Despedida

Publié le par LAO.Nord

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Arequipa, mardi 29 septembre,

Avec ma boulimie de lecture de la veille, je me réveille affreusement tard pour réaliser toutes les tâches que m'impose ma journée de despedida... Rendre mes livres à l'Alliance Francaise et récupérer ma caution, courrir à la laverie récupérer mon linge, passer au Café Casa Verde recevoir ma commande de bonnet péruvien sur mesure pour Sacha ainsi que mon certificat de travail et, bien sûr, dire au revoir à tous, le tout avant 13h30...

Hum, c'est toujours quand la journée commence en retard que les imprévus s'accumulent. Je commence par croiser Hannah, qui se rend à son cours de Capoeira, et nous faisons un bout de chemin ensembles jusqu'à l'Alliance Française. Récupérer sa caution à la bibliothèque demande une paperasserie digne d'une de nos bonnes vieilles administrations françaises mais au final je récupère ma mise.

DSCN3037Le linge est prêt mais ils ont visiblement mélangé le blanc et le noir et la plupart de mes vêtements, blancs à l'origine, sont désormais gris perle. Et l'embêtant, c'est que j'avais donné mon bas de maillot de bain et pas le haut... Il sera désormais bicolore. Je vais lancer une mode..

Je repasse par l'auberge déposer tout ça et en profite pour prendre un petit dej, retard pour retard... autant faire les choses bien ! Je ne peux m'empêcher de passer par la case Internet, avant d'oublier tout ce que j'ai à raconter sur le blog. C'est toujours plus long que prévu, entre les emails, le facebook, mes bavardages, etc. Retour à l'auberge, j'allais oublier les cadeaux pour les enfants !!!

Quand j'arrive au café, il est déjà 13h bien sonnées et, organisation péruvienne oblige, Lilian, l'assistante du Président de l'association, n'a pas commencé à taper le certificat. Janet, en revanche, a tenu parole et le petit bonnet a été doublé avec amour par sa soeur avec un tissus tout doux en polaire couleur café.

DSCN3038Je monte aider Lilian à avancer sur le certificat. Elle écrit toute une tartine sur l'ONG. La plupart des infos sont déjà dans la plaquette mais elle préfère tout réécrire plutôt que de retrouver la version électronique et faire un copier coller ! Autant dire que ça prend un temps fou. Je vois les aiguilles défiler. Je m'excuse par avance auprès de Crisol, qui se trouve dans les parages, pour mon retard prévisible cet après-midi. Volker, le Président passe une tête et demande à Lilian d'être plus concise dans sa présentation de l'organisation. Encore du retravail qui prend du temps...

Coupure d'électricité ! En attendant que ça reparte, j'annote pour Lilian les tâches que j'ai effectuées à Casa Verde pendant le mois de septembre : cela va de l'éducation des enfants avec le soutien scolaire, les cours d'Anglais, le contrôle des devoirs, la lecture du soir ; jusqu'à la vie domestique avec le contrôle des tâches ménagères, l'inspection du rangement des affaires, la distribution des repas ; en passant par le contrôle sanitaire, brossage de dent, distribution de shampooing, supervision de la douche, contrôle de la propreté des vêtements, visite médicale, courses à la pharmacie ; ou encore l'organisation et la surveillance d'activités extra-scolaires, festival d'arts martiaux, concours sportif, sortie dans les champs, soirée crêpe, etc.

DSCN3040Pendant que Lilian finalise le document, je vais manger un morceau en discutant avec Janet, Berta et María qui est en train de donner la tétée à son bébé. Elles me racontent les misères que leur ont fait subir nos charmants bambins et l'usage très bénéfique de la douche froide quand on n'arrive plus à venir à bout de Jesús. J'avais bien pensé à lui envoyer un verre d'eau à la figure à plusieurs reprise mais n'ai jamais osé passer à l'acte. Berta si, et depuis, il file doux avec elle.

Enfin, tout est prêt, papier en-tête, coup de tampon. Il ne manque plus que la signature du Professeur Volker, qui a dû s'absenter, mais m'a donné rendez-vous à Casa Trampolin Mujeres à l'heure du cours de hapkido qu'il dirige. Je file à la Tomilla. Pour la première fois depuis mon arrivée, les enfants, qui sont bien sûr déjà rentrés de l'école et sont déjà dans leur salle d'étude (il est 16h bien sonnées), passent une tête par la fenêtre, se précipitent au balcon ou sur le perron pour m'accueillir.


