En motocyclette dans les rizieres et les rochers karstiques

Publié le par LAO.Nord

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Ninh Binh, mercredi 21 avril,

 

Levée 9h30 après une bonne nuit de récupération. Je descends à la réception et commande salade de fruit au yaourt avec, pour la première fois depuis Hong-Kong, le fruit du dragon. Le café vietnamien est toujours aussi serre. Le propriétaire de l'hôtel me passe un guide de la région en Français. Je me renseigne ensuite pour me rendre a Tam Coc mais le taxi semble très cher et peu pratique. Je finis par me décider pour une excursion d'une journée sur les petites routes au milieu des rizières pour aller, entre autre faire la balade en bateau dans la baie d'Ha Long terrestre.

 

Nous partons et mon chauffeur règle mon petit casque symbolique. Mon chauffeur conduit prudemment et nous sommes très vite sur de petites routes de campagne dans les rizières. La première halte est Tam Coc. Je monte a bord d'une petite barque. Le batelier rame indifféremment avec les mains ou les pieds selon l'habitude locale. Il est déjà 11 heures et le soleil chauffe bien fort. Je m'abrite sous mon foulard et ma crème solaire.

 

DSCN9793Le paysage est absolument charmant. Rizières bien vertes, rochers karstiques recouverts de végétation, grand ciel bleu. Nous croisons de nombreux paysans occupes dans les rizières. Certain portent une sorte de casque colonial, d'autre les traditionnels chapeaux pointus. Ils arrosent les rizières de pesticides, arrachent les mauvaises herbes. Certains le chapeau dépassant de la rivière, pêchent des sortes de coquillages a moins que ce ne soient des escargots.

 

Nous passons sous plusieurs grottes assez basse et il nous faut baisser la tête. A la sortie de l'une d'elle, un marchand d'orchidées chez qui mon batelier s'arrête pour une petite tasse de thé et pour fumer une sorte de bong. Un peu plus loin des marchandes essayent de me vendre du ravitaillement. Après une petite pause, nous faisons demi-tour. Nous croisons quelques touristes mais aussi beaucoup de locaux dont c'est le moyen de transport unique. Ils portent des parapluies multicolores en guise d'ombrelle.

 

DSCN9818Mon batelier me fait bien comprendre qu'il exige un pourboire et je lui fais bien comprendre que c'est à la volonté du client. Je lui laisse tout de même un petit billet dont il ne semble pas content mais mon chauffeur me dit que ça suffit. Nous reprenons les petites routes longeant villages et rizières pour nous arrêter dans la pagode bouddhiste Bich Dong tout en hauteur et loge dans des grottes. Ça grimpe ferme et il doit être 13 heures. La chaleur est torride. Je croise deux Malaisiennes curieuses de savoir comment j'ai atterri ici.

 

Je redescends et voudrai bien manger mais la pause casse-croûte est prévue après un dernier temple, celui de Thai Vi. Dans ce dernier, un moine m'invite m'asseoir et a partager une délicieuse orange. Je fais ma distribution de bonbons en remerciement et en suis quitte pour une petite obole avant de partir. Mon chauffeur m'arrête devant un restaurant ou je retrouve le couple de Hollandais croise au petit-déjeuner a l'auberge. Ils ont visite la Cathédrale ce matin et vont maintenant vers Tam Coc.

 

DSCN9832Nous commandons la chèvre au piment. La serveuse nous montre comment déguster le plat. On prend un papier de riz, on y glisse quelques feuilles de menthe, un morceau d'ananas et quelques morceaux de chèvre. On referme le tout et on le trempe dans une petite sauce bien relevée. Le mélange est délicieux. Mes comparses sont en vacances et ont partage leur temps entre Laos et Vietnam et leur périple touche a sa fin.

 

Nous nous séparons et je remonte a bord. Mon chauffeur s'arrête pour faire regonfler les pneus puis nous reprenons la route. La première pause de l'après-midi se fait a la grotte Mua. Il s'agit en fait d'un grand escalier décoré de dragons qui domine un petit lac au centre duquel se trouve une petit ile. On monte au sommet de l'un des rochers karstiques et on a une vue magnifique sur la rivière, les rizières et les montagnes karstiques alentour. Encore une bonne suée pour arriver au sommet même si la plupart de l'escalier est heureusement a l'ombre.

 

DSCN9875En redescendant, je croise quelques chèvres qui s'enfuient devant moi et une femme travaillant dans les rizières, sa petite fille l'attendant sagement sur le bord du chemin a cote de la bicyclette. De retour a la maison-guichet, une vieille femme réveille mon chauffeur paisiblement endormi sur une natte. Je lui laisse le temps de sortir de sa torpeur en me remettant une couche de crème solaire.

