L'apparition de l'oiseau sacré et les rituels mayas

Publié le par LAO.Nord

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Biotopo del Quetzal, Coban, mercredi 30 décembre,

Levée5h45. Je saute du lit et enfile un jean. Je suis la première à décaniller. Il fait à peine jour. Je monte derrière la maison pour fouiller la cime des arbres à la recherche de l'oiseau sacré. Je suis rejointe par 3 Français et un Suédois qui ont plus de chance que moi et observent leur premier quetzal. Nous fixons l'arbre où il s'est posé mais il ne bouge plus.

Je redescend et ai la chance d'en voir un posé au sommet d'un manguier, qui s'envole aussitôt dans son arbre préféré, à la recherche d'aguacatillos, ces petits avocats. Le ballet continue un peu plus loin. Un couple voltige avec grâce suivis des longues plumes de leurs queues. On a l'impression de les voir en noir et blanc dans la brume matinale. Je descends juste sous l'arbre pour les voir de plus près. Leur vol est si gracieux. Nous patientons encore un peu mais finies les apparitions célestes.

DSCN7214Je rentre prendre mon petit déjeuner et Gabriela et Ruben, un couple guatémaltèque, m'invitent à leur table. Il est acteur de théâtre et fait des tournées dans tout le pays. Il a été censuré récemment par l'ambassadrice d'Espagne pour une pièce à fort message politique. Elle est danseuse traditionnelle. Ils me recommandent deux lagunas sur ma route vers le Petén.

Je pars ensuite prendre ma douche, pas vraiment froide, mais pas vraiment chaude non plus. Avec les 80% d'humidité et la fraîcheur des montagnes, c'est un vrai exploit. Je prends ensuite le petit sentier de randonnée aménagé par les habitants du Ranchito et que m'indique Andrea. Boueux à souhait, et bien moins balisé que celui du biotope. Je croise plusieurs cascades et prends un chemin de traverse. Un employé du Ranchito, venu couper du bois et régler le tuyau d'approvisionnement en eau potable qui puise à la source, me remet sur le bon chemin.

DSCN7222A mon retour, je trouve une famille de birdwatchers en pleine observation d'une femelle quetzal. Ils me prêtent gentiment leurs jumelles pour que je puisse voir l'oiseau de plus près. Cette fois, on voit bien son plumage vert et rouge et j'ai la chance de voir la femelle s'envoler et dévoiler son plastron rouge vif.

Je prends ensuite mon gros sac pour partir prendre un bus quand la femme m'offre aimablement une place à l'arrière du pick-up. Ils vont faire une halte dans une grotte avant de retourner sur Cobán où ils habitent depuis 8 ans avec leur quatre enfants blonds comme les blés. La grotte est complètement hors des sentiers battus. Nous grimpons une petite colline ayant une vue plongeante sur la grotte.

DSCN7228L'ouverture béante où descendent des stalactites est noyée dans le brouillard. Nous descendons précautionneusement le sentier glissant et réalisons alors qu'il ne s'agit pas de brouillard mais de fumée provenant d'une cérémonie traditionnelle maya tenue en langue kekchi où l'on brûle une sorte d'encens. La famille a pris six mois de cours et m'explique le déroulement de la cérémonie.

On offre bière, alcool, et nourriture aux dieux mayas. Des bougies disposées en étoile sont enflammées et une épaisse fumée monte vers l'ouverture de la grotte. Nous nous enfonçons un peu pour voir de plus près stalactites et stalagmites qui semblent façonnées avec des visages humains et sur lesquelles sont disposées des centaines de petites bougies allumées. Le spectacle est très inhabituel.

DSCN7229L'officiant s'adresse à nous et semble nous accueillir sans réticence dans sa communauté, d'autant que mes compagnons lui répondent en Kekchi. Nous ressortons au grand jour, le nez imprégné de suif. Je remonte dans le pick-up et tourne le dos à la route car, avec la vitesse, je ne voudrais pas perdre mes lentilles.

La famille me dépose à l'hôtel Acuña et me fait ses adieux. Je réserve une place dans le dortoir puis m'attable au resto car il est 14h et j'ai grand faim. Le serveur est tellement lent à prendre ma commande que je me lève pour trouver un autre resto. Je me dirige vers le Parque Central mais, ne trouvant rien qui vaille,m je pousse jusqu'au marché où je retourne à la boulangerie qui vend du pain complet. Ne retrouvant pas le vendeur de melon, j'achète deux bananes.

Je m'installe à un stand de jus de fruits où je prends un jus de fraise avec exactement 2 fraises dedans et beaucoup d'eau. Je sors mes ingrédients pour tartiner mon pain et finir la crème de tomate verte et basilic qui est censée être conservée au réfrigérateur après ouverture...

DSCN7231Je me rends ensuite à la ferme aux orchidées. Pas de soleil aujourd'hui mais la fatigue du lever matinal se fait sentir et j'ai les botte lourde de gadoue. L'endroit est un peu décevant car beaucoup d'orchidées ne sont pas en fleur. Il y a tout de même de très beaux spécimens dont la fleur nationale, la Monja Blanca.

Je me pose au café Tyrol pour prendre un cappuccino et suis rejointe par une Nord-Américaine du Mishigan qui aide depuis 11 ans une communauté perdue dans la jungle non loin de Lanquin. Elle a 66 ans et commence à fatiguer de ces voyages spartiates. Mais elle est heureuse de voir comment la communauté s'est développée, disposant aujourd'hui d'eau potable dans toutes les maisons, de lits, de panneaux solaires pour accéder à l'électricité et même d'un ordinateur pour l'instituteur !

Le temps tourne à la pluie et nous rentrons ensemble en taxi au centre. Je retourne à l'hôtel et passe une petite heure sur le portable de l'hôtel pour mettre à jour mes emails et mon facebook, pas plus longtemps car un Israëlien attend pour prendre la suite. Je m'installe ensuite au resto où je commande de délicieux raviolis à la sauce blanche avec des épinards frais et des champignons. Un vrai délice. A peine terminé, je vais au lit lire quelques pages puis sombre jusqu'au lendemain.

Publié dans Guatemala

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LAO.Nord 15/01/2010 16:57


Bonjour Andrée,

Un vrai plaisir d'avoir pu voyager avec vous et suivre ces passionnantes discussions. Bon retour à Antigua. De mon côté, j'arrive doucement vers Cancún et continue à voir des merveilles de sites
mayas.

Amicalement,
Eléonore


Andrée Laganière 11/01/2010 16:43


Bonjour Éléonore,
Justin est reparti hier pour les E.U. mais se réjouit avec moi, par procuration, de ton succès à débusquer le mystérieux quetzal. Je continue de suivre ton périple avec envie et fascination.
Et, bien nos excuses, pour ces byzantines discussions d'ordre linguistique!
Prends bien soin de toi,
Andrée et Justin