Cocorico à Coroico

Publié le par LAO.Nord

Coroico, Tocaña, le jeudi 20 août,

En plein milieu de la nuit, grande animation chez la gente animale. Concert pour coqs et chiens, allegro ma non troppo. Je suis si bien réveillée que je lis un petit chapitre de The God of Small Things. Un grand merci au passage à Christine et Matias, vous m'accompagnez doublement dans mon voyage. Le livre est super bien écrit et j'y prend un grand plaisir. Je le déguste à petit pas et m'imprègne bien de la poésie indienne de antemano.

Il est 10 heures quand je débarque au Back-Stübe Konditori, un resto allemand en face de mon hôtel, que je m'étais promis d'essayer. J'y retrouve Aline et Claudine en train d'écrire des cartes postales et de prévoir la suite de leur voyage à Cuzco. Je me joins à elles et commande le même petit déjeuner qui a l'air extra. Du vrai Müesli importé tout droit d'Allemagne, du vrai café de la région des Yungas, un vrai jus d'orange pressée sans eau ajoutée, et 3 tartines de bon pain avec du vrai beurre, pas de la margarine, et de la vraie confiture, pas une sorte de gelée chimique. Un délice. Je vais revenir !

Aline et Claudine se préparent à une journée farniente. Je les quitte et passe dire un petit bonjour à mes amis chiliens qui se sont installés à la table voisine. Je me dirige ensuite vers les rues commerçantes de la ville pour acheter de quoi faire un petit pique-nique mais, à part 2 bananes, difficile de trouver. Toujours le problème des boulangeries.

Pas de colectivos ni de bus pour se rendre à Tocaña, le village noir des Yungas, en semaine. Un taxi de la Place me propose un tarif honnête, marché conclu. Nous descendons dans le fond de la vallée sur la piste en soulevant des nuages de poussière. Nous roulons toutes fenêtres ouvertes, comte-tenu de la chaleur de plus en plus dense à mesure que nous descendons plus profondément dans la vallée. La poussière de la route nous envahit à chaque instant. Nous passons un pont sur la rivière Santa Barbara puis nous remontons sur l'autre versant.

Après une petite heure de route, nous arrivons à Tocaño. Le village est assez désert mais j'aperçois deux femmes en train de se laver les cheveux dans la cour de leur maison, un petit garçon qui court pendant que sa mère fait la vaisselle dans la cour d'une auberge. Je m'égare un peu et un monsieur me réoriente. Le tour du village est vite fait, j'en ai déjà atteint le bout.

De retour vers l'église, je passe jeter un oeil à l'école mais les enfants ont déjà fini la classe et je n'en croise que deux qui sont restés à s'amuser sur place. Une femme avec des tresses et un chapeau melon, la jupe longue des cholas, passe par là.

Nous sous arrêtons ensuite dans la maison de l'anthropologue qui vit ici depuis 17 ans et me passe un petit documentaire réalisé en 2008 par des Américains sur la communauté noire des Yungas. Anciens esclaves, ils n'ont été libérés qu'en 1953. Ils apprennent peu à peu l'indépendance et ne sont pas encore autonomes. Ils doivent aller chaque semaine faire leurs courses à Coroico. Leur grande activité est la culture de la coca. Le village est entouré de plantations de bananiers. Non loin de là, on cultive également café et cacao. Le village essaye de préserver ses traditions et lutte pour sa reconnaissance dans un pays où le racisme est encore bien présent. Je discute encore un moment et achète de bon coeur un petit bracelet artisanal en dédommagement pour l'agréable accueil.

Nous reprenons la route vers 13h et le soleil tape si dur que le chauffeur est obligé de s'arrêter pour arroser le moteur avec de l'eau. Le compteur indique 41 degrés celsius, et j'ose espérer qu'il s'agit de la température du moteur et non de l'air ambiant. Je retourne sur la belle terrasse du restaurant de ce matin pour commander ce que j'espère être un déjeuner léger : sandwich de lomito, et qui s'avère être une énorme plâtrée de viande et de frites sur un lit de chou et de tomates, et sous lesquels est bien cachée une petite tranche de pain.

Après ca, j'en suis quitte pour aller faire une bonne sieste pour récupérer de ma nuit écourtée, laisser passer la chaleur du début d'après-midi, et prendre tout bonnement le temps de me reposer, chose que j'oublie apparemment régulièrement de faire, sans cesse attirée par de nouvelles sirènes.Réveillée de ma petite sieste, je descends au terminal de bus me renseigner sur les horaires pour La Paz. Départs réguliers à partir de 7 heures du matin, pas la peine de prendre son billet à l'avance.

Ayant éclusé la plupart des activités non pédestres à faire à Coroico, je me dirige vers le cybercafé en vue d'une bonne séance de rattrapage. Malheureusement, impossible de me connecter à Overblog et, au bout d'une heure laborieuse, tout plante. Je lâche l'affaire et vais me poser sur la terrasse de mon hôtel mais le temps se couvre et devient menaçant, de petites gouttes commencent à mouiller les pages de mon carnet de voyage. Je préfère devancer l'orage et m'abriter au resto de l'hôtel où je commande un chocolat chaud. De petites fourmis me tiennent compagnie sur la table et je découvre avec horreur qu'elles ont envahi le sucrier. Je passe m'installer à la table voisine et observe la nuit tomber sur la vallée.

Nouvelle tentative Internet sur la place. Je réussis à poster un article. Je retourne ensuite à mon resto de prédilection et commande des spetzle con verduras. Copieux mais décevant. Le couple américano-chilien me rejoint et nous passons une agréable soirée qui se clôture à 22h avec la fermeture du resto.

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