Ave María

Publié le par LAO.Nord

Arequipa, dimanche 20 septembre,

7h30, je saute du lit. Je vais être en retard... Vite à la douche. J'achète deux trois petits pains en passant que je grignotterai en route. Hop, je saute dans un combi, qui surprenamment est plein un dimanche à 8h, ils sont fous ces Aréquipéniens, comme dirait mon ami Astérix. Les enfants terminent leur petit déjeuner sous l'oeil attentif de Mercedes qui était de tournée de nuit. María n'est pas encore arrivée.

Je pose mes affaires, et c'est partie pour la to do list de la journée. Tâches ménagès de chacun, lavage des polos et des shorts de la veille, repassage des uniformes, remettre les matelas en place et faire les lits, préparer le repas, distribuer les médicaments et prendre les douches. Planning chargé. Pas encore aujourd'hui que je vais faire l'atelier théâtre. La machine à laver cassée y est bien pour quelque chose....

Arrive María et c'est le papotage dans la salle des profs. Je suis chargée de faire un récap à afficher sur le tableau de bord pour les médicaments. Effectivement, l'homéopathie a ses jours, ses heures et ses doses à respecter. Un vrai casse-tête chinois pour ne pas s'y perdre. Mercedes n'avait pas lu la moitié de mes indications et aucun des enfants n'a commencé son traitement. Je prends les choses en main. 1 heure après le petit dej, je répartis les petites granules d'oscilococcinum à tout le mon pour éviter que l'épidémie de grippe ne frappe toute la maisonnée. Je suis bien étonnée de voir l'état des dents des enfants au passage. Certains ont déjà tous jeunes des trous dans la machoire et de grosses caries.... Evidemment deux ou trois granules tombent par terre. La logique d'ouvrir la bouche, de pencher la tête en arrière et de soulever sa langue dépasse complètement Jesús.

María fait ensuite sa tournée très efficace pour inspecter l'avancée des tâches ménagères. Bizarrement, Jesús a terminé. Il voudrait bien regarder la télé mais María a une technique imparable. Il doit trouver 5 enfants qui ont terminé pour pouvoir allumer la télé. Nous retrouvons donc Jesús à courir partout, houspillant et aidant ses camarades pour faire avancer le mouvement ! Je retiens la technique... María a 4 enfants s'échelonnant entre 16 ans et 6 mois environ, elle a de l'expérience en "dressage" d'enfants ;-)

Malgré sa grippe, Juan Carlos s'est collé à astiquer le sol devant la maison. María et Karina ont été exceptionnellement dociles et efficaces pour faire de même dans la salle de classe du 2ème étage. J'ai un peu plus de mal avec Jorge et Kristel qui sont chargés du patio mais la répartition des rôles n'a pas l'air très claire. Johann comme d'habitude est occupé à toute autre chose. Il est bien décidé à monter à l'échelle qui mène sur le toit, et guettant ses bêtises, je lui attrappe les chevilles juste à temps... Il s'est mis en tête de nettoyer le toit des ses saletés, en particulier du pigeon mort qui est venu s'y échouer il y a déjà plusieurs semaines... J'aide Jesús, Alejandro, Juan Carlos et Jorge à faire leur lit, mais Jorge ne trouve rien de mieux à faire que de lécher le papier du chocolat qu'il a recu la veille en récompense de sa performance sportive.