 

Nous repartons vers Hoa Lu l'ancienne capitale dont il ne reste que deux temples Dinh Tien Hoang et  Le Dai Han. Je ne suis pas fan de l'architecture ni de la décoration des temples vietnamiens qui ne me semble pas a la hauteur des temples chinois, lao ou thai, chacun dans leur style respectif. La lumière prend son ton plus doux de fin d'après-midi et l'heure du retour a sonne.

 

DSCN9879Nous prenons a nouveau de petite routes cabossées et je me rends compte que voyager a motocyclette n'est pas aussi pépère qu'on pourrait le penser. Il faut bien s'accrocher et le dos et les fesses en prennent un bon petit coup. Nous arrivons sans encombre a l'hôtel et je suis bien contente de poser le pied a terre. Je suis bien fatiguée de ma journée au grand air et pianote sur Internet le temps que l'eau chauffe.

 

Le propriétaire de l'hôtel a qui j'ai acheté un billet de bus de nuit pour Hue ce matin, moins cher et plus rapide que le train que je pensais prendre initialement, m'a gentiment offert de prendre ma douche même si j'ai résilié ma chambre. Ceci étant dit, je lui ai laisse un bon paquet, entre la chambre, les repas, l'excursion et le bus, mais, contrairement a d'autres, il n'est pas pushy du tout et vraiment très serviable, ce qui fait toute la différence.

 

DSCN9885Je commande une soupe de nouille aux légumes et au poulet. Alors que j'ai déjà termine, Emily et Carl, le couple de Hollandais, reviennent bredouille d'un tour en ville a la recherche d'un resto sympa. Pas très touristique ici apparemment. Nous discutons a bâtons rompus quand l'aubergiste m'appelle pour prendre le bus. Je dois monter a bord de la motocyclette pour faire les 300 mètres qui nous séparent de la route.

 

Quelle n'est pas ma surprise de voir que le bus n'a rien de la photo sympathique affichée au moment de la vente. Il s'agit en fait des mêmes modèles que les bus couchettes chinois avec trois rangées de lits superposes sauf qu'entre chaque rangée, les gens sont allonges a même le sol. Ça me rappelle la Bolivie. Et bien la nuit s'annonce bonne. J'enlève mes baskets que je glisse dans un sac plastique et me fraie un passage jusqu'à ma couchette.

 

DSCN9894Je me glisse dans la couchette et récupère discrètement mon petit coussin qu'une femme assise par terre m'avait pique. J'essaye de rentrer mes pieds sous la couchette de devant mais malgré ma petite pointure, 36, mes doigts de pieds sont tout recroquevilles. La promiscuité avec ma voisine de gauche est sans équivoque et a ma droite, j'ai la cabine des toilettes, heureusement pas cote porte... Que du bonheur ! Je me maudis de n'avoir pas pris le train.

 

Je tournicote pour trouver une position pour dormir, mets mon foulard sur les yeux pour bloquer les lumières des phares des voitures venant en face, et commence vaguement a somnoler quand je sens une main sur moi. Je l'attrape immédiatement. Ma voisine avait la main sur l'ouverture de mon sac a dos que j'avais essaye de coincer autant que possible entre mes jambes et la couchette de devant, enroulant prudemment une lanière autour de ma jambe. J'avais bien repéré que ma voisine était un peu trop proche de moi et que sa main se posait négligemment sur les barreaux de mon lit, ce qui m'avait heureusement mise en alerte.

 

DSCN9912Ma voisine proteste, s'excuse visiblement d'avoir pose sa main par totale inadvertance sur mon sac mais je lui envoie un regard noir et m'assied sur le lit lui montrant que si elle veut jouer a ce petit jeu la, maintenant que je suis bien réveillée, énervée et en alerte, je ne vais pas dormir de la nuit s'il le faut. Elle ne fait pas de nouvelle tentative et s'excuse une nouvelle fois mais je passe néanmoins la nuit sans pouvoir fermer l'oeil. Encore une fois, j'aurai du prendre le train !

 

Nouvelle excursion, quand il s'agit d'aller aux toilettes. Je dois marcher en suspension sur les rebords des lits au-dessus des corps qui dorment dans le couloir et contourner ma couchette pour descendre jusqu'aux toilettes. La chasse d'eau est en fait une sorte de jet d'eau avec un embout en pistolet, qui fuit et gicle en toutes directions, et je m'en fous évidemment partout. C'est super, je suis au comble de la béatitude.

Publié dans Vietnam

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