En sampan sur le Tonlé Sap

Publié le par LAO.Nord

DSCN2758

Battambang, Siem Reap, lundi 14 juin,

 

Levée 5h45 ! Je passe a la boulangerie et dans une épicerie pour de l'eau. Un motodop m'emmène a l'embarcadère. Une occidentale en furie, m'aborde pour me déconseiller de prendre le bateau. Elle l'a pris hier et est arrivée a 18 heures, le moteur a lâché 5 fois, le commandant est alcoolique, il est d'ailleurs a sa première bière alors qu'il n'est pas encore 7 heures du matin, et le mécano s'est blessé a la tête en tentant de réparer le moteur, d'où son foulard autour du front ! Elle est venue se plaindre car le commandant s'est allongé sur son sac qui empeste maintenant la bière. Il lui a cassé une poterie. Si elle avait payé 30 000 Riels comme les locaux mais, tout comme a moi, on lui a chargé un prix touriste de 18$...

 

DSCN2759Elle crie après le responsable. J'essaye de lui glisser qu'il ne faut jamais s'énerver avec un Khmer et surtout pas l'insulter mais elle ne m'entend pas, toute a sa colère. On charge mon sac, sûrement pour m'éloigner de ce spectacle gênant. Je fais mes calculs mais de toute façon, ça fait trop juste pour espérer changer et choper le seul bus de la journée, je tente ma chance.

 

Le bateau se montre a la hauteur de sa réputation et commence par ne pas démarrer. Après 40 minutes d'efforts, le moteur se met en route dans un nuage de poussière noire assez impressionnant. Les locaux ne semblent pas ciller. Nous voila partis. La route est absolument charmante longeant les habitations traditionnelles sur pilotis ou flottantes. Les femmes et les enfants se baignent.

 

Mon voisin, qui parle quelques mots d'Anglais, se retrouve soudainement avec le fond de pantalon mouillé. Je ne suis pas trop sure si c'est le bateau qui fuit ou s'il a des soucis avec sa prostate... Le bateau pétarade mais nous n'avançons pas trop mal et le paysage défile doucement. Un peu avant 11 heures, nous faisons une pause dans un restaurant flottant. Je commençais a avoir besoin de me dégourdir les jambes, le confort du sampan étant rudimentaire.

 

DSCN2768Des qu'on s'arrête la chaleur vous tombe dessus. L'équipage déjeune pendant que j'observe la vie du village flottant. De jeunes écoliers se déplacent déjà en barque, on apprend a manier la pagaie très tôt ici. Des cochons viennent prendre un petit bain d'eau boueuse rafraîchissante. Nous repartons. J'entame mon casse-croûte. Nous laissons quelques passagers au fur et a mesure des villages et en reprenons d'autres.

 

La chaleur devient assez terrible et je suis bien entendu coté soleil. Enfin, nous arrivons au Tonlé Sap, c'est presque gagné. Le lac est immense. Nous dépassons quelques pecheurs puis nous retrouvons au milieu de l'immensité d'eau boueuse ou flottent quelques algues vertes venues de la pollution. Le bateau soulève d'énorme gerbes d'eau a l'avant et nous éclabousse régulièrement des qu'il prend un peu de vitesse. Je me retourne pour éviter au maximum d'en avoir sur la figure.

 

DSCN2776Au beau milieu du lac, c'est la panne. Cela repart plus vite que ce matin mais le spectacle est nettement plus impressionnant. Un véritable geyser de pétrole s'évacue avec un énorme nuage de poussière noire. On nous suit a la trace. Je crains l'explosion d'un moment a l'autre. D'autant que je ne sais pas ce que fait le mécano avec l'énorme clé a molette alors que le moteur est en marche. Il passe aussi un vieux chiffon qui pourrait prendre feu d'un moment a l'autre. Les enfants se reculent et prennent peur et je n'en mène pas large malgré une tentative de prendre les choses a la rigolade en filmant la scène anthologique.

 

Ça s'apaise un peu mais nous croisons désormais de plus en plus de bateau et rentrons dans un petit canal. A chaque bateau, soit nous nous faisons asperger soit c'est nous qui aspergeons les voisins. Les commandants ralentissent parfois civilement mais des que nous ralentissons, c'est la catastrophe pour repartir. Je ne supporte plus le bruit du moteur qui est véritablement assourdissant et en continu depuis maintenant plus de 7 heures d'affilée. Je pète un plomb avec les bateaux qui m'arrosent. Je suis a bout. Heureusement, nous arrivons.

 

DSCN2778Mon chauffeur de tuk-tuk m'attend sur la berge avec un panneau portant mon nom. Je lui fais un petit signe. Il récupère mon sac. Je ne dis au revoir a personne tellement je suis pressée de revenir a la terre ferme et de fuir cet endroit. Mon chauffeur commence a me faire un petit cinéma qui tombe complètement a plat car je ne suis vraiment pas d'humeur. Il veut bien sur m'emmener dans un autre hôtel ou il touche une commission et m'emmener demain a Angkor. Soit disant parce qu'il ferait la course gratuitement, il lui faudrait des compensations. Je lui dit que j'ai déjà bien assez payé et qu'il m'emmène de ce pas a l'hôtel que j'ai réserve.

 

Mon guide est vraiment périmé, l'hôtel a disparu, ou est-ce encore une manigance du chauffeur ? Il me fait visiter Garden Villa, recommandé par la soeur d'Ines mais je ne suis pas convaincue. Je demande a aller dans un autre hôtel. Il m'emmène encore dans deux autres endroits avant que je n'arrive a mes fins, décidée a ne pas céder. Enfin, je me pose. Un petit jus de citron pour me remettre de mes émotions mais je ne suis pas d'attaque pour aller faire un tour en ville, surtout Siem Reap qui doit être truffée de rabatteur et tout ce dont j'ai besoin pour l'instant c'est de calme et de repos. Internet étant en libre-service, je m'y atèle pour le reste de l'après-midi.

Publié dans Cambodge

Commenter cet article