María et Mercedes battent le rappel pour réunir tout le monde dans le comedor. L'heure est grave. Mónica a volé 12 Sols dans les affaires de Mercedes. Et l'argent a disparu de la cachette où elle l'avait mis. Les enfants sont visiblement complices du vol car ce n'est pas la première fois que cela se produit et Mónica achète régulièrement le silence de ses petits camarades en leur redistribuant une partie de l'argent pour s'acheter des friandises et des sodas. María punit Mónica en lui donnant pour corvée de finir de nettoyer la maison du sol au plafond. Les enfants, quand à eux, s'ils ne se décident pas à parler, vont devoir aller ramasser toutes les ordures recyclables qu'ils trouvent dans les rues de Cayma pour pouvoir compenser la perte de l'argent volé ! Sermon de María puis de Mercedes, très peinée de ne pouvoir faire confiance aux enfants. Peu à peu, les langues se délient. Karina se rappelle que dimanche dernier, Mónica avait donné deux Sols pour l'achat des glaces. Grand silence à nouveau. Quelqu'un a vu Mónica dans la laverie avec de l'argent. Plusieurs personne l'on vue en détention de dollars. C'est le comble, on n'était même pas au courant que des dollars avaient été volés !

Tous à la douche. Les filles ont astucieusement laisser chauffer des bouteilles d'eau en plastique sur la terrasse et les remontent dans les chambres à l'aide de cordes. Elles vont pouvoir avoir de l'eau chaude pour la douche. Une bonne demi-heure plus tard, Marisol peut enfin prendre la sienne alors que María, Karina, Judith et Kristel ont pris leur temps... Les garcons ont été bien plus rapides. Pablo doit se faire contrôler par María qui avait repéré que les garcons avaient pris l'habitude de passer leur tête sous le robinet pour montrer leur cheveux mouillés et bien lavés alors qu'ils gardaient leurs calecons sous la douche, le reste du corps se passant allègrement de savon et d'eau...

Les enfants doivent encore laver leurs chaussures et leurs sac à dos. Mais Pablo a prêté le sien à Félix qui lui a promis de le lui laver. María m'envoie l'accompagner à Casa Trampolin Varones pour aller le récupérer. Nous traversons Cayma et Félix n'a évidemment pas lavé le sac à dos : c'était une blague. Au retour, Pablo, très curieux, me pose plein de questions sur Paris, les pays que j'ai visités et nous faisons une petite lecon de géographie sur le chemin du retour.

 María est sur les talons de Mónica pour contrôler le nettoyage de la maison. Pendant ce temps, je trie le linge en vrac traînant dans une pièce, sale ou propre ce n'est pas très clair, et appelle un à un les enfants pour qu'ils viennent le récupérer. La palme revient sans conteste à Jesús, suivi de près par Johann. Il reste encore une pile non identifiée qui a visiblement été oubliée par les adolescentes au moment de leur retour à Casa Trampolin vendredi soir...

María doit venir seconder les cuistots en herbe pour montrer à Alejandro comment éviscérer le poisson. Je les laisse aux fourneaux m'accordant un moment de répis pendant que les enfants regardent la télé. Mónica termine d'astiquer le plancher du comedor, balaie les escaliers, nettoie les toilettes. Johann a enfin terminé de ranger sa chambre, et miracle, il a même passé un coup de balai. Il arrive bon dernier après avoir pris sa douche.

Nous déjeunons tous ensembles et je suis invitée à profiter d'un bon morceau de poisson frit avec du riz. Après l'arrivée de la relève, en la personne d'Angela secondée par Hannah, María et moi prenons la route du retour. María prend un combi dans un sens, allant retrouver son petit bébé, laissé aux mains des trois plus grands, tandis que je redescends vers Bolivar. Je me contente de déposer mes affaires à la laverie avant de m'effondrer pour une grande sieste réparatrice.

Grand tour sur Internet óù je continue à légender les photos. Puis je retourne à l'auberge pour retrouver Fernando, le petit-fils de la abuela, avec qui nous avons convenu de sortir ce soir. Il termine de dire au revoir aux membres de son groupe de rock métal, au sein duquel il est batteur. Nous nous arrêtons rapidement pour un kebab dans la rue San Francisco car je n'avais pas encore dîné, puis allons prendre quelques bières dans le bar d'en face. Cela fait tout bizarre de voir la ville si vide alors que la veille cela grouillait de monde.

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