Retrouvailles avec l'Océan

Publié le par LAO.Nord

Nazca, jeudi 1er octobre,

Je vois le jour se lever sur le Pacifique. Vagues déferlant sur le sable blond. Brouillard. Vivement qu'on arrive. Le froid du petit matin nous gagne. Nous voici à Nazca. L'hôtel que j'ai réservé a gentiment dépêché quelqu'un pour venir me chercher. Ils poussent la politesse jusqu'à me porter mon gros sac à dos. Il n'est pas 7 heures et la chambre est déjà prêtre. Je prends un petit café et file à la douche. Électrique et chaude. Ça va déjà mieux.

Je gagne la Plaza des Armas. La ville est sans grand intérêt mais assez tranquille et sympathique. Au loin, de petites montagnes arides et une immense dune de sable, le Cerro Blanco. Je trouve, avec l'aide d'un couple, le musée Antonini. La lecture de l'histoire du peuple Nazca sur de grandes planches murales est un peu fastidieuse après une nuit blanche. Belle poteries aux dessins stylisés, maquette des lignes de Nazca et exemples de tombes.

Je retourne ensuite vers l'hôtel et la gare de bus, à la recherche de la maison de Victoria Nikitzki, qui abrite le Centre Maria Reiche. Cette dernière a consacré sa vie à l'interprétation des lignes. Là encore, je suis obligée de demander mon chemin. Mais je trouve porte close, derrière de hauts murs électrifiés. Je note le numéro inscrit sur la porte car celui que j'avais était faux.

J'ai faim mais aussi extrêmement sommeil. Je me traîne à nouveau jusqu'à la Plaza de Armas, sous un soleil de plomb, et m'arrête au resto Las Lineas et suis ravie de voir, enfin, du poisson sur la carte. Corvina a la miniere, délicieux. Je rentre à l'hôtel faire une deuxième tentative de joindre Sacha par Skype pour lui souhaiter son anniversaire mais il n'est toujours pas connecté. Après un petit coup de fil chez lui, on arrive enfin à se capter. Je retourne à l'hôtel. J'ai le son et l'image mais mon micro ne marche pas et il n'y a pas de webcam. Conversation à sens unique et réponses via le chat. Un peu compliqué mais vive la technologie tout de même. El bebito anda a quatro patas y se levanto apoyandose en la mesa !

Je vais ensuite me faire une bonne sieste bien méritée. En me réveillant, je demande un peu d'eau chaude pour me faire un petit thé. Aurélie, une Française, qui a pris six mois sabbatiques, entame la conversation. Elle a fait du volontariat à Cotahuasi, où se trouve le canyon le plus profond du monde, et où j'ai failli aller, si je n'avais pas rencontré les habitants de Casa Verde. Elle va voyager pendant quelques jours avec Magali et Pierre-Maxime, un couple de Français, qui passent 6 semaines au Pérou, en Bolivie et au Chili. Le même trip que moi, mais en plus condensé !

Nous décidons d'aller ensembles assister à la conférence de Victoria. Rendez-vous pris pour 19h. En attendant, je papote avec Aurélie puis Bénédicte et Edouard, encore un couple de Français, arrivé fraîchement au Pérou pour leur voyage de noce. Eux ont déjà réservé pour le planétarium pour une autre interprétation des lignes.

Victoria vient nous chercher. Elle n'est pas péruvienne et, quand je lui demande d'où elle vient, elle me répond "du cosmos". Ça annonce la couleur. Rebelle dans l'âme, Victoria est la digne héritière de Maria Reiche : ironique et cynique, en révolte contre l'argent et le pouvoir, l'inefficacité de l'Unesco sensée protéger les lignes, l'ignorance et l'incurie des populations locales, les politiciens véreux, la corruption, bref, tout y passe !

Passionnée par son sujet, elle nous livre les secrets des Nazcas. Les lignes et figures tracées au sol permettent d'identifier les saisons et de mesurer le temps qui passe. Une montre géante à même le sol. Les dessins représentent également la position de constellations. Enfin, et non des moindres, les lignes marquent l'emplacement des cours d'eaux souterrains et aquifères, et servaient aux Nazca à positionner puits et aqueducs de façon à pouvoir accéder à l'eau sur une terre franchement aride.

Nous sortons convaincus, après avoir vécu une expérience plutôt étonnante, grâce à la personnalité affirmée et réellement hors du commun de Victoria. Nous allons tous ensembles dîner en ville et arpentons la rue Bolognesi à la recherche d'une cevicheria. Nous arrêtons notre chois sur un resto de poisson un peu cher mais avec un grand choix de spécialités et je me lance pour une Jalea. Poisson et fruits de mer avec une sauce créole. Délicieux mais encore de la friture ! et des frites en accompagnement ! Il est plus de 23h30 quand nous rentrons à l'hôtel et, après une petite tisane, je me mets vite au lit pour être en forme pour le vol que j'ai réservé pour le lendemain matin.

Publié dans Pérou

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