La décharge ou le projet a commencé

Publié le par LAO.Nord

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Phnom Penh, mardi 18 mai,

 

Levées 5h20. Cette fois, nous nous organisons pour alterner douche et petit déjeuner et arrivons en bas de l'hôtel bien a l'heure. C'est notre chauffeur qui n'y est pas. Nous l'appelons a deux reprises sur mon portable et il arrive finalement avec un quart d'heure de retard. Nous sommes a peine en retard de 5 a 10 minutes a l'arrivée mais nos trois amis ne sont pas la. Nous passons les chercher a la guesthouse mais ils ne répondent pas. Nous revenons a la boutique et les y trouvons. Ils finissaient leur petit déjeuner juste en face au Lotus Blanc.

 

Nous partons en tuk-tuk accompagné par une jeune fille travaillant a la boutique. Nous sommes bien tassés a 6 la dedans surtout avec nos formats occidentaux. La jeune Cambodgienne a des hanches qui font la moitié des nôtres. Nous retournons dans le quartier de Sokleng. Nous nous arrêtons d'abord au centre de distribution de rations alimentaires de PSE aux familles qui vivent a coté de la décharge et dont les enfants sont pris en charge par PSE.

 

DSCN2160Dans le centre, se tient aussi un jardin d'enfant pour les plus petits qui ne peuvent pas se rendre jusqu'au centre de PSE trop loin pour eux. Les petits bouts de choux font la queue pour leur petit déjeuner après s'être lavé les mains a l'eau. D'autres se font soigner bobos et plaies par deux infirmières. D'autres encore font de petits exercices de gymnastique du matin en comptant en Anglais jusqu'à dix. Tous sont en uniforme, trop craquant. Nous laissons chacun un petit mot sur le livre d'or.

 

Nous nous rendons ensuite sur la décharge qui n'est plus en activité aujourd'hui car une nouvelle décharge a été aménagée au Sud de la ville. Les ordures sont toujours la cependant et les maisons sont construites tout autour. Certains on vue mer, d'autres vue montagne, ici on a vue décharge. Des coqs et poulets se baladent a l'envie dans ce paradis de la saleté et des sac plastiques. Il n'y a plus aujourd'hui les centaines de chiffonniers comme au temps ou l'association s'est créée. Nous en voyons néanmoins deux opérer de loin.

 

DSCN2162Nous mettons pied sur cette substance molle au travers laquelle on distingue un petit sentier emprunté par les chiffonniers. Tout le monde est silencieux et se recueille visualisant l'horreur du travail opéré jadis par les enfants et leur famille pour se nourrir, récupérer quelques bricoles. Il faut s'imaginer l'odeur pestilentielle qui devait régner ici, la chaleur insupportable, accrue par le fait que la décharge était en perpétuelle incandescence pour brûler les ordures, le danger de se blesser les pieds ou de se brûler. Nous avons d'ailleurs croisé sur le chemin une petite fille au visage entièrement brûlé. Nous ignorons la raison de ses brûlures mais vraisemblablement un sordide accident.

 

Nous retournons au centre. Il est tout juste 8h10 mais je n'ose pas interrompre une fois encore le cours de Sopheak. Je vais donc a mon bureau ou je m'accorde une petite heure de répit avant de commencer la journée pour légender mes dernières photos de Chine qui viennent d'arriver. Cela me prend finalement deux heures.

 

DSCN2166Lulu vient me voir pour prendre de mes nouvelles et taper un peu la discute. Elle a bossé comme une tarée ce week-end pour occuper les enfants restant au centre pendant les quatre jours de congé. Elle est d'abord venue pour quelques mois puis elle a monté de toute pièce un projet pour occuper les enfants restant au centre le soir après les cours.

 

Jusqu'à présent, il n'y avait qu'un peu de sport. Elle a lancé des activités culturelles et artistiques. Lulu n'a pas trop fait d'études mais elle a son BAFFA et a toujours travaillé dans ce domaine qui la passionne. Elle vise a mettre en place le projet puis passer la main a un Cambodgien qui sera plus a même de communiquer avec les enfants et trouver les points d'intérêt proches de la culture locale.

 

Elle retourne travailler et j'attaque enfin ma journée de travail. Je continue a étudier les bouquins et a les recenser. J'identifie les thématiques manquantes, les besoins en termes de matériel pédagogique. Il est bientôt, l'heure d'aller déjeuner et je me fais appeler pas Sophiek a 12h03 car tout le monde m'attend. C'est vrai qu'il fait faim après le petit dej de 5h30.

 

Nous déjeunons avec Rithy, Sopheak et la bande d'étudiants français. Nous commençons a connaître les plats. Nous faisons une razzia sur la viande. Sopheak a passé tout son temps au téléphone et il ne lui reste presque plus rien. Nous recommandons un plat pour lui.

 

Apres déjeuner, je retourne dans mon bureau et travaille cette fois avec plus d'acharnement. Plongée dans les bouquins, je suis interrompue par Mathilde qui vient s'installer dans mon bureau pour profiter de la clim. Nous travaillons silencieusement quand les trois étudiants reviennent d'une réunion avec Sopheak et Vibol et nous parlent de leur projet qui semble avoir évolué vers l'élaboration de travaux dirigés de marketing avec les élèves en petits groupes. Plus de cours de Français au programme.

 

La discussion s'enflamme et je chasse gentiment tout se petit monde pour continuer a travailler au calme. J'ai des questions pour Sopheak mais quand je passe a son bureau, il est en réunion. Je lui laisse un message pour en discuter demain. Je travaille sur un complément d'information sur la gestion de projet et commence a regarder un sujet sur la tenue de réunions.

 

Mathilde passe me chercher et nous retrouvons notre chauffeur. Nous lui demandons de nous déposer au marché Olympique non loin de chez nous car Mathilde a besoin d'un carnet et d'un sac a dos. Le marché est en plein chambardement avec des cartons de livraisons en travers du chemin, des portefaix manquant de nous renverser avec de grands rouleaux de tissus. Nous allons ensuite au stade olympique ou je veux montrer a Mathilde les cours de gym en plein air mais un orage se prépare et il n'y a visiblement pas cours ce soir.

 

Nous traversons une pagode qui mène a notre rue. Je pensais qu'il s'agissait de la pagode voisine de notre hôtel mais je me suis embrouillée et nous devons remonter toute notre rue. Mathilde qui n'aime visiblement pas trop marcher, traîne un peu la patte et me demande régulièrement si c'est encore loin. Je m'arrête dans un café Internet climatisé et ultra-moderne juste au bas de notre hôtel tandis que Mathilde retourne dans une petite boutique ou elle a repéré une jupe qui lui plaisait.

Publié dans Cambodge

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