Rien dans les genoux...

Publié le par LAO.Nord

Choro -> Coroico, via Casa Sandillani et Chairo, le mardi 18 août,


Réveil 7h. Nos guides devaient nous réveiller à 6h mais ils ont fait la fête avec la propriétaire du camping et n'ont pas dû se réveiller. Ça a un peu crié dans la nuit en effet mais nous avons globalement très bien dormi. Après un bon petit dej, nous attaquons la marche. Il fait déjà bien chaud. Nous sommes dans les Yungas et le climat a drôlement changé. Nous sommes à 2000 mètres environ.

Nous descendons et mon genou gauche se réveille rapidement. Je demande à Peter de me couper un 2ème bâton pour l'épargner au maximum en prévision des 5 heures de marche de la matinée. Heureusement, rapidement, le sentier devient plus plan, puis nous traversons une rivière et je suis contente de trouver une belle montée pour me "reposer". Encore des lignes de niveau, et après 3 heures de marche, nous arrivons à la maison du Japonais.

Vue magnifique sur les montagnes, belles plantations, le Japonais nous raconte son périple en bateau, dans les années 60, jusqu'au Brésil puis en Bolivie, où il a construit sa maison et passe le restant de ses jours. Il a dessiné des cartes de tous les payse des ses visiteurs et nous fais pointer ou rajouter notre ville d'origine.

Il reste encore 3 heures de marche et je suis fourbue. La chaleur ne fait qu'empirer les choses. De petits l´zards s'échappent sur mon passage. Pourvu que je ne croise pas un serpent ! Il y a aussi des ours apparemment dans la régions... Ceux avec de petite tâches blanches autour des yeux. Très mignons, mais en pleine nature, je préfère ne pas croiser leur chemin non plus !

Nous continuons à descendre en plein cagnard et nous arrêtons enfin pour déjeuner près d'un puits vaguement à l'ombre. Les meilleures pâtes aux sardines à l'huile jamais mangées, suivi d'une pêche au sirop que j'ai exceptionnellement trouvée exquise. J'en avais grand besoin pour reprendre des forces.

La route n'est pas finie. Nous devons descendre jusqu'au ruisseau tout en bas, en bas de la vallée avant d'atteindre le village de Chairo qui marque notre point d'arrivée. J'ai un petit regain d'énergie après le déjeuner mais mon genou me handicape terriblement.

Nous marquons une grosse pause à mi-parcours et je commence à désespérer d'arriver. Je m'encourage mentalement pour tenir le coup et c'est à quelques mètres de l'arrivée que je craque nerveusement., relâchant la pression de cette rude descente.

Mes amis m'attendent tranquillement en sirotant leur soda, eux aussi éprouvés par cette marche difficile. Nous montons dans le minibus qui doit nous ramener à Coroico. La route est très belle avec des arbres orange vif, éparpillés au milieu de la forêt vert sombre. Des nuages de poussière se soulèvent de la piste à chaque fois que nous croisons un camion et nous jouons à ouvrir et fermer les fenêtres sans arrêt, la chaleur étant à son comble.

Arrivés sur la place principale de Coroico, le calvaire n'est pas terminé, nous devons dévaler une série d'escaliers jusqu'au terminal de bus, en aval du village, où sont arrivés nos gros sac à dos. Dernière photo avec Laurence qui regagne La Paz et va rejoindre son amie Myriam qu a théoriquement gravi le Huayna Potosí pendant ce temps. Frederike et Nora restent sur Coroico avant de rejoindre Rurrenabaque en 17 heures de bus.

Nous cherchons un hôtel ensembles mais je m'arrête à celui de la Grand Place, hors de leur budget, ne pouvant trouver la force d'aller plus loin et les accompagner à celui qu'elles ont ciblé, à 15 minutes à pied du village. Pour 6 Euros, j'ai une vue imprenable sur les montagnes et le bas du village planté d'arbres oranges, et, comme si ca ne suffisait pas, il y a une terrasse avec piscine ! Pas si mal lotie...

 

Je fonce à la douche, qui n'a jamais été aussi délicieuse. Double savonnage, shampooing, je revis ! J'enfile mon dernier débardeur et un pantalon léger. Le calvaire continue, quand j'apprends que la laverie se situe tout en bas du village. Nouvelle volée de marches à pas de tortue. La vue est spectaculaire. Coroico a vraiment un site grandiose mais le village est tout en pente. Le lavage se fait à la main. 1 Boliviano par article. J'en ai 29 ! Pour ainsi dire toute ma garde-robe. Je m'excuse de la crasse de certains articles, en expliquant que je reviens d'un trek. S'il y a du soleil, ce sera prêt pour 16h. Parfait.

Je remonte jusque dans le centre et je n'ai pas le courage de faire le tour du village. Je me pose dans un cyber sur la place. Lentissime. Juste de quoi envoyer un email et poster un article. Facebook est bloqué, ne parlons pas de Google Map. J'y reste 1h30, mine de rien, à galérer avec le bas débit.

Je cherche ensuite un resto. Celui en face de l'hôtel semble fermé, le Mexicain, recommandé par le guide, est introuvable, je me rabat sur une pizzeria de la place où il y a du monde. A peine installée avec un menu, je me fais inviter à me joindre à leur table par un couple, lui Chilien, elle américaine mais vivant au Chili depuis 7 ans. Ils parlent tous deux un Espagnol très difficile à comprendre et je dois m'accrocher sérieusement.

Elle fait des études de marché en free lance. Lui est avocat et traite des cas difficiles dans un quartier défavorisé de Santiago. Il en voit de toutes les couleurs entre un locataire qui a loué son appartement à un Juan dont il ne connaît pas le nom de famille, ni l'adresse et n'a jamais signé le moindre contrat de bail, un assassin multi-récidiviste qui s'est rangé, des femmes maltraitées, les familles qui emmènent les enfants partout avec eux, y compris les nouveaux-nés, pour attendre des heures dans les tribunaux, bref, il ne manquent pas d'anecdotes qui montrent à quel point le manque d'éducation cause des ravages, laissant les gens désemparés face à des situations plus ou moins dantesques.

Nous rentrons à notre hôtel commun après plusieurs cervezas Huari. Je ne sais pas trop si je marche de travers à cause de la bière ou à cause de mon genou HS.

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