Potosí, ciudad barroca

Publié le par LAO.Nord

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Potosi, mercredi 22 juillet,

Difficile de me lever. Je ne serai pas à 9 heures à la Casa de la Modneda pour retrouver mes compères de la veille au soir. Je me prépare tranquillement. Il faut traverser la cour pour aller à la douche. L'eau chaude est toute théorique et je repousse encore le moment de me laver les cheveux... J'ai repris la technique bolivienne de la tresse et je rajoute le bonnet péruvien par dessus. Ni vue, ni connue.

Je passe à la laverie déposer un bon paquet de vêtements en priant pour qu'ils soient rapides. J'en profite pour y glisser mon jean : 2,5kg ! 25 Bols, le prix de ma nuit d'hôtel, chéro... Au coin de la rue, j'ai repéré un resto végétarien où ils proposent des petits déjeuners. Je suis leur seule cliente et ils ont l'air ravis. Je demande l'heure, il faut dire qu'il est déjà 10h05 ! Effectivement, j'ai fait la grasse mat.

DSCN1075Après un continental breakfast sans prétentions, je me rends à la Casa de la Moneda. Beau patio intérieur, entièrement restauré. La visite est très complète. La guide nous explique comment on frappe la monnaie, nous montre les énormes machines, importées d'Espagne, qui servent à laminer l'argent, et qui étaient actionnées par des ânes, puis par des esclaves indiens ou noirs.

Je me promène ensuite dans les rues de la ville, profitant du soleil et des heures "chaudes". Les ruelles qui montent et qui descendent, bordées de petites maisons colorées, aux façades XVIIème, et recouvertes de tuiles, sont pleines de charme. On aperçoit parfois le Cerro Potosí, la montagne qui pleurait de l'argent, et qui a englouti tant de mineurs dans ses flancs. La mine est d'ailleurs toujours en activité mais mes tendances claustrophobes m'en interdisent l'accès.

 

DSCN1080Je traverse la vieille ville et remonte les ruelles jusqu'à l'Eglise San Martin, qui date du XVIème siècle et contient un retable typiquement baroque avec dorures à souhait, petites poupées entièrement vêtues de tissus brodés d'or représentant la Virgen Dolorosa, Saint Joseph, et autres saints. Le site est en complète décrépitude et mériterait bien quelques subsides. Je donne mon obole en espérant des jours meilleurs.

 

De retour dans le coeur de la ville, les rues sont désertés et les cars sont arrêtés en travers des croisements. Je m'imagine que c'est parce que c'est l'heure de déjeuner et que c'est une coutume locale. J'apprendrai parla suite qu'il y a eu un bloqueo, grève très fréquente en Bolivie.

DSCN1081Après être passée au Correo déposer mon premier CD de photos, je profite de l'heure creuse pour aller déjeuner. J'avise un petit resto très local qui ne fait que des plats du jour typiques. Je choisis un aji de carne. C'est épicé mais pas mauvais du tout. Par contre, ils ne font pas de café.

 

Je me rends donc dans un restaurant italien bondé de soleil où ils font théoriquement des expressos. J'en commande un double, accompagné de pancake au chocolat. L'expresso n'a rien d'un expresso et le chocolat, versé très sporadiquement sur les crêpes, n'a rien du chocolat. Je suis seule dans le resto mais le service est d'une lenteur abominable. Je suis d'ailleurs servie par un enfant, ce qui est monnaie courante ici.

DSCN1087Après cette petite pause bourrative, je décide d'aller visiter le Couvent Santa Teresa. Encore une visite très complète dans l'univers des soeurs carmélites. Coupées du monde, ces jeunes filles de bonne famille faisaient voeux de pauvreté, tandis que leurs parents faisaient des offrandes somptueuses au Couvent. Peintures, chapelles dorées, contrastant avec les chambres minuscules et spartiates des nonnes. Nous sommes tous très choqués par les conditions de vie de ces femmes et ressortons à l'air libre avec grand plaisir. Broderie, flagellation, silence, prière étaient leur quotidien. Brr.

Je suis en extase devant les patios et la collection de cactus, tous différents les uns des autres. Je préfère nettement ça aux bondieuseries exposées à l'intérieur du Couvent, non des moindres, l'espace réservé aux santons, crèches et autres colifichets de Noël, qui scintillent tant et plus au milieu de guirlandes de couleurs. Plus kitch,  pas possible.

 

DSCN1096En sortant, je tourne et vire encore dans la ville, à la recherche de belles façades et églises baroques. Puis, je vais passer mon heure habituelle au cybercafé avant de récupérer ma lessive. Je me dirige ensuite vers un resto un peu plus hype que d'habitude et me retrouve entourée de gringos. Un couple de Français me propose de me joindre à eux. Salim et Aurélie sont très sympas. Ils ont un mois et demi de vacances, qu'ils partagent entre Argentine et Bolivie. Ils ont eux aussi essuyé la tempête de vent et la coupure d'électricité à Uyuni. Ils sont au même hôtel que mes comparses de la veille et nous faisons route ensemble.

Arrivée devant mon hôtel, je trouve porte close. Je ne trouve pas de sonnette. Je frappe à la porte, sans grand succès. J'avise ensuite un heurtoir et tambourine de toutes mes forces. Je commence à m'inquiéter.J'espère qu'on va m'ouvrir. Après quelques minutes de panique, où je pense aller dormir dans l'hôtel d'en face, et trois tentatives de réveiller ou alerter le réceptionniste, la porte finit par s'ouvrir. Ouf ! Pas très plaisant d'être à la porte à 22h45...

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