Le grand voyage

Publié le par LAO.Nord

Mercredi 1er juillet / jeudi 2 juillet 2009, Paris -> Santiago,

Bouclage du sac. Derniers préparatifs. Résa hôtel. Flo a pris un RTT pour me tenir compagnie avant mon départ, mais ce n'est pas la journée relaxante que nous avions espérée. Petit Sacha est avec nous mais il n'a pas son tapis de sol et se cogne le front contre le parquet pendant que nous nous affairons à côté.
J'en suis malade !

 

L’heure a sonné. On monte en voiture. Je cours déposer les clés chez la gardienne par plus de 30ºC. Mon sport de la journée. Nous sommes en plein dans les embouteillages. Flo dépasse quand même la Porte Maillot pour m’accompagner jusqu’à Charles de Gaulle. Je suis étrangement calme.

 

Une fois arrivés, c’est plus dur. Il faut dire au revoir à Flo et surtout à Sacha, qui n’est pas bien conscient de la situation et m’aura complètement oubliée à mon retour. Moi, j’aurai raté ses premiers pas, ses premiers mots.

 

Qu’est-ce qui me pousse à faire ça, je ne sais pas, mais je sais que c’est la bonne chose pour moi. Je dois le faire en quelque sorte. Heureusement que j’ai mes lunettes noires. De grosses larmes coulent de mes yeux. En entrant dans l’aéroport, je suis obligée de me moucher. En avant !

 

Check-in du sac à dos : 14 kg, enregistré jusqu’à Santiago. Quant à moi, je devrai faire une deuxième carte d’embarquement à Sao Paulo. 3 heures à attendre mais ça passe vite. Je commence enfin la lecture du Routard. Il était temps !

 

Le vol est à l’heure. Le service de la Tam est impeccable. Mon dieu que c’est long. 11 heures de vol jusqu’à Sao Paulo ! Heureusement, ils jouent Gran Torino que je n’ai pas vu. Malheureusement, j’ai le choix entre Français et Brésilien pour la langue ! Va pour le  Français...

 

Dîner dégueu. Petite sieste, puis réveil et impossible de dormir au beau milieu de la nuit. Agacée, je finis par mettre de la musique et je somnole un peu. Mais je suis à nouveau réveillée et je m’embarque dans un autre film, Last Chance, avec Emma Thompson et Dustin Hoffman, en Anglais cette fois ! J'écoute ensuite les greatest hits d’Abba. Et c’est déjà l’heure du petit dej. Pas vraiment faim à ce stade, mais allons-y pour grignoter un bout.

 

Enfin, nous arrivons à Sao Paulo. Débarquement dans les vapes. Pas besoin de franchir les douanes. Je vais à l’autre bout du terminal 2 m’enregistrer à la Tam. Après avoir fait la queue, le steward me dit que je vole sur Lan Chile. Je dois refaire la queue à un autre comptoir pendant vingt bonnes minutes. On y arrive !

 

On embarque et j’ai une fenêtre. Heureusement, j’avais oublié de le préciser. J’attends avec impatience la Cordillère des Andes. Je dors un peu mais je surveille les changements de topographie. Après la Selva du Brésil, les grandes plaines de la Pampa argentine, le sol se dessèche de plus en plus et j’observe ce qui ressemble à des déserts de sel ou de sable. Quelques lacs épars. Un grand fleuve. Et puis la terre commence à se cabosser. Elle est ocre rouge et n’est recouverte d’aucune végétation. Ça se lézarde. Grandes tranchées, longs serpents de collines. Et au loin on distingue les sommets enneigés.

 

Nous y voilà. Le temps semble être infini pour passer la dernière vallée avant la grande chaîne de montagnes. Et puis, elle passe si vite, rejoignant presque l’avion. Nous survolons des sommets enneigés. De la poudreuse toute fraîche. C’est sublime.

 

Retour vers les nuages, on descend sur Santiago. Dernière chaîne de montagnes enneigée, puis la terre brune, les champs, les ciprès, la verdure de la vallée. Nous y voilà ! Enfin, après 3h30 de vol. Les jambes gourdes.

 

Il faut rester éveillée pour passer la douane. RAS. Ouf, j’avais peur qu’ils ne questionnent mon aller-simple. Le bagage arrive sur le tapis, fidèle au poste. Réminiscence du retard, 11 ans plus tôt, et de l’arrivée des bagages dans la nuit suivante...

 

Je vais réserver mon billet de bus. Retrait d’argent au distributeur. Finalement, j’opte pour le taxi collectif qui vous dépose directement à l’hôtel. Il vaut mieux éviter de zoner dans Santiago à la recherche de l'hôtel avec tous mes sacs et très peu dormi.

