Journee douce-amere

Publié le par LAO.Nord

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Phnhnom Penh, Kep, samedi 5 juin,

 

5h30, Mathilde se lève pour aller changer son billet de bus pour Kep. Elle avait initialement prévu de partir hier avec toute la bande mais a change d'avis a la dernière minute alors que Leo et Alex avaient déjà pris son billet. J'ai encore une demi-heure de répit avant de me lever a mon tour. A 7h30, Mathilde revient en trombe dans la chambre. Elle a réussi a changer son billet mais il faut y être un quart d'heure avant. Heureusement, je suis presque prête. J'achète deux yaourts et une bouteille d'eau pour le trajet et nous payons la guesthouse.

 

La route est très agréable mais nous ne résistons pas au sommeil. J'ouvre un oeil de temps en temps. La dernière partie de la route est vraiment splendide. On commence a avoir un peu de relief a mi chemin entre les pains de sucres et les petites chaînes de montagne. La végétation est tropicale a souhait. On passe de ravissantes petites maisons en bois sur pilotis. Au bout de 4 heures, nous arrivons dans Kep. Deux touristes descendent. J'avise un cyber-cafe et je presse Mathilde pour descendre la aussi.

 

J'appelle aussitôt Emilie sur Skype, pas de réponse. J'ai plus de succès avec Alix qui est partie en randonnée avec les garçons. Les filles sont restées a la piscine. Nous affrétons un tuk-tuk et découvrons les bungalows et la piscine ou barbotent Lauren et Gabi. A l'accueil, c'est du grand n'importe quoi. La réceptionniste ne nous salue même pas, ne nous jette pas un regard. Elle discute avec notre chauffeur qui nous fait comprendre que c'est complet. Laurent et Gabi nous disent qu'on va finalement devoir prendre un autre bungalow et non partager comme prévu initialement. Les deux employés de l'hôtel ne parlent pas un mot d'Anglais et il est impossible de savoir ou poser nos bagages. Mathilde et moi sommes bien énervées et posons finalement nos affaire temporairement dans la chambre de Lauren et Gabi.

 

Nous les rejoignons dans la piscine ou l'on rentre comme dans son bain, l'eau serait presque trop chaude ! Nous y restons un moment puis nous mettons a sécher sur les transats. Gabi et Lauren se mettent en plein soleil alors que c'est l'heure la plus chaude. Lauren met prudemment de l'écran total mais Gabi qui a la peau mate des latinos s'enduit tranquillement de monoi.

 

Je commence a avoir faim et commande un sandwich au thon mais la encore le service se montre déplorable. Au bout d'un moment, je vais voir ou en est mon sandwich et ne trouve personne en cuisine. La réceptionniste me fait de vagues signes en direction du village. Ils sont peut-être allés pêcher le thon. En tout cas, je suis vraiment excédée et part au marche au crabe ou j'aurai sûrement plus de chance d'être servie rapidement avec un choix de plats plus varies et des prix largement plus abordables.

 

Je trouve en effet un chouette petit restaurant sur pilotis au bord de la mer. J'assiste au va et viens incessant des femmes qui vont chercher des crabes dans de gros paniers flottant a quelques mètres du bord. Un homme lance sans relâche son filet, de l'eau jusqu'à la taille. Juste a cote, le petit marche ne manque pas d'animation. Ça négocie ferme. Profitant de la fraîcheur des fruits de mer et crustacés locaux, je commande des nouilles sautées au crabe avec un jus de citron. Le patron m'offre un petit plat de fruits du jacquier en dessert mais je ne suis pas fana.

 

Je retrouve mes amis. Alex et Leo sont revenus de leur randonne de 9 kilomètre dans les environs. Ils sont partis en tongues, sans eau et surtout sans crème solaire. Alex, qui est blond aux yeux bleus avec la peau très claire, a pris cher, il est couleur écrevisse. Je repique une tête dans la piscine puis m'installe a l'ombre sur un transat. Après quelques pages, je suis partie pour une petite sieste. La petite troupe part pour un déjeuner tardif et je reste a sommeiller sur le transat. Je bouquine encore un peu puis les voila de retour.

 

Alix, qui est en stage a l'hôtel dont Emilie et Gregoire sont les propriétaires nous fait confirmer ce que nous voulons manger pour ce soir car il faut qu'elle passe les commandes. Tout le monde semble parti pour une entrecôte frites, sauf moi qui ne trouve rien qui me plaise sur le menu a un prix abordable. Alix me met la pression pour lui dire tout de suite maintenant en 30 secondes parce que c'est urgent. Elle commence vraiment a m'énerver avec son attitude. Pour ne pas faire ma mauvaise tête, je serais ok pour un crabe avec crevettes a 12$ mais ca me casse vraiment les pieds de payer si cher alors que c'est moitie prix dans les restos du bord de mer. De plus, les prix de l'entrecôte sont bizarrement passes de 6,50$ a 8$ entre ce matin et cet après-midi. Soit disant une erreur... Je retourne sur mon transat énervée.

