Mais qu'allait-elle faire dans cette galère ?

Publié le par LAO.Nord

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San Ignacio, Santa Anna, Concepción, mercredi 5 août,

9h, je décolle pour visiter la Mission de San Ignacio. Tout est fermé dans les rues. Une foule d'enfant en uniforme est  amassée dans les rues avoisinnant la grand place. Je me fraye un passage tant bien que mal. sur la place, le seul resto ouvert refuse de me servir un petit déjeuner. C'est la fête nationale demain et un défilé est organisé. J'achète des salteñas (mini-empanadas à la viande que les Boliviens dégustent au petit déjeuner ou en en-cas) et vais les manger sur un banc devant la Mission.

Je visite l'église puis descend vers un grand cours d'eau, derrière la Mission, dont les rives sont laissées à l'état sauvage. Il est très tôt mais déjà la chaleur est accablante. Je me renseigne sur les horaires des bus à destination de Santa Anna. Il y en a un qui part à 14h mais il faut passer la nuit et revenir le lendemain à 7h.

Je décide de casser ma tire-lire et de prendre un taxi pour faire l'aller-retour dans l'après-midi. Après d'âpres négociations avec plusieurs chauffeurs, Marco m'emmène dans sont taxi sans âge au pare-brise étoilé, siège fait maison à partir de cordages en plastique tendus en travers d'une armature en métal. 150 Bols l'aller-retour, l'équivalent de mon budget journalier tout compris (hôtel, repas, transports, visites).

DSCN1405La route est à la hauteur de nos attentes : cabossée, poussiéreuse et inondée de chaleur. On croise un camion qui a raté un tournant et renversé Paceñas (bière locale) et Coca Cola. Il attend des secours sur le dos. Arrivés à Santa Anna, nous commandons le seul plat du seul restaurant ouvert.

Nous nous rendons ensuite chez le sacristain qui n'est pas là mais son petit-fils nous ouvre la Mission. Toute simple. Je demande à jeter un coup d'oeil à l'orgue. Puis nous retrouvons la chaleur de la place centrale désertée. Marco et moi partageons une sorte de salade de poulet, pommes de terre, haricots verts, sur un lit de riz et accompagnée de morceaux de boeuf. 2 litres de Coca ne sont pas de trop pour étancher notre soif par cette chaleur.

Une dernière petite photo et nous repartons sur la route qui semble moins longue. De jolis arbres fleuris jaunes vifs accompagnent notre route. Nous retrouvons le camion accidenté, remis sur pied, ou presque, par on ne sait quel miracle.
De retour à San Ignacio, je m'aperçois que les bus pour Concepción partent à 18h. Je demande donc un peu tardivement à faire mon check-out et réserve mon billet pour le départ de 18h à 30 Bols. Bizarrement, la compagnie voisine coûtait 40 Bols et ne partait qu'à 19h. Arrivée théorique à 22h dans les deux cas.

Je passe faire quelques courses pour un pique-nique. Assez peu de choix. Je vais ensuite passer le temps dans un cyber mais il est tellement lent que je suis obligée d'en changer. Je patiente ensuite en attendant le départ du bus qui finit par s'ébranler.

DSCN1406.JPGLa plupart des gens descendent au bout d'une heure de trajet environ. Ouf, je vais pouvoir changer de place. Mon voisin, qui a l'air un peu simplet, n'arrête pas de ressasser des histoires, que je comprends à peine compte-tenu de son élocution, et me souffle son haleine de coca à la figure, ne cessant pas de pointer son doigt dans mon bras pour attirer mon attention, et qui a le dont de m'excéder plus que tout.

Je discute ensuite avec ma nouvelle voisine, qui détruit le gouvernement communiste de Morales, allié de Chavez et Castro, qui a coupé les ponts, et par conséquent les subsides américains. Morales est appuyé par les cocaleros du Chiapare et les Indiens Aymaras de la Sierra, qu'il privilégie au détriment des habitants relativement prospères de la région de Santa Cruz. Juste retour des choses, selon mon précédent voisin, qui au contraire, encensait ce Chef d'Etat, qui fait beaucoup de bien pour le peuple, et pour une fois, ne s'en met pas plein les poches. Chez lui, la propagande est bien passée.

Mon pique-nique est tout fondu par la chaleur. Pain, fromage fondu et pomme. Le bus tarde à arriver et je commence à somnoler. Je reste sur mes gardes pour ne pas louper mon arrêt. Il est minuit quand nous arrivons enfin à Concepción, après nous être fait doubler par quantité d'autobus.

DSCN1407Le seul moyen de transport vers la Plaza semble être la moto-taxi. Me refusant à emprunter ce moyen de locomotion, qui plus est avec mon gros sac à dos, je demande ma route dans un resto. La femme de décourage d'y aller à pied, et après quelques recherches, nous arrêtons une voiture dont le chauffeur accepte de me déposer à mon hôtel.

La voiture est une fois de plus dans un état catastrophique et va à peine plus vite qu'un piéton. Le chauffeur me précise que le bus que j'ai pris est un modèle japonais des années 60, qui effectivement avance comme une tortue. Je laisse 10 Bolivianos au chauffeur, l'équivalent d'une course en taxi, pour le remercier.

Il attend que j'aie sonné à la porte de l'auberge et que l'aubergiste m'ait ouvert la porte avant de s'éloigner. A cette heure, l'aubergiste m'encaisse immédiatement les 25 Bols de la chambre et me fait patienter un bon moment pour trouver la monnaie, toujours un soucis majeur.

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