La gaffe

Publié le par LAO.Nord

DSCN2060Phnom Penh, vendredi 14 mai,

 

Levée 8h30. J'affrète le chauffeur de l'auberge pour qu'il me conduise chez PSE. Je demande a l'aubergiste ce qu'il est souhaitable d'apporter en cadeau pour une telle occasion. Nous tombons d'accord sur des fruits. Sam, mon chauffeur, m'arrête au  vieux marché et je compose un ensemble de longans (oeil du dragon en Chinois), mangoustans, ramboutans, encore appelé litchi chevelu, fruits du dragon, oranges. Sam juge cela amplement suffisant.

 

Phalla est la pour m'accueillir avec le frère cadet de Sokleng, venu en motorbike pour m'emmener. Nous partons a travers les petites ruelles étroites et non pavées. La maison de Sokleng est faite entièrement de tôle ondulée. La cour est jonchée de débris. Deux grands lits en bois devant la maison servent a la fois de table, de lit, et pour l'instant de plan de travail pour la cuisine.

 

DSCN2061Sokleng et sa mère travaillent d'arrache-pied. On broie de minuscules poissons auxquels on ajoute du sel pour en faire une sauce qui accompagnera les légumes. Sokleng pleure après avoir épluché les oignons qu'elle fait frire dans une poelle placée un un réchaud au centre duquel elle a déposé des braises.

 

Piseth et Phalla, deux étudiants de la classe de Sokleng qui vivent en permanence chez PSE, ainsi que les deux frères de Sokleng dont l'un est aussi dans la même classe et l'autre en classe préparatoire, me tiennent la conversation. J'ai la place d'honneur, assise sur la table. Les garçons doivent se contenter de petits tabourets en plastique. Je suis la première hôte étrangère de la maison.

 

Le déjeuner est délicieux. Piseth et Phalla me font répéter le nom des légumes en Cambodgien et que j'oublie aussitôt. La maman veille a ce que je reprenne de tout. Je laisse une petite place pour le dessert. Les fruits que j'ai apportés sont délicieux. Je goûte a tous ceux que je ne connais pas. Les longans ressemblent a des grains de raisin très sucrés, entourés d'une fine écorce brune avec un petit noyau noir au centre. Les mangoustans, a l'épaisse écorce couleur prune, ont une chair blanche et juteuse, très sucrée, divisée en petits quartiers. J'apprends qu'il ne faut surtout pas ajouter de sucre car sinon elle devient toxique. Pour finir, les ramboutans qui ressemblent a de petits oursins rouge vermillon et vert, offrent encore une chair blanche et sucrée proche des litchis. La maman a aussi préparé un dessert un peu gélatineux a base de lentilles et fort bon.

 

DSCN2062Nous discutons encore un peu puis c'est l'heure de la sieste. Je pique deux petits roupillons. La encore j'ai la place d'honneur pres du ventilateur. La chaleur est a peine tenable. Nous attendons que ça rafraîchisse un peu avant de bouger. Mes jeunes amies s'assurent que je ne m'ennuie pas. Je demande a aller aux toilettes et Sokleng me montre le chemin et va jusqu'à nettoyer intégralement l'endroit juste pour moi. C'est rutilant.

 

Nous prenons ensuite les bicyclettes. J'emprunte celle de la jeune soeur de Sokleng qui monte sur le porte-bagage derrière son aînée. Nous roulons en direction du Stade Olympique. Pas évident de manoeuvrer dans les étroites ruelles en terre et a angles droits, je manque de peu de me prendre un mur pour commencer. Sokleng passe devant pour m'indiquer le chemin, Phalla passe derrière ou a coté de moi, me soufflant quand tourner a gauche et m'aidant a déboîter. Tout se déroule pour le mieux, même si je suis un peu tendue par la circulation a multiples courants et sans lois. J'ai encore pris une bonne suée.

 

DSCN2066Au stade, nous nous posons a l'ombre, en haut des marches, après avoir laissé nos bicyclettes au parking. On domine toute la ville et jouit d'une petite brise très appréciable après la forte chaleur de la journée. Il n'y a pas encore beaucoup de monde avant 17 heures. On nous distribue un prospectus que je garde bien précieusement pour mes exemples de marketing direct.

 

A 17 heures, les cours de gym commencent. Deux baffles, un prof et une nuée de femmes pratiquent un genre d'aérobic alors qu'il fait encore bien chaud. Les groupes de sport se succèdent tout autour du stade. Au centre, les coureurs font le tour des gradins. Je n'imaginais même pas que la course a pied soit un sport pratiqué ici. Les familles déambulent, prenant "le frais". Le spectacle de manque pas de charme et nous amuse beaucoup.

 

DSCN2067J'appelle mon chauffeur pour qu'il vienne me chercher. Mes amies m'accompagnent pour l'attendre. Pour les remercier de la journée, je ne peux m'empêcher de leur faire l'accolade a l'Américaine, réalisant un peu tard que ce genre de spontanéité, même en provenance d'une Occidentale, n'est sûrement pas de mise ici. Je m'arrête sur Internet ou je poste deux articles.

 

Je suis sur Facebook quand je vois arriver Piseth et lui demande étonnée ce qu'il fait ici. Il est accompagné du frère de Sokleng. J'ai gardé le ticket du parking a vélo et les filles n'ont pas pu retirer la bicyclette que j'avais empruntée. Ils ont laissé des messages et appels en absence sur mon portable qui était malheureusement en mode silencieux. Le parking est maintenant fermé pour la nuit et il va falloir payer 5000 Riels pour récupérer la bicyclette demain.

 

Je suis plus que confuse et désolée de leur avoir causé tant de complications. Je propose de les inviter a dîner ou a boire un verre pour me faire pardonner mais tout ce qu'ils veulent c'est rentrer au plus vite. Ils passent tout de même repérer ou est ma guesthouse, n'osant même pas rentrer, puis ils rebroussent chemin. Je suis complètement dépitée. Je commande de la purée et des légumes avec une bière puis retourne sur Internet proposer a Mathilde de se retrouver le lendemain pour une journée de visite en tuk-tuk. Marché conclu. Je rentre me coucher et appeler Sokleng pour m'excuser.

 

Publié dans Cambodge

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