Au bord du gouffre

Publié le par LAO.Nord

DSCN4218

Huaraz, Caraz, Chimbote, Trujillo, mardi 20 octobre,

Il est 9h30 quand j'émerge. Je réveille Anna, qui dort à poings fermés, pour qu'elle puisse profiter du petit déjeuner. Nous montons juste à temps pour la fin du service. Je fais grâce à Anna de ma portion de guacamole. Les nuages ont déjà couvert les sommets. Nous discutons un peu avec le couple Suédois, puis je file à la douche et boucle mon sac pour le départ. Check out.

Je remonte la grande côte jusqu'à l'avenue principale de Huaraz, puis longe les rue attenantes au marché, très animées le matin, avec les vendeurs de fruits, les paniers de cochons d'Indes, encore vivants, prêts à consommer... Je longe la rivière, qui ressemble fort à une décharge ou à une arrivée d'égout. J'arrive à la station de bus d'où un combi part immédiatement pour Caraz.

DSCN4277On charge mon gros sac sur le toit. Je suis assise en face d'une petite mamie aux longues tresses grisonnantes et au visage tout fripé, qui somnole sous son chapeau de paysanne à larges bords, style cow-girl. Nous passons par de petits villages dans la vallée, nous arrêtant pour faire monter et descendre des passagers. A Yungay, je peux enfin m'asseoir dans le sens de la marche.

Le combi me laisse en bas de la ville de Caraz et je remonte jusqu'à la Plaza de Armas, où je demande mon chemin pour le terminal de bus vers Chimbote. La compagnie indiquée semble fermée. Mais, d'une boutique voisine sort un commerçant, qui me propose une place dans le bus de 13h, via le Canyon del Pato. Le bus aurait dû être déjà parti, mais il a eu du retard. J'ai tout juste le temps d'acheter quelques tranches d'édam et un pudding à la boulangerie voisine que le bus arrive. Nous montons mon sac sur le toit. Le bus s'ébranle et nous attaquons une piste défoncée à travers le Canyon del Pato.

DSCN4299Le paysage est grandiose. Nous nous élevons le long de la paroi rocheuse, au-dessus de la rivière Santa, très tourmentée. Les rapides sont impressionnants et se prêteraient bien, semble-t-il, à une équipée en raft. La gorge se rétrécit et l'à-pic devient de plus en plus vertigineux. Le chauffeur négocie tunnels et tournants avec brio. Le plus difficile est lorsque nous croisons des véhicules en face, heureusement fort rares.

J'ai demandé une place côté précipice pour mieux profiter de la vue, je suis servie. Passé le Cañon, la vallée s'élargit doucement, laissant place à des montagnes d'une hauteur impressionnante et aux couleurs changeantes, du rouge à l'ocre, en passant par le noir, le gris et le brun. Par ci, par là, des cactus égaient le paysage dénudé. Nous continuons à cahoter sur la piste croisant quelques barrages et installations hydro-électriques. Des cascades se jettent dans la rivière Santa, d'une hauteur vertigineuse.

DSCN4301Malgré mes appréhensions, le temps se maintient et nous échappons à la pluie quotidienne, qui semble localisée sur Huaraz. Je roule, toutes fenêtres ouvertes, pour pouvoir mitrailler le paysages admirable et changeant. Mes cheveux sont touts emmêlés et pleins de poussière du chemin, soulevée par notre véhicule. La vallée s'élargit encore et la Santa se divise en plusieurs bras, serpentant dans la plaine centrale, au milieu des rizières, champs de maïs, de carottes fraîchement coupées et faisant des tâches orange vif éparses.

Le soleil commence à descendre et donne une belle lumière bleutée aux montagnes dont nous pouvons observer, en ombre chinoise, 4 chaînes parallèles allant crecendo en hauteur, juste derrière  nous. Nous sommes revenus au niveau de la mer et la végétation a repris du terrain. Quelques bananiers bordent la route. Les risières innondées miroitent au soleil couchant. Le ciel pommelé s'élargit.

DSCN4306A la tombée de la nuit, nous entrons dans Santa, puis bifurquons au Sud, sur la Panaméricaine, vers Chimbote où nous nous retrouvons bloqués dans un embouteillage monstre. Nous traversons la ville, afin d'atteindre le terminal de bus. Tout juste le temps de passer aux toilettes, le prochain bus pour Trujillo démarre. S'enclenche un film sur la vie en prison, assez démentiel. J'ai du mal à entendre les dialogues car un passager écoute tranquillement sa musique sur son portable sans écouteurs, faisant profiter tous ses voisins de son crin crin.

Enfin, nous arrivons dans Trujillo, illuminée dans la nuit noire. Je suis à cours d'eau et m'empresse d'en acheter au terminal, avant de m'engouffrer dans un taxi pour le centre. L'auberge que j'avais repérée est malheureusement complète. Je passe à l'hôtel voisin, bien plus cher, mais réussit à négocier une chambre avec douche, pour 20 Soles. La basse saison a aussi du bon, le pouvoir de négociation s'améliore ! Mon petit hôtel se trouve dans une ancienne maison coloniale, entourée de petits balcons tout à fait charmants. Après ma longue journée de transport, je ne tarde pas à m'endormir.

Publié dans Pérou

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article