DSCN3043A peine arrivée, je repars pour accompagner Karina, qui a été renvoyée de l'école avant la fin des cours, car elle était encore trop malade, avec de la fièvre. Nous retournons chez sa petite voisine chercher un cahier pour rattrapper. Pendant le chemin, elle me jette des regards en biais, sachant pertinemment que ce sont les derniers moments que nous partageons ensembles.


J'aide ensuite Pablo, Jorge et Juan Carlos avec leurs exercices d'Anglais sur la vie dans un ashram en Inde. Je signe les agendas de ceux qui ont fini. Juan Carlos fait sa mauvaise tête et ne veut pas continuer. Je le laisse un peu dans son coin pour lui donner un peu d'air, après l'avoir pressurisé sans succès. Je passe à Johann, qui est de bonne volonté pour se mettre à jour dans son travail. Il commence à écrire ses conjugaisons du verbe mirar, mais doit s'arrêter en cours de route car il a trop mal à la tête.

Il est déjà 18h, l'heure théorique de ma despedida, et je ne suis pas encore passée à Casa Trampolin faire signer mon certificat. Je demande à Alejandro de m'accompagner car je ne me rappelle plus du chemin, mais il est bien trop occupé à répéter une petite danse en l'honneur de mon départ. María et Karina voudraient bien m'accompagner mais je refuse car elle sont encore trop malades. Jesús est bien petit mais, devant son insistance, je cède. Il garde bien sagement sa petite main dans la mienne et babille tout au long du chemin.


DSCN3045Arrivés à Casa Trampolin, le cours de hapkido bat son plein et Crisol monte tout essoufflé les escaliers pour venir m'accueillir. Le professeur Volker n'est pas là, il n'a pas pu assurer le cours, il arrivera en retard. Nous lui passons un petit coup de fil et il me retrouvera finalement à Casa Verde. Si même les Allemands se mettent à l'organisation péruvienne, on n'a pas fini d'avoir des surprises !

Nous faisons le chemin en sens inverse et patientons, en attendant que les adolescents de Casa Trampolin Varones nous rejoignent pour la petite fête. Volker arrive dans sa petite voiture, signe mon certificat et me remercie pour mon travail. Il ne pourra pas rester avec nous et doit déjà repartir. Désespérant de voir arriver les pratiquants du cours de hapkido, nous commençons la fête sans eux.

DSCN3047Marisol fait la maîtresse de cérémonie. Nous commençons par le jeu des chaises musicales où je suis conviée à participer. Je soupçonne, au bout de quelques tours, que les enfants doivent avoir pour consigne de me laisser gagner, mais ça cafouille un peu et on me laisse dans la ronde, bien qu'un siège m'ait échappé au profit de Karina. Je reste seule en lice avec Jorge qui, là encore, me laisse généreusement la place du vainqueur.

Le deuxième jeu nécessite encore ma participation active. On m'attache un ballon gonflable au pied gauche ainsi qu'à l'ensemble des participants. Le but est de crever le ballons de tous les participants possibles sans se laisser avoir. J'arrive à crever deux ou trois ballons, puis me fait coincer dans un coin et ne peux plus m'échapper. Le fil de mon ballon se détâche et je suis encore épargnée par le sort, quelque peu aménagé à mon égard.


DSCN3056Distribution de pop corn et de gaseosa en intermède. Puis, les festivités reprennent de plus belle avec une superbe chorégraphie de Mickaël Jackson, interprétée à merveille par les enfants. Je dois ensuite me joindre à la danse et suis assaillie par une meute de fans en furie qui se jettent littéralement sur moi.

Crisol arrive enfin avec les adolescents de Casa Trampolin Varones. Hannah lui rappelle aimablement son petit couplet sur l'horaire péruvien. Les enfants le huent pour avoir raté la danse et lui demandent de nous faire une petite interprétation personnelle. Crisol se fait tout petit et préfère de loin faire un beau discours d'adieu et de remerciement.


Puis, chaque maison envoie un de ses représentants pour dire un petit mot au nom de tous. Johann est le digne représentant de Casa Verde. Au bout de deux phrases, il fond en larmes et se précipite dans mes bras. Je l'embrasse tant bien que mal car Jesús est assis sur mes genoux et me sert de bouclier émotionnel pour ne pas craquer aussi...

