Chacaltaya 5480 mètres, même pas essoufflée !

Publié le par LAO.Nord

La Paz, Chacaltaya, vendredi 14 août,

Jack me réveille comme prévu. J'ai hyper mal dormi car ma chambre est au-dessus d'une discothèque. Musique toute la nuit, cris et discussions animées, c'est décidé, je vais demander à changer de chambre. Le bus que nous pensions prendre est en fait celui du Club Andino qui tient également le refuge de Chacaltaya, et il part à 8 heures. Je m'en suis rendue compte un peu tard mais tout n'est pas perdu car notre hôtel propose une navette qui viendrait nous prendre entre 8h30 et 9h.

Pas le temps de passer au marché mais nous pourrons faire des courses en route. Nous remontons l'autoroute vers le quartier d'El Alto et nous faisons un arrêt pour admirer la vue sur La Paz et ses sommets enneigés. Petite halte dans une échoppe, pas vraiment le choix ni la fraîcheur du marché, prix plutôt élevés, mais je trouve eau, pains et pommes vertes, de quoi compléter les vivres de Jack, avocat, tomates et pâtes.

La route est sublime. Le Huayna Potosí nous fait face, à côté de Chacaltaya, devant laquelle un troupeau de lama se mêle à un troupeau de moutons dont de tous nouveaux-nés adorables. Nous faisons une nouvelle pause photos. Le minibus nous laisse au pied du refuge à 5100 mètres d'altitude après avoir abordé hardiment une piste aux à-pics vertigineux et aux paysages grandioses, lacs transparents, montagnes multicolores, mines, cahutes de mineurs. Jack repère l'endroit où il prévoit de camper.

 

Eau, sac à dos et bâton de marche, nous montons volontairement à pas de tortue au-dessus du refuge en longeant les crêtes du Chacaltaya, avec une vue extraordinaire sur le Huayna Potosí à plus de 6000 mètres, 6088 très exactement. Nous longeons la piste de ski la plus haute du monde à 5300 mètres d'altitude. Pas de remontées mácaniques je vous rassure, du sport, du vrai !

 

Je ne suis pas du tout incommodée par l'altitude et réfrène volontairement le rythme spontané de mes pas pour ne pas attraper le soroche, le mal aigu des montagnes, ou une embolie pulmonaire, cérébrale, ou toute sympathique maladie causée par le manque d'accoutumance à l'altitude, et que Jack ne manque pas de m'énumérer. Cela ne fait que 3 jours que je suis à La Paz, 7 sont recommandés avant d'entamer cette excursion. Mais bon, j'ai aussi passé 3 jours à Cochabamba à 2500 mètres . Je ne sais pas trop si ça suffit. Mais en tout cas ça a l'air de bien passer.

J'arrive au sommet à 5480 mètres sans aucune difficulté. Photos panoramiques. En redescendant, je discute avec un sympathique couple de République Tchèque, assez peu fréquents comme touristes. Nous sommes un groupe très international : Brésiliens, Italiens, Hollandais, Néo-zélandais, Française !

En redescendant, nous déposons Jack, je me dégonfle et continue avec le groupe. Je ne le sens pas de partir se balader à l'aventure sans guide et dormir sous la tente par -10 degrés celsius. Je souhaite bonne chance à Jacket nous repartons en direction de la Vallée de la Lune, une autre, rien à voir avec celle du Chili.

En chemin, nous prenons une Bolivienne et son bébé en stop, maintenant que nous avons une place de libre ! Nous la déposons un peu plus loin puis regagnons le centre de La Paz par un nouveau chemin. Nous traversons la ville et passons par les quartiers chics situés tout en bas dans la vallée.

Belles maisons, immeubles de bureaux, pont en construction, nous débouchons sur une paroi multicolore à dominantes mauves et rouges, recouverte de cheminées de fée créées par l'érosion, et dominée par la Muella del Diablo, une autre molaire du diable où il ne fait pas bon s'aventurer apparemment car risques d'attaques à main armée. Adam m'avait ri au nez quand je lui avais parlé de ça, croyant qu'il s'agissait de la Muella del Diablo de Samaipata.

