6 heures autour de la lagune Cuicocha

Publié le par LAO.Nord

DSCN5552

Cotacachi, Ibarra, vendredi 13 novembre,

Levée 7h45. Nous retrouvons nos comparses de la veille, autour d'un petit déjeuner, composé d'oeufs brouillés et de pains frais, agrémentés d'une succulente confiture du mûres. Renato nous dépose à Cotacachi, d'où nous prenons un taxi pour la Laguna Cuicocha.

Je n'en suis pas à ma première lagune, et pourtant, celle-ci me laisse sans voix. Une vague impression de se retrouver dans un cliché de la baie d'Halong. La caldera du volcan abrite une immense lagune, d'un bleu profond, au milieu de laquelle trônent deux îlots, aux formes ondulantes et recouverts de végétation. Tout autour de la lagune, des falaises calcaires, recouvertes de végétation, tombant à pic dans les eaux du lac. Un petit bateau fait la navette entre la berge et les îles.

DSCN5453Nous décidons de faire au moins un petit bout du sentier qui fait le tour de la lagune. Nous grimpons les marches un peu essoufflées. L'effort en vaut la peine. Nous prenons de la hauteur et sommes sous le charme de ce paysage idyllique. Les sommets des volcans alentours sont malheureusement cachés dans une écharpe de nuages.

Nous nous arrêtons à chaque instant pour prendre des photos. Nous continuons à grimper et dépassons un groupe de Canadiens accompagné d'un guide. Nous sommes tellement enchantées de notre promenade que la montée se fait presque sans efforts et que nous sommes bien parties pour faire le tour complet du cratère.

Le sentier se rétrécit et nous sommes bientôt aux prises avec la végétation, évitant un cactus par ci, un branchage par là. Nos pantalons se prennent dans les épines. Inès gobe un moucheron en plein vol. J'écarte les fils d'une toile d'araignée. Ce n'est pas tous les jours que les gardes forestiers passent par ici et une machette ne serait pas du luxe pour se frayer un chemin.

DSCN5476Le point culminant semble toujours plus loin mais nous papotons agréablement et ne ressentons pas la fatigue. Nous nous posons tout de même dans l'une des petites cahutes qui marquent, nous semble-t-il, la moitié du chemin. Je partage avec Inès ma dernière banane plantain qui n'a pas trop souffert de ces trois jours au fond de mon sac. Nous grignotons nos petits pains achetés al veille : blancs, complets et mixtes.

Nous reprenons notre marche, en pente douce cette fois, et devisons de plus belle. Inès vient de finir ses études de médecine à Pilsen en République Tchèque où elle a passé 6 ans. Elle compte s'installer à Berlin pendant quelques années pour se faire de l'expérience avant de devenir Médecin Sans Frontières. Elle parle couramment Anglais, Espagnol, Tchèque, Allemand et bien sûr Portugais. Elle semble bien motivée pour apprendre aussi le Français. Une vraie petite Européenne.

DSCN5483Nous poursuivons le chemin et traversons maintenant un petit bois. encore une fois, le chemin se rétrécit. La dernière partie du chemin s'éloigne de la lagune et nous marchons sur une piste car le bord de la caldera est trusté par d'immenses propriétés privées.

Après plus de cinq heures de marche, nous retournons enfin au point de départ. Nous demandons à la propriétaire du resto du coin si elle peut nous déposer à Cotacachi. Elle nous demande 10 minutes. Entre temps, un groupe se dirige vers un pick-up. Le temps s'étant écoulé, nous leur demandons s'ils peuvent nous déposer. Nous montons à l'arrière et démarrons, cheveux au vent. Le chauffeur ne nous épargne ni les dos d'âne ni la vitesse. Je m'enroule les cheveux et surtout me protège les oreilles dans mon turban et enfile mon coupe-vent. Nous tapons à la vitre aux abords de la place centrale pour descendre. Notre chauffeur ne nous demande pas un centime !

Nous déambulons dans les rues à la recherche d'un endroit où prendre un verre et grignoter un bout. Nous repérons une heladería de paile mais continuons jusqu'au marché artisanal où nous faisons le tour des échoppes, vendant toutes sortes de spécialités en cuir. Nous continuons à arpenter les rues de la ville puis retournons chez le glacier, faute de mieux, où je commande une mora-guanávana tandis qu'Inès patiente pour une salade de fruits avec glace à la guanávana.

DSCN5506Un taxi nous ramène à la Villa Paradiso, où je patiente tranquillement dans le hamac tandis qu'Inès prend une douche avant le retour de Renato. Celui-ci nous a fait un prix pour la nuit d'hôtel à 10 dollars avec le petit dej : le prix d'un hostal pour une gentilhommière à la campagne, ça le fait !

Ils repartent sur Quito avec Inès et me déposent au passage au terminal de bus d'où je saute immédiatement dans celui en partance pour Ibarra. Une heure plus tard, mon taxi me dépose à l'hôtel Imbabura. Très belle demeure coloniale peinte en jaune vif. Ma chambre est à l'étage. Un petit balcon fait le tour du patio intérieur. L'aubergiste est charmant et m'explique les différentes choses à voir dans les environs. Je bouquine un peu avant de ressortir dîner et m'arrête chez De Gloria qui semble le rendez-vous des jeunes de la ville.

Publié dans Equateur

Commenter cet article