Le survol des lignes en Cesna 5 places, ca decoiffe !

Publié le par LAO.Nord

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Nazca, vendredi 2 octobre,

Je me réveille à 7 heures. Le temps de prendre ma douche et de boucler mon paquetage, il est l'heure de partir pour l'agence. Elle est fermée. Le vendeur d'une agence voisine me rassure sur le fait qu'ils ne vont pas tarder. En fait, le chauffeur est passsé à mon auberge. J'ai le minibus pour moi toute seule. Il me dépose dans les locaux de la compagnie Aeroparacas où j'ai droit à une projection privée d'un documentaire (réalisé par un Français) sur les Nazcas. L'image se brouille. Le son passe de la version espagnole à la version française sans prévenir. Coupure de courant, c est complet ! Puis ça repart.

Il est près de 10 heures quand nous arrivons à l'aéroport. Il y a eu du retard dans les vols. Etonnant, non ? Mon décollage est prévu pour 10h05. Sur le tarmac, les petits Cesna sont alignés. Le nôtre peut contenir 5 passagers, plus le pilote. Je dois monter à l'arrière pour équilibrer les poids. Les 6 sièges remplissent tout l'espace de la cabine, bien exigüe. Nous avons des carsques pour pouvoir entendre les explications du pilote. Roger.

DSCN3104En un rien de temps, nous décollons. Pas si effrayant que je ne me l'imaginais finalement. Je m'attendais à plus de vibrations et de secousses. Nous volons à très basse altitude. C'est un vrai ballet car les avions se suivent. Pourvu qu'ils ne se rentrent pas dedans. Notre pilote a allègrement le dos tourné pour nous parler. Il ferait mieux de regarder sa route, ça me fait peur...

Le paysage est bien sec. Montagnes pelées, grande dune de sable du Cerro Blanco, quelques cultures sur des zones irriguées. Le plateau de Nazca est brun-ocre, quasiment plan. Nous voyons distinctement de grandes lignes tracées au cordeau. La première figure est la baleine, que nous contournons d'abord par la droite, puis par la gauche. Le plus difficile est de repérer rapidement l'endroit où se trouve la figure. Nous sommes suffisamment près pour bien voir les dessins mais le moment est furtif et il ne faut pas le louper. Quand à prendre une photo, c'est assez aléatoire. J'admire Yann Arthus Bertrand et sa terre vue du ciel. Ca bouge, on n'a pas vriment le temps de viser. Quant à la balance des blancs, c'est à oublier.

DSCN3115Après la baleine, triangles et trapèzes, puis l'homme-hibou que l'on voit très distinctement sur le flanc d'une colline. Le singe est plus effacé. Il est suivi par la terrible araignée. Le condor est superbe. Et puis, d'un coup, les figures sont très rapprochées, arbre, grenouille, colibri, l'immense oiseau-serpent, le chien. Nous faisons déjà demi-tour vers Nazca, profitant du paysage. Aterrissage tout en douceur que je filme pour l'émotion, le bruit et l'ambiance. Il était temps, l'une des passagères a mal au coeur. Il faut dire qu'à virer à droite et à gauche à chaque figure, il faut avoir le coeur bien accroché.

De retour sur terre, je peux enfin prendre mon petit dejeuner à la buvette de l'aérodrome. Je décide d'enchainer avec la visite du cimetière nazca de Chauchilla, suivie des ateliers de céramique et d'orpaillage. Je ne suis pas sûre que tout ça en vaille la peine, mais je tente l'aventure. Apres le vol de la matinée, tout le reste devrait sembler bien fade. En fait, le cimetière s'avère une vraie bonne surprise. Moi qui pensais avoir vu mon comptant de momies, je suis avec interet les explications de Jorge, notre guide, absolument passionnant.

DSCN3116Le site en lui même est très beau. Le désert, les montagnes au fond, et quelques petits arbres épineux. Le soleil tape fort. Les tombes ont été reconstituées mais les momes, elles, sont d'époque.... bien effrayantes, disposées face à l'Est, comme le voulait le rite nazca, dans l'espoir de rennaitre à une nouvelle vie avec la rennaissance du soleil. Les momies sont parées de vêtements de cérémonie, assises en position foetale. Offrandes et objets sont disposés à leur côté pour les accompagner dans l'au-delà. Certaines ont de longues chevelures. Quelques unes un rictus qui pourrait bien etre un rire, un chant ou un cri.

Nous retournons à Nazca. Je suis la seule à vouloir continuer pour visiter les ateliers. J'ai droit à une démonstration de céramique pour moi toute seule. La forme se fait à la main avec de l'argile. On peint avec des pigments naturels. Pas de vert ni de bleu dans la civilisation nazca. On passe au four, et hop, c'est prêt. Petits personnages stylisés, animaux, figures de dieux, les Nazca avaient vraiement du talent pour dessiner des figures expressives et tres stylisées. Les formes et couleurs utilisées sont étrangement modernes.

DSCN3134Jorge me fait ensuite lui-même la démonstration de la séparation de l'or et du minerai à l'aide du mercure. Il m'explique le travail dans les mines. Ici, le manque d'eau oblige à faire des traitements artisanaux et non industrialisés dans des usines chimiques. Cuve pour flitrer l'or, alambic, on se croirait chez l'apprentis-sorcier.

Jorge m'accompagne ensuite dans une cevicheria car il est largement l'heure de déjeuner. Je repasse ensuite à l'hôtel payer ma note. Puis, je vais vite acheter mon billet pour Cuzco. Départ 21h30. En attendant, je vais faire une ou deux courses. Un nouveau bic, le mien ayant rendu l'âme, 2,5 litres d'eau pour la route.

DSCN3189Je papote un moment avec un commercant, qui me dit que je n'ai pas pris l'itinéraire le plus économique en heures de voyage, en faisant le trajet dans le sens Arequipa-Nazca-Cuzco. Mais je n'avais pas envie de revenir sur mes pas et il parait que la route Nazca-Cuzco est très belle. Evidemment, 14 heures de bus semi-cama, ça m'angoisse d'avance...

Je retourne à l'hôtel, où je donne un cours de prononciation française à l'aubergiste. Avec tout ça, je n'ai même pas eu le temps d'aller sur Internet ! Il est déjà l'heure de se préparer. Je me change pour mon equipement contre le froid, puisque nous allons passer à plus de 4000 mètres.

DSCN3198Puis, je file à Los Angeles, le resto qui m'a été recommandé par Jorge. La patronne m'accueille à bras ouverts. Je commande un arroz cubano avec oeuf au plat et banane plantin, pour changer. Il faut théoriquement manger léger avant de partir en altitude, mais bon, j'ai l'habitude maintenant ! Nous tapons la discute et il est 21h35 quand je quitte le resto.

J'ai de la marge car un accident sur la route de Lima a retardé notre bus. J'en profite pour mettre à jour mon journal. Il est près de 23h quand nous quittons Nazca. Le bus est très confortable, je devrais pouvoir dormir, d'autant que la place a côté de moi est vide !

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Christine 05/10/2009 11:02


Bon, faudra peut-être que je les vois ces lignes...La seule fois que je suis montée dans un petit Cesna c'était moi qui étais au volant !!! C'était peut-être ça le pb !
Mais un pilote qui regarde pas devant lui, c'est pas terrible non plus ! Bonne route jusqu'au "nombril du monde"... A propos, Alexandre vient de perdre son cordon hier ;-)