Into the wild

Publié le par LAO.Nord

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Samaipata, Parque Nacional Amboro, jeudi 30 juillet,

Le patron de l'hôtel me réveille à 7h45. A 8h20, juste le temps de commander mon petit dej et de faire le check out avant le rendez-vous avec l'agence Roadrunners. A 9h, le bus n'étant toujours pas venu me chercher, et compte-tenu du brouillard omniprésent, je me dirige vers l'agence, persuadée que la rando est annulée. J'aperçois au loin Adam qui vient à ma rencontre. Il est renfrogné. Ils m'attendaient à l'agence. Nous nous sommes mal compris.

Alba et Joan, le couple de Catalans, n'ont pas apporté leurs sacs et doivent repasser à leur hôtel. Ça commence mal. Le chauffeur a un autre rendez-vous et ne peut plus nous accompagner, compte-tenu du retard. On trouve un nouveau chauffeur, on passe faire des courses au marché et à l'épicerie, et on décolle enfin avec une bonne heure de retard sur le planning.

DSCN1234J'appréhende un peu la ballade dans le brouillard. La route est chaotique. Le chauffeur nous laisse au milieu d'un troupeau de vaches dont deux, furieuses, s'encornent à une encablure de la voiture. Nous commençons par la forêt et longeons des crêtes en plein brouillard. Réminiscences du GR20... La vue est bouchée mais c'est assez impressionnant.

Nous atteignons ensuite la jungle bien humide et boueuse. Après quelques glissades, Hervin, notre guide, nous confectionne des bâtons à partir de branchages. Fougères géantes, lianes, fleurs nationales de Bolivie rouges, jaunes et vertes, comme le drapeau, champignons géants durs comme du bois, orchidées, nous traversons les sous-bois émerveillés par les plantes alentours, mais le nez rivé sur nos pieds pour ne pas glisser.

DSCN1240L'estomac dans les talons, nous nous arrêtons enfin pour déjeuner au bord d'un ruisseau. Pendant qu'Adam prépare un vrai bon café israélien bien fort, nous mangeons goulument nos sandwichs de pain complet et de saucisson, agrémentés de ketchup-mayo pour mes compagnons. Bananes, galletitas, sublime café, et l'on repart d'un bon pied.

Ça grimpe un peu mais pas bien méchant. On enjambe quelques troncs d'arbres tombés en travers du chemin, on fait de l'équilibrisme sur certains d'entre eux, et après deux petites heures, nous voilà déjà arrivés au campement. On dresse tout de suite les tentes avant de faire du feu.

DSCN1245Les hommes jouent les gros bras et coupent de grosses bûches à la machette. Un vrai travail de force et de précision. Nous partons ensuite de l'autre côté de la rivière explorer l'endroit où viennent boire les animaux à la nuit tombée. Mais à part quelques traces, nous ne faisons pas de rencontres. Nous ramassons un peu de bois pour la flambée et retournons au campement.

Adam s'active pour nous préparer des spaghettis bolo maison. Nous avisons une énorme araignée (genre tarentule mais non dangereuse apparemment). Hervin en profite pour nous faire part de toutes les maladies possibles et imaginables que l'on peut attraper grâce aux charmantes bestioles qui nous entourent. Flippant ! Dire que je n'ai même pas pris mes pastilles contre le paludisme... C'est l'hiver et il n'y a pas l'air d'avoir de moustiques.

DSCN1248Nous profitons de la belle flambée pour faire sécher nos bas de pantalons détrempés, et nos godillots qui sont passés dans les ruisseaux. Attention à ne pas faire cramer les chaussettes. Mon duvet est suspendu car lui aussi a pris cher.

Nous faisons cuire des patates dans du papier d'alu à même le feu. Le repas est délicieux et plus que copieux. Après ça, nous tombons de fatigue et ne tardons pas à regagner nos tentes. Adam, avec qui je partage la tente, me raconte son périple de 9 mois depuis l'Argentine. Il prend son temps pour voyager après 4 ans dans l'armée israélienne pour accomplir son service d'officier.

DSCN1253Il s'apprête à partir quelques jours dans le Pantanal brésilien, qui regorge d'oiseaux à cette période, avant de partir pour une grande aventure, la traversée du Parc Amboro du Sud au Nord à travers la jungle encore inexplorée. Un périple très dangereux qu'il va faire en compagnie d'Hervin et de 6 autres Boliviens téméraires. Je finis par tomber de fatigue après cette journée bien remplie.

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