffles, je peux encore observer les volcans Tecuamburo et Cruz Quemada.

DSCN6646Le bus me fait descendre à Taxisco d'où je dois prendre un autre chicken bus. J'engueule copieusement le chauffeur qui m'a trompée sur l'itinéraire. Le bus pour la Avellana met près d'une heure à partir, le temps de se remplir. Il fait une chaleur abominable et mon estomac commence à me creuser malgré les deux bananes achetées précuationneusement au marché ce matin.

A la Avellana, je dois encore prendre un barque dont le moteur tombe en panne à deux encablures de l'embarcadère. Les réparations se font sur site et sont plutôt rapides mais je suis pressée d'arriver. La ballade en barque est splendide. Nous naviguons dans la mangrove qui abrite de nombreux oiseaux, des jacinthes d'eau et des fleurs de lotus.

DSCN6703Des palmiers effilés nous accueillent à Monterrico. Je marche en direction de l'hôtel Ants mais un local m'indique qu'il a fermé. Je continue sur la route d'Hawaï. Après 1 km en plein cagnard, ayant dépassé les dernières maisons du village, je demande mon chemin à deux enfants à vélo (à deux sur le même vélo bien sûr), qui m'indiquent de faire demi-tour. Sur le bord de la route, j'interpelle des ouvriers travaillant sur un toit, en quête de la plage. Je traverse une réserve de tortues et trouve à point nommé des toilettes !

Je longe la plage, trouve une autre réserve de tortues en pleine torpeur et m'échoue à l'hôtel El Mangle où je commande un jus de fraises pour reprendre des forces. Tout compte fait, impossible d'aller plus loin sans manger, malgré les prix horrifiques du menu. Poisson vapeur en papillote agrémenté de petits légumes, oignons, poivrons, céleris, avocat et une assiette de frites comme je n'en ai pas mangées depuis des années, grillées et salées à point.

DSCN6726Je décide de profiter de la proximité du Cecon pour visiter la réserve. Complètement vétuste, le centre héberge tortues d'eau, iguanes et caïmans, avant de les réintroduire dans la nature. Je prends rendez-vous pour le lendemain 5h30 pour faire une ballade en barque dans la mangrove, malgré la promesse que je m'étais faite de me faire enfin une grasse mat...

Je me mets en quête d'un hôtel pour la nuit. Le Johnny's Place offre un dormitorio acceptable pour 45 Quetzales. Je pousse jusqu'au Caracol qui a l'air mieux mais ils sont en plein travaux de peinture. Je reviens donc sur mes pas. Je file à la douche, quel bonheur après cette chaleur. J'enfile un maillot et arrive tout juste à temps pour voir la boule rouge feu se jeter dans le Pacifique.

DSCN6730Pas le temps de s'attarder, j'ai rendez-vous à 17h30 au Cecon pour le lâcher de bébés tortures. En chemin, je tombe nez à nez avec un magnifique pélican apprivoisé par un resto, blanc comme neige. Au centre, les touristes remontent de la plage. Il est en fait 18h, mon réveil retarde d'une demi-heure !

Noé me propose d'aller tout de même me chercher des tortues. Il me rapporte 3 miniatures à la carapace noire qui viennent d'éclore ce matin. Je les dépose sur le sable noir. L'une d'elle file comme une flèche mais les deux autres ont plus de mal. Je leur donne un petit coup de pouce pour leur début dans la vie et les rapproche de l'eau. Une vague, deux vagues, et les voilà parties pour la grande aventure de la vie. Elles paraissent bien fragiles pour les gros rouleaux et l'immensité du Pacifique.

DSCN6744Je rentre à l'hôtel et fais la connaissance de Harry, un Allemand nomade qui partage mon dortoir. Il vend de petits colliers artisanaux et passe 4-5 mois dans un endroit puis bouge au gré du soleil, cherchant la chaleur et les plages. Nous passons une agréable soirée. Nous partageons tacos et riz au légumes.

Nous sommes rejoints par Sarah, une Suissesse vivant au Canada, et qui récupère juste d'une poussée de dengue. Elle est revenue ici dans l'idée d'observer les baleines, de les photographier et de noter leur position et leur activité. Nous continuons à bavarder jusque vers minuit.

DSCN6738Impossible de dormir. Le ventilateur m'envoie des vagues d'air froid et fait un bruit monstrueux. Le bruit des vagues est incroyablement fort. Je m'énerve. Je crie à Harry d'arrêter le ventilo. Je finis par m'endormir à une heure bien avancée.

Publié dans Guatemala

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