Punition

Publié le par LAO.Nord

Arequipa, jeudi 24 septembre,

Levée vers 9h. Je file sur le net mais gmail est inaccessible. Je suis donc en avance au Café Casa Verde, où j'ai promis de donner un cours de Français au fils de Berta, la cuisinière. Il n'est pas là et sa maman lui passe un petit coup de fil pour lui dire de se dépêcher. En attendant, je prends quelques notes sur mon cahier pour préparer la leçon. Je m'inspire du petit bouquin d'Anglais que j'ai acheté pour les enfants, pour identifier les éléments clés à enseigner, en terme de grammaire et de vocabulaire.

Il est 12h30 et toujours personne en vue. Berta s'excuse et me dit de laisser tomber pour aujourd'hui. Elle va passer un savon à son fils pour qu'il soit ponctuel demain. Je descends la Calle San Francisco et m'arrête pour un plat de fettuccine bolo, pas très original mais ça faisait longtemps que je n'avais pas mangé de pâtes. Marre du riz ! et pas fini d'en manger... Je vais compléter par une glace, Calle Santo Domingo, puis je remonte en vitesse prendre mon bus. Je tombe sur Fernando, qui sort de son local de répétition et lui parle du flyer pour le concert.

Arrivée à Casa Verde, Crisol nous dresse un planning avec répartition des responsabilités en l'absence de Patricia. Lui, devra s'absenter pour une représentation de hapkido. Hannah devra s'occuper de Johann et aller à la réunion de parents d'élèves. Andrés devra aller à Casa Trampolin Varones. Juan Carlos devra contrôler les devoirs des enfants. Je devrai m'assurer du tutorat de la maison, à savoir, contrôle de la lessive, de l'hygiène des enfants, du rangement de leurs affaires et du repas. Je crois que c'est sensé être la plus grosse responsabilité mais ça sonne plutôt comme une punition...

Les enfants arrivent et je sers la soupe. Mais Hermelinda doit reprendre les choses en main car je n'ai pas mélangé le riz, qui est resté au fond, et n'ai servi qu'une pomme de terre par personne, au lieu de deux... Pas encore au point la petite ! Karina, Jesus et Kristel, laissent leur salade en plan, et, malgré mes récrimination, Karina et Jesús arrivent à filer de table sans finir leur assiette. Hier, pendant ma journée de congé, ils ont été insupportables et ont, paraît-il, dépassé les bornes. Ils sont très durs et refusent d'obéir systématiquement. Et quand ils se mettent ensembles, c'est pire. Ils crient et font un vacarme du diable, courant partout et il est impossible de leur faire entendre raison.

Je vais contrôler la lessive. Alejandro et Pablo s'activent et même Jesús semble efficace aujourd'hui. Les autres sont dispensés de laver leur chemise car Marisol est punie et doit le faire à leur place. Je donne à cette dernière son médicament et m'occupe de la peser et de la mesurer dans la foulée. Je lui donne aussi Le Livre de la Jungle que j'ai acheté pour elle. Elle se met immédiatement à le lire n'ayant pas de devoirs à faire aujourd'hui.

 

Je monte inspecter l'avancée des devoirs. Juan Carlos est insupportable aujourd'hui et ne veut rien faire. Ni travailler, ni me montrer son agenda, ni lire, ni aller prendre sa douche. Son grand frère, qui est à Casa Trampolin Varones, passe le voir et le prend en main. Je fais réciter sa poésie sur le printemps à Jorge. Je contrôle les devoirs d'Anglais de Judith et Pablo, procède au découpage de grandes planches cartonnées pour leurs dessins.

Hannah part à la réunion des professeurs et Juan Carlos choisit ce moment précis pour aller acheter des fournitures scolaires pour terminer les devoirs d'Alonso. Je me retrouve toute seule avec les monstres ! Non, heureusement, Cristian, un autre volontaire est là aujourd'hui... Il contrôle les devoirs des plus grands. J'autorise ceux qui ont terminé leurs devoirs et rangé leurs affaires à descendre regarder la télé.

Je suis toute contente de voir que le petit livre d'Anglais que j'ai donné aux enfants est entre les mains de Johann qui fait deviner tous les mots à María. Il lit la version phonétique et massacre la prononciation abominablement mais je me dis que peu à peu ça va rentrer.

Je dois ensuite faire la police pour envoyer les enfants à la douche. Nouvelle altercation avec Karina et Jesús qui sont en pleine battaille de polochons et ne trouvent pas mieux que me frapper pour me montrer leur désapprobation. Ils ont passé la mesure et sont privés de télé pour leur comportement inacceptable. Le professeur Juan Carlos arrive en renfort et réussit à leur faire entendre raison.

 

Soila me donne un sérieux coup de main et attaque la préparation des oeufs au plat. Karina et Jesús, maintenant douchés et calmés, aident à faire le service. Ce soir, grosse surprise, Karina a terminé son assiette dans les premières, chose impensable habituellement. C'est que la petite demoiselle aime bien les oeufs au plat ! C'est au tour d'Alonso qui, exceptionnellement, ne veut pas finir son riz...

Je passe les messages importants pour Mercedes. Elle semble complètement hermétique à la distribution des médicaments, ne voulant pas se plonger dans les prescriptions que j'ai pourtant fait l'effort de mettre au clair. Je préfère aller voir Marisol et Alejandro qui semblent beaucoup plus au point sur leurs dosages et leur donne les consignes pour les autres enfants grippés. C'est maintenant María qui est atteinte, ca ne s'arrêtera donc jamais ?

Nous faisons le point avec Crisol pour la journée du lendemain. Avec la journée de l'Estudiante, le planning habituel est chamboulé. Les enfants vont sortir à 13h30. Je vais donc démarrer ma journée un peu plus tôt. Hannah propose que nous allions aux Charcas pour sortir avec les enfants. Excellente idée, approuvée à l'unanimité. Je pense que c'est le jour ou jamais pour faire ma distribution de sucettes. Ceux qui font du hapkido devront néanmoins revenir au collège pour 17h afin de tenir notre promesse de faire une représentation devant les collégiens.

Nous quittons la maison tous ensembles avec Juan Carlos, Crisol, Andrés, Hannah. Jamais nous n'avons été si nombreux. Je vais prendre un poisson grillé au Colonial Grau et terminer le fond de vin rouge avec quelques petits biscuits sur la terrasse, avant de me plonger dans mon livre sur la Mort d'Artemio Cruz qu'il faut que je termine rapidement pour le rendre à la bibliothèque avant mon départ. Ce serait dommage de ne pas pouvoir connaître la fin...

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