Jungle et brouillard

Publié le par LAO.Nord

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Kampot, Bokor, mardi 8 juin,

 

Levée 7 heures. Je prends une salade de fruits et un café glacé, on y prend goût. Un minibus passe me chercher. Je suis en compagnie de Gaëlle, une Française. Nous ramassons ensuite un couple de Polonais et pléthore d'Anglais. Petite route tranquille jusqu'au moment ou nous changeons de véhicule. Il s'agit d'un pick-up au fond duquel se trouve un vieux matelas crasseux. Tout le monde se dandine d'une jambe sur l'autre devant le véhicule peu engageant mais on n'a pas vraiment le choix. Coutumière de ce genre de situation, je me précipite pour choper la place a l'avant dans l'habitacle, pas de quartier. Les autres s'entassent tant bien que mal a l'arrière.

 

Nous montons la route qui est en pleine construction. En nous élevant, nous distinguons la mer et les montagnes qui bordent une jolie baie. Nous traversons la jungle. Des travailleurs sont en train de tapisser du gazons le long des parois de la route a peine terminée. Un peu plus loin, plus de route, ça cahote puis on finit par s'arrêter complètement pour continuer a pieds a travers la jungle. Notre guide est équipé d'un vieux fusil. Ça grimpe raide et il fait une chaleur terrible même a l'ombre des arbres. Au bout d'à peine une demi-heure, nos t-shirts sont déjà a tordre.

 

DSCN2439Notre guide est une vraie gazelle et nous sommes obligés de réclamer des pauses a grands cris car il ne parle pas notre langue. Après une dernière suée, légère incompréhension, nous retrouvons le pick-up qui a monte la cote a l'aise, mais pourquoi a-t-on du s'infliger une telle souffrance ? Juste pour le plaisir de l'effort apparemment. La route devient de plus en plus chaotique et nous pénétrons dans le brouillard. Alors que nous avions une si jolie vue sur la mer, nous voila maintenant a deviner les formes d'anciens bâtiments coloniaux dont il ne reste que la carcasse éventrée.

 

On pourrait se croire sur une lande en Bretagne. Même la végétation s'y prête. Moi, ça me rappellerait plutôt le GR20 en Corse, comprenne qui pourra. Nous nous arrêtons pour déjeuner devant l'ancien casino. Allure assez dantesque et un peu glauque, la mousse a recouvert le béton et les murs sont béants. Je n'accroche pas vraiment et reste au rez-de chaussée. Le panneau interdit d'entre est la juste pour la forme puisque des tours organises viennent ici chaque jour. Comme un peu partout au Cambodge, il y a la loi, les règles et les mille et une façons de les contourner.

 

DSCN2442Après le petit plat de riz aux légumes bien copieux, nous faisons une petite marche digestive dans le brouillard jusqu'à La Poste, a peu près dans le même piteux état que le casino, puis l'église, surprenante mais bien tangible marque du passe, et pour finir l'hôpital. Je reste a l'intérieur du pick-up car je ne suis pas vraiment rentrée dans le trip de la visite de carcasses architecturales en béton. Nous prenons le chemin du retour et sursautons.

 

Une énorme explosion a fait jaillir pierres et fumées a plusieurs mètres de hauteur a quelques centaines de mètres de notre camion. Notre chauffeur m'avait bredouille quelque chose comme quoi la route était trop étroite. Maintenant, il y a de la place, c'est sur, il faut juste attendre que les gros Caterpillars veuillent bien déblayer le chemin. Après la construction de routes en Chine, voici la méthode Cambodgienne, beaucoup moins manuelle, quant aux normes de sécurité on espère qu'elles sont respectées. A défaut de sauter sur une mine, on aurait bien pu sauter sur des bâtons de dynamite...

 

DSCN2445Nous reprenons ensuite notre marche et la descente se fait bien plus facilement si ce n'est pour un des Anglais qui est venu tout simplement en tongues. Il s'est évidemment écorché les pieds mais s'en sort pas trop mal surtout avec les sangsues qui se sont déjà accrochées aux pieds de deux autres marcheurs. Il faut les brûler apparemment pour qu'elles se détachent. Nous retrouvons le pick-up puis le minibus et gagnons les quais de Kampot pour terminer la journée tranquillement sur un petit sampan qui nous emmené jusqu'à la mer. Rien d'extraordinaire mais assez plaisant.

 

Je retrouve ensuite l'auberge pour un jus de banane, suivi rapidement d'un plat de nouilles au poulet très, trop copieux pour un dîner de bonne heure avant de passer a la douche tellement rêvée. Je discute un peu avec une Américaine vivant a Hawaii et qui me demande conseil sur le Laos. Après la douche, alors que je sortais juste en pyjama pour acheter une bouteille d'eau avant d'aller me coucher de bonne heure, je tombe sur Gaelle qui nous avait quitte avant la ballade en bateau, trop fatiguée pour apprécier.

 

DSCN2449Nous commençons a papoter et je découvre qu'elle vient de faire du volontariat pendant un mois dans un orphelinat de Phnom Penh qui est dans un état d'insalubrité catastrophique. Des qu'il pleut, tout est inondé. Les bébés ont le ventre tout gonflé en raison d'une mauvaise alimentation. La encore, l'argent est détourné par le directeur. Bref, a entendre toutes ces histoires, ça vous sape le moral a un point. Le pays semble dans un état de corruption tel qu'il lui est impossible d'aller de l'avant et de progresser. Pour me remonter le moral je prends un petit chocolat offert par Alex et que j'ai malencontreusement oublie de leur laisser en partant, maintenant, sans clim, ils sont a moitie fondus, mais toujours aussi bons !

 

Publié dans Cambodge

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