Il fait trop chaud pour visiter

Publié le par LAO.Nord

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Phnom Penh, lundi 3 mai,

 

Levée vers 8 heures. Je signale a l'hôtel que je check out vu l'état lamentable de la chambre. Je vais a la recherche d'un endroit pour le petit déjeuner, visitant au passage le marché central en pleine effervescence.Je ne trouve rien qui vaille et retourne au même resto que la veille. Pas d'autre choix qu'une salade de fruits, les viennoiseries annoncées au menu étant inexistantes. Je prends aussi un jus d'orange et un café. Je crois que j'ai un peu abusé sur les fruits et les jus de fruits tous ces jours-ci mais c'est tellement tentant, surtout par cette chaleur.

 

Je prends un tuk-tuk qui m'emmène jusqu'aux abords du Lac Boeng Kak, bordé par une rue qui a encore gardé une allure villageoise. Je m'arrête tout au bout, a l'auberge Lazy Fish qui offre des chambres sur pilotis sur le lac, quasi a sec en cette saison, pour 3$. Assez spartiate mais tellement charmant.

 

DSCN1963Je reste un moment sur la terrasse a discuter avec Lilli, une Franco-Hollandaise de 21 ans qui en est a sa troisième année de "césure" et Till, un Allemand qui a passé 5 mois en Australie et fait un petit tour au Cambodge et au Vietnam avant de rentrer au pays. Tous deux comatent dans les canapés en osier, assommés par la chaleur.

 

Je m'extirpe de mon fauteuil pour m'installer dans un cybercafé ou je reste un grand moment entre Skype, blog et emails pour contacter des organisations humanitaires. Il est plus de 15 heures quand je ressors. Je suis les conseils du propriétaire et vais déjeuner dans le resto voisin. Le jus d'ananas-carottes sur le menu m'intrigue. Je commande un plat local et me fais confirmer qu'on mange effectivement avec cuiller et fourchette ici. C'est bien dommage car j'avais bien pris goût aux baguettes.

 

DSCN1964Je reste un long moment sous le ventilo a éplucher mon guide sans trouver la force de me lever. Je commande encore yaourt et fruits puis me décide enfin a bouger a la faveur de la fin d'après-midi, encore chaude, mais déjà plus supportable.

 

Je remonte la rue pittoresque amusée par les écriteaux Lost & Found, Flying Elephant, Oh my Buddha et autres trouvailles du genre. Je suis mi-amusée mi-atterrée par un joli petit chien qui a été shampooiné avec une teinture rose fluo. Au coin de la rue, je jette un oeil a la mosquée dont le dôme brille de mille feux sous le soleil. Des enfants jouent devant, autour d'une fontaine, et me saluent a n'en plus finir.

 

DSCN1973Je remonte la rue 86 puis le Boulevard Monivong, passant devant l'hôpital Calmette, légué par les Français. Je continue jusqu'à l'ambassade de France, protégée par un haut mur blanc. Je demande a entrer et le portier, tout surpris que je vienne sans but précis si ce n'est celui de jeter un oeil au bâtiment, me fait faire le tour du propriétaire.

 

Le bâtiment est tout moderne, datant de 1996, mais le jardin est absolument magnifique avec de beaux arbres centenaires et une végétation luxuriante savamment contrôlée. Au fond du jardin, la grille de l'Ambassade qui avait protégé des centaines de réfugiés en 1975. Je me remémore le livre Cambodge Année Zéro trouvée sur la poussière d'une étagère a Riobamba en Equateur. Le gardien me parle de sa mere et ses 4 freres tués par les khmers rouges. Il me propose de me faire visiter le musée Tuol Sleng et le camp Choeug Ek. Nous échangeons nos coordonnées pour nous recontacter.

 

DSCN1974Je traverse le Boulevard, non sans danger tellement la circulation est incohérente et incontrôlée. Je descends la rue 47 avec la colline de Wat Phom en ligne de mire. Je fais une halte au wat Chem Damdek datant du XIXème siècle. Je n'ose pas entrer mais les bonzes, touts contents d'avoir de la visite, me font faire le tour du propriétaire, illuminant l'intérieur pour moi, me montrant fresques, colonnes en bois, portraits de la famille royale. Je discute un long moment avec l'un d'entre eux qui me dit soudain que les Cambodgiens ont soif. Quand je lui demande de quoi, son visage se brouille et son regard se perd dans le lointain. Il me souhaite plein de bonheur pour mon séjour au Cambodge.

 

Je poursuis ma route, longeant stands et étals. Les lumières de fin d'après-midi sont vraiment dingues dans ce pays.  Je grimpe la colline du Wat Phom alors que le crépuscule tombe sur la ville. Une femme policier, venue faire sa prière du soir, me salue. Tout le long de mon chemin jusqu'ici, ce n'a été que sourires, inclinations de tête pour me saluer et bien sur grands bonjours des chauffeurs de motodops et de tuk-tuks, auxquels je réponds sans me lasser avec un grand sourire non merci.

 

DSCN1977Je marche encore un peu, traversant un jardin public rempli d'enfants, passant quelques bâtiments coloniaux, puis bifurque sur la rue 108 que je remonte alors qu'il fait déjà nuit noire. Un chien en a après moi et je traverse bien vite pour m'éloigner de lui. Je longe le très luxueux hôtel Raffle Royal puis remonte le Monivong pour rentrer a l'auberge.

 

La rue 93 est bien mal éclairée mais je retrouve sans peine le chemin. A l'auberge, Lilli et Till ont a peine changé de position et discutent avec Sina, une Danoise. Je commande un chicken curry et vis m'installer a la table voisine pour ne pas être indisposée par les odeurs de marijuana qui tournent autour de la tablée. Le plat est bien copieux et très bon. J'ai demandé un jus de citron sans glaçons qui m'a été servi chaud. Ça plus les piments, je transpire de plus belle.

 

A peine terminé, je salue la compagnie et vais prendre ma douche. Je bouquine un peu et arrive quasiment a la fin de mon livre mais je finis par éteindre. Impossible de dormir. Est-ce la chaleur, la moustiquaire ou mon rendez-vous demain avec l'association Pour un sourire d'enfant ? La moustiquaire est percée de partout et m'agace tellement que je finis par l'enlever, les insectes semblant plus attirés que repoussés par elle.

Publié dans Cambodge

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