DSCN3063Pour finir, place au cadeaux. J'ai droit à un magnifique sac à main artisanal en tissus coloré, très probablement réalisé par Mujeres Creativas, un projet de l'organisation qui aide les femmes seules avec enfants ou les femmes victimes de violences conjugales à accéder à une activité qui leur permet de subvenir à leurs besoins et de retrouver autonomie et assurance. Les portes de Casa Verde me seront toujours ouverte, j'ai déjà un trousseau et il me faut aussi un porte-clé pour aller avec ! La petite poupée en tissus qui lui est attachée me servira d'amulette protectrice pendant mon voyage.

Et pour finir, le plus beau des cadeaux, une petite carte, toujours en scrapbooking, avec un petit mot et la signature de chaque enfant. Les messages sont plus adorables les uns que les autres émaillés de charmantes fautes d'orthographe. En voici quelques perles :

" Miss Leonor,
Estoy contento que haya venido.
Que este feliz al igual que yo estoy por su visita.
Casa Verde es su casa !"

De : Pablo
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" Gracias Mis Leonor por el tiempo que usted a hastado con nosotros.
Yo estoy muy alegre."

Alejandro

" Gracias port los momentos alegres y tristes q emos pasado pero de todo esto he aprendido que usted est un Angel caida del cielo."
Marisol

"Gracias  Mis Eleonor por apoyarnos en el poco tiempo que ha estado.
Aparte hemos aprendido mucho de usted.
Chau."

Judith
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De : AlexanderPara : Miss Leonor
"Gracias señorita Leonor por el apoyo y el enpeño que nos ha dado"
DSCN2972 Kristel
"Gracias por el tiempo que emos compartido con usted.
Buenos o malos.
Chau"

DSCN3012"Yo estuve bien con uste"
Jesus
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De Karina
Para : La señorita Leonor
"Mis gracias por estar siempre conosotros.
Gracias."
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Moi aussi le tour est venu de faire mon petit discours largement improvisé. Mon coeur s'est agrandi avec mon passage à Casa Verde laissant une place pour chacun de ses habitants dont j'ai eu la joie et le bonheur de découvrir les merveilleuses qualités qui vont continuer à se fortifier pendant que je continuerai mon voyage toujours habitée de leur présence.

DSCN3064Pour clôturer la petite fête, nous dansons tous ensembles sur du regeatton. Jesús, qui m'a vue arriver avec un sac plastique rempli de surprises, me demande quand on va pouvoir les découvrir. Je lui demande d'attendre la fin du repas, car ma bourse ne m'a pas permis de prévoir un petit souvenir pour les adolescents des Casas Trampolines. Ces derniers regagnent leur foyer, non sans m'avoir demandé mon email pour certains. S'ensuit une ruée où chaque enfant s'arme qui d'un bout de papier toilette, qui d'un morceau de carton déchiré, pour que je lui laisse mon petit autographe.

Jesús a l'air ravi de son coloriage mais aurait aimé les crayons de couleur qui vont avec ! Marisol échange sa serviette de toilette contre les crayons de couleur de María. Alexander me dit que je lui ai offert un ballon de volley et non de foot... Les sous-vêtements de Kristel sont trop petits pour elles mais vont très bien à Karina (j'ai droit à assister à la séance de désabillage et de rabillage de ces demoiselles, également accompagnées de Judith et María dans la salle de bain !" Judith semble ravie de ses bracelets et de ses bagues. Johann a mis sa nouvelle montre.

DSCN3065En partant dire bonsoir à Alejandro, je le découvre allongé dans son lit en train de lire les Misérables. C'est à peine si Jorge et Pablo m'accordent un baiser, tant ils sont occupés à poser à Mercedes des devinettes du petit bouquin que j'ai offert à Juan Carlos. Alonso aurait préféré autre chose que des tongues. Bref, j'ai parfois fait mouche ou suis tombée à côté. Mais tous sont ravis pour les sucettes, que je confie précieusement à Crisol, pour une distribution contrôlée.

Il est près de 21h30 quand nous quittons Casa Verde avec Crisol et Hannah. Je meurs de faim, malgré le petit bol de riz au lait, prélevé du dessert des enfants. Je passe à mon comedor avant de remonter dans ma chambre où je prépare mon sac, en attendant que Hannah et Andrés ne m'appellent pour sortir.

Il est 23h30 quand ils arrivent. Fernando, El Nano, comme l'appelle affectueusement la abuela, ne peut pas nous accompagner car ses finances ne le lui permettent pas. Nous nous arrêtons au Ad Libitum pour boire quelques caipiriñas qui sont, de façon incompréhensible, encore en Happy Hour ? J'offre ma tournée pour fêter mon départ, heureusement, Andrés lui aussi commençait à se retrouver sans le sou.

Publié dans Pérou

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