Nous arrivons au site de la Valle de la Luna. Cheminées de fée également, mais il s'agit de sable et non d'argile. Les couleurs sont donc moins jolies. Les formations n'en sont pas moins impressionnantes. Nous cheminons en faisant bien attention de ne pas mettre le pied dans un trou en nous écartant du sentier le nez en l'air. Un Indien en costume traditionnel joue de la flûte de pan d'en haut d'un promontoire et pavane avec son beau poncho. Il fait une chaleur accablante. Moi qui m'était équipée pour les grands froids, me rappelant Uyuni, le Salar, les Geysers et la Laguna Colorada... Autant j'étais bien dans les hauteurs, autant je souffre et avance à petits pas dans la Vallée.

Retour au centre, le minibus nous dépose à l'agence. Je marche avec tout mon bardas jusqu'à l'hôtel. Je crève de faim. Le sandwich tomate-avocat avalé au refuge après la ballade ne m'a pas suffit. Je reprends une nouvelle chambre à l'hôtel Austria, sans l'ambiance discothèque, puis vais faire une pause gourmande au café Pierrot pour reprendre des forces. Jus de banane au lait et gâteau au citron, voilà qui devrait me remettre d'aplomb pour le reste de l'après-midi.

 

Je me motive pour visiter le Musée d'Art National non loin de là. Jolie maison coloniale bien restaurée, belles collections de peintures baroques et modernes, et en supplément, une petite expo bien sympa. Je repasse par l'hôtel craignant que tout ne soit fermé demain pour le 15 août, afin de poster les 2 ponchos pour Sacha qui arriveront vraisemblablement plus vite de La Paz. Le postage coûte aussi cher que les ponchos ! J'en profite pour poster quelques cartes postales. Je me suis fait rouler par la vendeuse qui m'a vendu les timbres avec 50 centimes de marge illicite. La prochaine fois j'irai directement au Correos.

 

Je presse le pas pour arriver avant 19h à la boutique d'échange de livres mais ils ferment à 16h le vendredi ! Je repasse par la rue Sagarnaga, où sont toutes les agences, pour savoir si un trek part prochainement mais je fais chou blanc. Le seul à partir est le Huayna Potosí. La vendeuse m'explique le périple. Une journée d'initiation à l'escalade avec piolet et crampons sur une paroi de glace. Ca m'a l'air plus costaud que je ne pensais.

S'il ne fallait que marcher, mais n'ayant jamais fait d'Alpinisme, d'Andinisme comme on dit ici, je ne me sens pas d'attaque, surtout que le dernier jour il faut faire 7 à 8h de montée et 4 heures de descente. 12h dans la journée, c'est assez extrême, surtout pour atteindre 6088 mètres par je ne sais quelle température, mais vraiment froid visiblement car les sur photos que me montre la vendeuse, les gens ont des combinaisons étanches par dessus leurs vêtements ! Je crois que j'ai atteint mes limites en termes d'expéditions aventurières.

Je repasse de l'autre côté de l'axe principal et remonte quelques quadras jusqu'au restaurant Los Paceños car celui que j'avais repéré dans la rue Sagarnaga ne me plaît pas. Au passage, je m'arrête jeter un oeil à l'Église San Francisco, comble du baroque, hyper chargée tant à l'extérieur qu'à l'intérieur rutilant d'or, et que Guillermo avait trouvée si affreuse. Personnellement, je pense que c'est l'une des plus belles églises baroques que j'aie vues jusqu'ici.

Au resto, il n'y a que 2 couples de Francais qui ont sûrement lu également le Routard. Je commande une sorte d'émincé de lama grillé accompagné de pommes de terre séchées ! Original et délicieux, surtout le lama, les pommes de terres "pourries", il faut tester, ça se laisse manger !

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Christine 24/08/2009 11:19

Du coup, c'est ton plus haut sommet jusqu'à présent ?
Félicitations pour la montée sans mal de tête...je crois que le pb c'est surtout de dormir à cette altitude.
Au sommet de Butte aux Cailles, pas trop de pb de souffle pour l'instant...
Bisous
Christine