Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?

Publié le par LAO.Nord

Arequipa, dimanche 13 septembre,

Courte nuit. Couhcée vers 23h30, levée vers 6h30, mais réveillée un peu avant, tout comme la nuit précédente, par le froid du petit matin. Le différentiel jour/nuit est toujours aussi flagrant. Nous sommes en plein changement de saisons et d'un jour à l'autre ca se réchauffe, annoncant le Printemps, puis ca repart à la baisse sans prévenir. J'ai vraiment du mal à sortir du lit.

Je n'ai plus qu'un billet de 100 Soles et 2 épiceries refusent de me faire le change pour 2 litres d'eau et quelques petits pains. Je pars bosser sans rien dans le ventre et surtout sans boire. Heureusement, arrivée à Cayma, une épicière accepte enfin de me vendre de quoi tenir le coup jusqu'à l'après-midi. Les petits peins sont tout frais et drôlement bons. J'y gagne au change.

J'arrive alors que les enfants sont en train de prendre leur petit déjeuner et on m'offre un verre de porridge dans du lait à la vanille. Délicieux et énergétique. Il va bien me falloir tout ca pour tenir le choc. Matinée de corvée. Déjà que c'est dimanche matin, mais en plus il faut surveiller la lessive des uniformes et les tâches ménagères de chacun : Kristel les vitres, Marisol la cuisine, Karina cirer le parquet de la salle d'étude, Juan Carlos du hall, Alejandro balayer le premier étage, Monica la cour, Judit la laverie.

C'est le grand chantier et la course pour houspiller les uns et les autres. Il n'y a pas assez de balais pour tout le monde et c'est à qui essayera d'en chiper un à l'autre. Bien évidemment, pendant ce temps, rien n'avance. Karina a mis de la cire rouge partout dans le lavabo des filles et est partie jouer, laissant le saut, la pelle et le balai en plan. Alonso, qui balaie le comedor, est sur le pint de jeter une paire de ciseaux avec la poussière. Marisol règle la radio, laissant griller les galettes d'épinard. Kristel n'est pas assez grande pour atteindre le haut des vitres et laisse de grosse marques à l'aide d'un papier journal. Johann saute à pieds joints dans le bac où baigne son ling. Judith, se cachant derrière le linge étendu, bronze sur la terrasse. Cynthia s'enferme dans sa chambre à double tour, refusant de prendre sa douche. Et Jesus, l'oreille emmitoufflée dans un gros pansement, va de l'un à l'autre suivi par un énorme dé en mousse jaune qu'il traîne au bout d'une ficelle et laisse parfois tomber du haut du balcon.

Je cours d'une pièce à l'autre, montant et descendant maintes fois les escaliers, et suis au bord du craquage. Je m'absente pour aller chercher les cahiers de Paola pour que Jesus puisse rattrapper les cours qu'il a manqués vendredi mais le papa m'informe que Paola était elle aussi absente jeudi et vendredi et qu'il pensait justement passer nous demander le même service... J'accompagne Monica acheter une glace à l'épicerie pour María qui n'arrête pas de pleurer depuis ce matin car Judit s'est moquée d'elle parce qu'elle vient d'avoir ses premières règles. Je vais réconforter María, lui dit que Judit n'est qu'une cruche jalouse, qu'elle est maintenant une petite femme et qu'elle devrait au contraire Être toute contente.

Je suis trop éreintée pour faire l'activité théâtre comme prévu et ceux qui ont fini terminent plantés devant la télé, contre tous mes principes éducatifs... Je distribue les cahiers à ceux qui étaient à cours. Kristel a hérité d'un vert au lieu d'un bleu pour son cours d'Anglais, et Cynthia d'un cahier à lignes et non quadrillé pour son cours de Mathématiques. Alonso n'a pas tous les accessores nécessaires pour faire l'expérience demandée pour lundi.

Il est 14h quand nous passons à table. Nous sommes vraiment dépassés par les événements. Certaines galettes d'épinards ne sont, soit disant, pas assez cuites. Cynthia refile la sienne à Pablo, sur qui l'affaire retombe, et Johann réussit à en glisser un morceau par terre. Je vois arriver Angela et Hannah, qui sont responsables de la relève pour l'après-midi, avec un grand bonheur. Il faut encore leur transmettre les indications, consignes et leur faire un bref récap.

Puis nous sommes libérés de nos obligations. Je meurs de faim. Il est 14h30 quand nous sortons et plus de 15h quand j'arrive au centre où je commande un bon kébab au resto Fez pour me remettre de mes émotions. Je reprends peu à peu des force et de l'énergie pour me traîner jusqu'à l'hôtel o`je m'effondre pour une sieste tardive qui dure toute la fin de l'après-midi.

J'ai de nouveaux voisins à l'hôtel. Un Américainet une Anglaise qui ont l'air fort sympathiques. Je leur donne des indications pour trouver un resto puis, après une petite tisane et un aspirine, je vais essayer de me rappeler de tous les événements de la veille que je n'ai pas eu le temps ni le courage de consigner dans mon carnet la veille au soir. Il est 22h quand je sors du cyber qui ferme ses portes. Un client me dit en riant que pour 5 Soles de plus, je peux y passer la nuit.

Je me dirige vers le resto marocain de la rue San Francisco, après avoir tordu le nez devant le Chinois de ma rue, mais il est fermé. Je me rabat avec succès sur un grand Italien pas très glamour mais déliceux. Spagettis aux anchois, olives, jambon et sauce tomate piquante. Il y a même du simili parmesan !

Publié dans Pérou

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