 

Gabi, Lauren et Mathilde viennent me voir, me disant que l'on va finalement dîner dehors car tout le monde trouve cela un peu poussif. Nous passons le reste de l'après-midi a glandouiller sur les transats ou sur les canapés de la paillote. Le ciel, comme souvent au Cambodge en fin d'après-midi est juste dingue mais c'est un peu tard pour choper le coucher du soleil sur la mer. Quand il y en a un qui est prêt, c'est un autre qui part a la douche, un troisième qui veut consulter ses emails et un quatrième qui s'est endormi. Enfin, tout le monde est prêt a décoller.

 

Nous avisons un petit resto sans prétention ou Alex et moi nous lançons courageusement dans le dépeçage de deux crabes bouillis. Lauren a une splendide assiette de crevettes. Gabi, Mathilde et Leo restent plus classique avec du boeuf, des frites et des nouilles. Le crabe est délicieux mais quel travail. On nous apporte deux plats d'ananas coupes en tranches en dessert alors qu'Alex et moi nous débattons encore avec nos pinces. Nous avons droit a notre petite assiette d'ananas pour nous aussi.

 

En sortant du restaurant, un ami d'Emilie et Gregoire nous propose de les rejoindre car ils vont tirer un feu d'artifice. C'est complètement interdit au Cambodge mais ces expatries se croient au-dessus des lois. Ils font installer tout le monde sur une petite frange de plage sous les palmiers a quelques centaines de mètres des paillotes. Le vent est contre nous et revient vers la terre. Mais rien ne les arrête. Alors qu'ils ont fait asseoir tout le monde a deux mètres a peine des fusées, je m'éloigne prudemment, n'étant déjà pas a la base emballée par cette idée de feu d'artifice, encore moins quand c'est fait dans l'illégalité, et surtout contre toutes les règles de prudence et de bon sens.

 

La première fusée part et je m'éloigne encore un peu avec la détonation et la fumée qui se rabat sur le groupe. La deuxième, encore un pas en arrière. La troisième plante a moitie, partant au ras du sol et on a senti un souffle tout près. Tout le monde se recule d'un metre ou deux. Je m'éloigne encore plus du groupe. A la quatrième, la police arrive et tout le groupe s'éparpille. L'auteur du feu d'artifice est arrêté. Je suis bien contente que ca se finisse. Mathilde, Lauren et moi qui sommes restées les plus en retrait pendant ce spectacle, nous éloignons et commentons le ridicule et le danger de cette élucubration d'expatriés qui se croient tout permis. Je reconnais que nous n'aurions même pas du les suivre en premier lieu.

 

Nous nous retrouvons ensuite dans un bar de touristes assez nase mais trouvons une petite place sympathique au bord de l'eau derrière la table de billard. Lauren et moi partons dans une discussion a bâtons rompus tandis que les garçons jouent au billard. Mathilde dort a moitie effondrée de sa longue journée.

 

Je demande a Lauren de voir avec Alix si nos lits sont prêts car ça fait deux fois que je demande et le courant ne passe décidément pas avec elle, je me fait envoyer sur les roses a chaque fois. Ce n'est pas juste moi apparemment, Lauren se voit répondre, sur un ton supérieur par cette gamine de 22 ans qui se prend pour on ne sait quoi et est incapable de comprendre la notion de service hôtelier, ayant du se faire servir toute sa vie, je cite : "t'inquiète, je gère". Je suis bien persuadée qu'elle ne gère rien du tout et que ça va encore être du grand n'importe quoi.

 

Mathilde et moi rentrons les premières et trouvons effectivement un matelas récupéré sur un transat dans un coin de la chambre des filles. Pas un drap, pas un oreiller, juste un énorme foutage de gueule sachant que, jamais o grand jamais, dans tous les hôtels de première catégorie ou je suis passées en 11 mois, y compris les campings, on ne m'a traitée comme ça. Je suis remontée comme pas possible. Je laisse Mathilde, complètement épuisée et transporte mes affaires dans la chambre des garçons ou c'est même combat.

 

Je prends ma douche puis ressort réveiller l'employé qui était pourtant la il y a cinq minutes mais a disparu, en sonnant comme une acharnée sur la petite sonnette de l'acceuil. J'aurai été dans un refuge de montagne, un camping ou même un hôtel bas de gamme, j'aurais déplié mon sac de couchage et mon drap housse et m'en serai très bien contente mais dans un hôtel qui se veut "haut de gamme", je suis bien décidée a ne pas laisser passer ça. Je demande draps et oreiller puis retourne me coucher. Au milieu de la nuit, Leo et Alex rentrent, découvrant ma présence et tentant de ne pas faire de bruit. Épuisée, j'ouvre un oeil et me rendort aussitôt.

Publié dans Cambodge

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