Bloqués par la neige / on a cuit dans le Salar d'Atacama

Publié le par LAO.Nord

DSCN0308

San Pedro, Socoaire, Tocoano, Quebrada de Jere, Laguna Chaxa, Laguna Cejas, Salar de Atacama, mercredi 15 juillet,

Le mouvement dans la chambre voisine me réveille. Je saute du lit pour me préparer pour l'excursion. J'empile les couches de vêtements pour affronter le froid en altitude. En haut, T-shirt à manches longues, 2 polaires + une parka. En bas, un collant, 1 pyjama en polaire, 1 jean. Pas le temps de prendre mon petit dej que déjà le minibus vient nous chercher. Deborah et Mauricio, le couple parisien, ont réservé par la même agence. Notre guide aime beaucoup parler et nous raconte tout un tas d'histoires. Il est passionné d'archéologie et complètement autodidacte.

Nous passons le Tropique du Capricorne et pouvons observer l'un des nombreux chemins de l'Inca dont l'influence est arrivée jusqu'au Nord du Chili. Roy nous fait part des mythes, croyances et coutumes, passant allègrement d'un sujet à l'autre. Il est intarissable. Nous allons prendre froid si l'on reste statique à l'écouter.

DSCN0221Nous reprenons la route et faisons une nouvelle pause dans le village de Socoaire pour commander notre déjeuner. A partir de là, les choses se compliquent. La route, qui devient une piste, est enneigée. Roy se débrouille plutôt bien pour la conduite dans ces conditions. Nous nous arrêtons à côté d'un autre bus pour demander des informations. Mais là, impossible de repartir. Nous faisons quelques centaines de mètres en crabe dérapant tant et plus sur la neige durcie.

Roy arrête le moteur et nous descendons mettre les pieds dans la neige, en plein mois de juillet c'est surréaliste ! Nous observons ce paysage très inhabituel pour nous : petits cactus et plantes épineuses, dépassant d'une tendre couche de neige fraîchement tombée. Passe un 4x4 qui redescend, nous disant qu'il est impossible d'arriver jusqu'aux lagunes car un peu plus loin, il y a bien 4 mètres de neige.

DSCN0228Nous abandonnons nos fous espoirs de voir des flamants roses au bord de lagunes colorées entourées de pics enneigés. Roy nous propose en échange une petite ballade dans la quebrada voisine. Le manque d'enthousiasme pour marcher dans le froid glacial est unanime. Nous préférons regagner Socoaire en attendant le déjeuner. Visite de l'église locale, arrêt chez un couple qui vend des chaussettes, bonnets et gants en alpaga. J'en profite pour avancer un peu sur mon journal. Encore pris du retard sur mon récit.

Je m'attable en compagnie d'un couple de Chiliens de Santiago. Ils découvrent eux aussi la région. La soupe chaude nous fait du bien. Nous avons ensuite droit à un vrai poulet fermier. De retour sur la route, nous débattons des différentes options possibles pour compenser la matinée. Nous optons pour la Laguna Ceja à l'intérieur du Salar d'Atacama, qui se trouve sur la route du retour vers San Pedro.

DSCN0256En attendant, nous continuons le reste du programme comme prévu. Halte sur la grand place de Tocoano où se dresse l'une des plus anciennes églises du Chili. De là, nous nous rendons à la Quebrada de Jere, vallée bucolique, en complet décalage avec la sécheresse et l'aridité alentour. Dans ce petit oasis de verdure, de petis jardins privatifs abritent figuiers, grenadiers, "arbre à coings" (si quelqu'un connaît le terme convenable, merci de combler mes lacunes...). Réminiscences de la Vallée du Draa et des Gorges du Dadès au Maroc.

Après une petite ballade, où nous sommes accablés par la chaleur retrouvée, surtout compte-tenu de notre équipement du matin, désormais totalement inadéquat, nous reprenons la route en direction du Salar. Nous nous arrêtons à la Laguna Chaxa qui scintille au milieu de curieuses petites formations de sel, recouvertes de poussière brune. Nouvelle marche éprouvante sous un soleil de plomb. Ma triple épaisseur sur les jambes me gêne considérablement et j'avance à tous petits pas. C'est aussi l'occasion de tester mes verres solaires dans ce paysage éblouissant.

DSCN0262Nous approchons de lagunes d'eau claire, dans lesquelles des flamants roses plongent leur bec, à la recherche d'algues microscopiques, qui leur donnent leur jolie couleur. Nous assistons émerveillés à l'envol de deux d'entre eux. Nous nous amusons de voir un flamant, le bec dans l'eau, qui fait des tours à 360 degrés sur lui-même sans relever la tête. On dirait qu'il s'est coincé la tête dans le fond. Roy nous explique que c'est la particularité de cette espèce. Il remue ainsi les algues pour pouvoir mieux les attraper et les ingurgiter. Drôle de technique.

Nous remontons dans le minibus et hébergeons un chien errant qui choisit de s'installer juste sous mes pieds. Melanie, me voyant indisposée, me cède sa place au fond du bus. La piste jusqu'à la Laguna Cejas est un vrai rodéo, nous sommes secoués et sautons au plafond à tout moment, soulevant au passage de gros nuages de poussière. Enfin, nous arrivons juste à temps pour le coucher du soleil. Le vent se lève et un friselis de vaguelette plisse la lagune. La fraîcheur arrive avec la tombée du jour et nous regagnons le minibus pour les derniers kilomètres jusqu'à San Pedro.

DSCN0280A peine arrivés, nous faisons quelques courses au supermarché voisin en prévision de la journée du lendemain, puis nous nous empressons vers le centre pour récupérer notre lessive et vérifier si l'excursion du lendemain vers les Geysers du Tatio est maintenue malgré la neige. Nouvelle halte Internet. Verena et moi allons ensuite faire un peu de shopping : gants de vigogne pour Verena, cartes postales pour moi.

Le restaurant Quitor nous ayant bien plu, nous y retournons cette fois en compagnie de Deborah et Mauricio. Cette fois-ci, je prends le menu du jour malgré les consignes de manger léger à la veille de monter à 4600 mètres. Je m'abstiens en revanche de prendre de l'alcool et commande un délicieux jus de fruits frais composé de kiwis, ananas et bananes. Salade taziki, suivie d'une crêpe aux champignons. Pas très chilien tout ça, mais très bon. Je remplace finalement le dessert, à base de fruits et de quinoa, par une petite infusion, pour ne pas trop charger l'estomac.

DSCN0323Épuisés de notre journée et appréhendant le réveil à 3h30 du matin, nous nous dépêchons de regagner nos lits. Je prépare toutes mes affaires pour ne pas réveiller ma coloque japonaise le lendemain. Il doit être minuit lorsque nous éteignons les lumières...

Publié dans Chili

Commenter cet article

christele 23/07/2009 09:56

C'est super de pouvoir voyager avec toi sur ton blog! Tes excursions autour de San Pedro de Atacama ravivent de très bons et beaux souvenirs! Vite des photos!!!