Passage de la frontière bolivienne avec ou sans feuilles de coca ?

Publié le par LAO.Nord

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San Pedro de Atacama, Salar d'Uyuni, samedi 18 juillet,


Je me réveille à 7h, en essayant de ne pas faire trop de bruit pour mes colocataires. Bref au revoir, puis je pars avec mon gros sac vers l'agence, sans même avoir pris mon petit déjeuner. Le minibus est déjà là et je charge mon sac. En route pour la Bolivie.

Mais avant tout, nous nous rendons au poste frontière de San Pedro pour faire tamponner nos passeports. La frontière avec l'Argentine est fermée. Pour la Bolivie, on doit attendre un bonne heure puis faire la queue. Longue attente, on a faim et froid. On en profite pour faire connaissance avec nos compagnons de route. Iñigo vient de Tolosa, au Pays Basque, Uxoa de Sarauz, également, Augustin, lui, vient de Séville, Christina et Patrycja d'Allemagne.

DSCN0557Notre chauffeur est très sympa. La route est magnifique. Nous contournons le volcan Licancabur qui est exceptionnel. Arrivés à la frontière, je demande 90 jours au lieu de 30, au cas où je souhaiterais rester plus longtemps. Pas de problème. Le poste ressemble davantage à une agence de voyage qu'à un poste frontière.

Nous sommes environ à 4000 mètres et le vent souffle fort. Nous prenons néanmoins notre petit déjeuner en plein air aux côtés d'une surprenante carcasse de bus multicolore. Des mouettes andines arrivent à voler à cette altitude et ne cessent de nous surprendre.

DSCN0569Changement de chauffeur et de véhicule. Le chauffeur chilien, avec qui j'ai sympathisé, me laisse ses coordonnées, au cas où je reviendrais au Chili. Notre nouveau véhicule change de standing. Le confort en moins. Nous nous entassons à 6 à l'arrière.

L'agencement des sièges est surprenant. On doit rabattre la banquette arrière pour laisser passer les 3 passagers du fond, qui sont surélevés et ont à peine la place pour les jambes. Les genoux sous le menton, la route risque d'être longue. Surtout que nous nous engageons sur des pistes poussiéreuses et cabossées à souhait.

DSCN0595Le paysage magnifique nous fait cependant oublier les à-coups et soubresauts de la route. Le chauffeur chilien m'a déclarée chef du groupe et chargée de la responsabilité de 270 Bolivianos pour l'entrée des Parcs Naturels. Nous commençons notre périple bolivien par les lagunes : blanche, puis verte et enfin colorada (rose). La glace, les minéraux, et en particulier l'arsenic, interdisent l'accès des flamants roses aux deux premières. En revanche, la troisième en abrite des centaines qui se nourrissent d'algues microscopiques qui leur donnent leur jolie couleur.

En route, nous faisons un arrêt à une source chaude, où un groupe de Scandinaves babille gaiement et se prélasse, alors que deux de leurs comparses ont commencé par un bain glacé et boueux dans la lagune voisine. Les paysages sont époustouflants et les volcans alentours prennent tantôt des teintes violettes, tantôt rouges, en fonction de la luminosité et des roches qui les composent. Nous passons par un lieu dit Désert de Salvador Dalí qui rappelle un des tableaux du maître.

DSCN0644Notre dernière étape avant le refuge est un site de geysers, Sol de Mañana. Très différents de ceux du Tatio. Ici, l'eau a remplacé les vapeurs par un liquide gris, épais et bouillonnant. Attention danger, ne pas trop s'approcher de ces gouffre mouvants, mieux vaut ne pas tomber dans la marmite. Les gaz qu'ils dégagent sont nauséabonds et gorgés de souffre et autres minéraux toxiques. Le spectacle est très impressionnant.

Arrivés au refuge, nous engloutissons le repas tant attendu. Il est près de 15h et nos estomacs crient famine. Nous reprenons le véhicule pour nous rapprocher de la Laguna Colorada, que nous avons observée de loin. Le ciel est couvert mais, la couleur du lac venant des algues, c'est le vent qui les agite qui accentue la couleur rosée des eaux.

DSCN0677Nous sommes éblouis par le spectacle des flamants roses qui se gorgent d'algues et s'envolent pour aller rejoindre un autre groupe. Ils ont l'air bien gras et Iñigo qui n'a pas assez mangé en ferait bien sont quatre heures. Nous grimpons ensuite la colline pour mitrailler une colonie de lamas décorés de rubans roses. Je suis la dernière à rejoindre la voiture et me fais gentiment houspiller par mes amis espagnols qui se moquent de mon mitraillage photographique compulsif.

Après le déjeuner, le goûter nous attend. Thé, chocolat chaud, feuilles de coca en infusion, tout est bon pour se réchauffer et faire passer le mal d'altitude. Nous sommes passés à 4900 mètres après les 2400 mètres de San Pedro. Ça cogne dans certaines têtes et nous sommes tous un peu assommés par notre journée et notre manque de sommeil, ayant tous mal dormi la veille.

DSCN0706Le goûter à peine terminé, la soupe nous est servie de très bonne heure. Iñigo sort un litre et demi de vin rouge chilien pour nous réchauffer, faire passer le mal d'altitude et célébrer la naissance de son neveu tout neuf de ce matin. Tandis que nos amies allemandes vont se coucher comme les poules, les Espagnols ont décidé d'attaquer la bouteille de rhum, également apportée par Iñigo, pour se réchauffer.

 

Notre chauffeur allume le petit poële à bois et il ferait presque bon dans la salle commune, équipée de 3 polaires, 1 coupe-vent, mon bonnet et mon cheich en guise d'écharpe, je ne sais vraiment pas comment je vais passer la nuit. J'abandonne mes comparses à leurs libations et vais rejoindre mon lit "douillet". Je me glisse tout habillée dans mon duvet, lui-même glissé à l'intérieur de deux grosses couvertures, et m'apprête à passer la plus mauvaise nuit de ma vie.

 

DSCN0798En fait, il ne fais pas si froid que ça, il suffite de fermer le sarcophage et d'enfouir sa tête munie du bonnet à l'intérieur, d'attendre patiemment que la chaleur du corps réchauffe l'espace ainsi restreint et après quelques heures, on finit par s'endormir. -20 degrés Celsius apparemment, et je n'ai même pas eu froid avec mon équipement de combat.

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