 

Dans le minibus, un Chilien de Punta Arena me donne quelques conseils. Le chauffeur s’inquiète du fait que mon hôtel soit dans un quartier pas terrible. C'est proche de l’ancienne gare Mapocho. On verra bien, je serai prudente.

 

L’hôtel ne s’avère pas terrible au premier abord. Mais une criada se met en quatre pour s’assurer de mon confort. Elle fait sous mes yeux une autre chambre, devant ma réticence à entrer dans une pièce où la fenêtre est à jour et la porte de ferme pas à clé !

 

Elle fait tomber la taie d’oreiller. Le couvre-lit n’a pas l’air vraiment propre. Elle vaporise un « sent bon » pour masquer l’odeur de renfermé ! Mais surtout, j’ai déjà froid et il est midi ! Elle me promet une troisième couverture mais je m’en sortirai bien avec mes polaires et mon duvet. Il faudra bien ! Pense à la Bolivie...

 

Après une bonne douche brûlante, je suis revigorée. Je passe regarder mes emails et rassurer mes parents sur mon arrivée sans encombres. Un petit mot à Enairo pour tenter de se retrouver. Puis, je pars à la conquête de la ville.

 

Au départ, je pense gagner le centre, mais mes pas me guident vers le Mercado, puis le Rio Mapocho, que je traverse pour gagner un autre marché, de là, je longe la colline de San Cristobal qui domine la ville mais n’est pas toute proche. Je traverse un quartier commerçant très animé, puis le charmant Bellavista, pour arriver au pied du funiculaire, la reco du Routard pour commencer la visite de la ville. Je me rappelle y être venue il y a 11 ans, mais cela reste très flou.

 

Là-haut, pas bien terrible. Vue sur la Cordillère tout de même, mais la vue sur la ville n’a rien d’exceptionnel. Une énorme Madonne surplombe la colline, adossée à une antenne encore plus haute. Un gâchis. Je redescend assez vite, pas vraiment emballée. Je préfère retourner dans les rues de Bellavista, ce quartier dont je me souviens avoir adoré les petites ruelles, au pied de la colline San Cristobal. Les maisons colorées, une boutique de Lapis Lazulis que je n’ai pas retrouvée. Il y a désormais beaucoup de restos et de discothèques.

 

Je bifurque vers la maison de Pablo Neruda que je décide d’aller visiter, après un magnifique verre de pamplemousse pressé ! Il s’agit en fait de trois ou quatre bicoques adossées à la colline. La décoration et l’agencement sont très originaux. De toutes petites pièces remplies d’objets insolites glanés au cours de voyages, rappelant le thème maritime, ou encore reflets de l’amitié de l’élite culturelle de l’époque. J’aime beaucoup cet endroit qui ne ressemble à rien et est agencé avec tant de soin et d’originalité.

 

En ressortant, j’entrevois le soleil couchant qui se reflète sur la neige des sommets de la Cordillère, un rose vif éblouissant d’une beauté irréelle. Plus j’avance et plus je perds la beauté de l’instant. Le ciel est incroyable. De tous côtés, c’est un rose flamboyant. Mais, je suis redescendue dans les ruelles de Bellavista et n’ai pas pu assister au coucher de soleil sanglant sur les Andes. J’ai quand même glané quelques clichés assez incroyables.

 

Je travers à nouveau le Rio Mapocho, alors que le rose s’assombrit mais demeure incroyablement vif sur la brume ambiante. Le ciel est rose à l’infini. Je continue et me hâte de gagner le quartier sur lequel j’ai jeté mon dévolu pour m’arrêter dîner. Les gens sortent du bureau et c’est la foule dans les grandes artères et aux passages cloutés. Je les suis mais me trompe de chemin. Je sors mon guide discrètement mais le plan n’est pas très clair. J’y vais donc un peu à l’aveuglette. Je finis par trouver le dit quartier et ses restaurants accueillants. J’opte pour le plus chicos qui me fait de l’oeil.

 

Je m’installe pour dîner mais demande l’heure par acquis de conscience. Il n’est que 18h30. Moi qui m’inquiétais de trainer seule à la nuit tombée ! C’est l’hiver ici et avec les montagnes alentour, la nuit tombe tôt. Je commande donc un verre de Chardonnay pour ne pas avoir l’air ridicule et dîner comme les poules. J’en profite pour écrire mon journal et faire le point sur ces deux premières journées déjà riches en émotions.

 

Retour en taxi. La criada de l’après-midi était inquiète de ne pas me voir rentrée plus tôt, elle m’a attendue avant de terminer sa journée. Elle a aussi une fille. Après une petite tasse de thé, je m'effondre pour une bonne nuit de sommeil.

 

Publié dans Chili

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