Chocolate crisis

Publié le par LAO.Nord

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Antigua, mardi 15 décembre,

Après la nuit agitée de la veille, je ne me réveille qu'à 7h45. Je vais être en retard à Casa Jackson. Je prends un tuk-tuk pour compenser mon retard. Corinne m'ouvre la porte, les yeux rougis. Elle me dit que le personnel est très traumatisé par ce qui est arrivé et qu'ils vont prendre une semaine pour se retrouver entre eux. Compte-tenu des événements et de la responsabilité qu'ils ressentent, les volontaires ne seront pas admis cette semaine.

Je demande immédiatement des nouvelles d'Anna. Elle est dans le coma. Ils ont payé les pompiers pour la transféré dans un hôpital privé de Ciudad Guatemala plutôt qu'à l'hôpital d'Antigua où ils l'ont emmenée initialement. Elle est entre les mains des meilleurs médecins de la ville. Sa famille a été prévenue. Se amis sont à son chevet depuis la veille. Corinne et Vera sont restées avec elle jusqu'à une heure du matin. L'ambassade et l'assurance ont été alertées. Il n'y a rien qu'on puisse faire de plus pour l'instant mais elle est toujours dans un état critique. Je lâche un sanglot retenu depuis la veille.

DSCN6909Je demande à Corinne de me tenir au courant. Je lui parle de Jessica à qui il faudra faire attention car je me demande dans quelle mesure elle a perçu la gravité de la situation et a été choquée elle aussi. Elle m'assure qu'ils feront le nécessaire. Nous nous séparons en nous embrassant et nous souhaitant bon courage. Elle insiste pour qu'un membre du personnel me raccompagne.

Je rentre à la maison la mort dans l'âme. J'informe Dolores puis ressors me changer les idées. Je commence par une pause sur le Net où je trouve un gentil message de soutien d'Anne-So. Je Skype, rien de tel que de parler à sa petite maman pour vous remonter le moral. Je m'active. Je récupère ma lessive. Je retourne au Correos pour m'informer des délais de conservation des paquets, deux semaines. Ca me laisse le temps de partir me ballader pendant cette période de chômage forcé. Gentiment, ils regardent si le colis ne serait pas arrivé, mais non, il me faudra patienter.

De là, je repasse au bookstore qui est ouvert. Je repère un guide du Routard Guatémala, Belize, Yucatan, Chiapas de 2009 et quelques livres en Français. Mais le libraire ne m'offre que quelques Quetzales pour reprendre mes bouquins et guides. Je me laisse le temps de réfléchir.

DSCN6911Sur le chemin du retour, je m'arrête pour visiter les ruines de l'ancienne cathédrale. J'en ai vraiment ma dose. Toujours pareil. Je rentre à la maison, à bout de forces, traînant le pas, à croire que toute mon énergie a été bouffée. Je m'arrête encore sur la place de la Merced où des bouquinistes se sont installés. Rien de vraiment intéressant et ils ne reprennent pas les bouquins.

Je déjeune avec la famille au grand complet. Don Augustin a l'esprit blagueur aujourd'hui. Il met en boîte Mariela. Les filles tannent Dolores pour qu'elle leur achète des chaussures neuves. Après déjeuner, je vais faire une petite sieste dont j'avais visiblement bien besoin car je n'ouvre l'oeil qu'à 15h, juste à temps pour aller retrouver Kristin, l'amie américaine d'Isabelle, mariée à un Guatémaltèque et qui vit à Antigua.

Je rentre au Café Condesa et trouve Kristin installée dans la cour intérieure. Nous entamons tout de suite la conversation et je ne tarde pas à lâcher mon paquet, le coeur gros de l'affreuse histoire d'Anna. Je commande un café moka et un brownie, en manque de chocolat. Kristin me parle de son travail de coordinatrice d'une ONG américaine à Ciudad Guatemala, de son expérience à Stanford, de son précédent travail à San Francisco pour aider les plus démunis, de son mari et de son petit garçon Oscar. Elle est charmante et m'aide à retrouver peu à peu le sourire.

DSCN6912Nous nous quittons, nous promettant de nous revoir à mon retour sur Antigua. C'est décidé, je vais partir une semaine du côté de Xela pour me changer les idées et revenir chercher mon paquet et passer Noël avec les enfants et la famille. Je repasse au bookstore finalement décidée à embarquer le Routard et un autre bouquin et me leste du Rough Guide 2006 du Guaté, du Moon Equador et de Canbodge Année Zéro.

Je rentre à la maison en meilleure disposition que le matin. Sur le chemin du retour, j'achète une petite orchidée replantée dans un bûche pour remercier Dolores et la famille de leur accueil. Alison m'apporte le livre d'or des hôtes de la maison dans lequel je laisse un petit mot. Je me plonge ensuite dans le Routard qui est décidément beaucoup mieux fait que le Rough Guide, allant à l'essentiel et s'impliquant dans ses descriptions faisant ressortir les points d'intérêt. Mon itinéraire se clarifie dans ma tête.

Déjà on m'appelle pour dîner. Dolores a préparé une succulente tortilla aux oignons et aux carottes accompagnée de purée de frijoles et de concombres. Pas très faim après mon orgie de l'après-midi mais je fais tout de même honneur au repas. Je bouquine encore un peu le routard puis ressors direction le cyber pour mon article du jour. Ce soir je crois que je vais essayer un nouveau bar pour changer, le Riki's Bar, bien cotté dans mes deux guides.

Publié dans Guatemala

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