Lava

Publié le par LAO.Nord

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Antigua, mercredi 9 décembre,

Levée 6h40. Ce matin, je suis bien réveillée et jouis du calme des rues et de la clarté de l'air, à cette heure matinale. Leanne est à l'heure au rendez-vous et je la conduis à Nuestros Ahijados. Je lui fais faire le tour, puis l'emmène à Casa Jackson. Je lui fais faire le tour du propriétaire puis vaque à mes occupations.

Le bain d'Alex est une vraie catastrophe. Il n'y a pas de trépied pour la baignoire et je suis pliée en deux pour le laver. Son petit corps n'a aucune tenue et sa grosse tête ne cesse de plonger. Le moment du shampooing est fatidique. Sa tête glisse et il se retrouve entièrement sous l'eau. Je le sors illico, il est en larmes. J'enchaîne, en lui renversant la moitié de la bouteille de shampooing. Il en a plein les yeux et la baignoire est toute jaune ! Je le rince aussi vite que possible, luttant toujours avec le poids de sa grosse tête. Je le sors vite fait de sa séance de torture.

DSCN6555C'est ensuite le tour de Claudia, qui semble détester violemment l'eau. Elle trépigne et ce n'est pas de tout repos. Nous rhabillons les enfants, changeons les draps, puis allons enfin jouer ! Sur le matelas, au deuxième étage, il y a foule. Après être restée un moment à jouer avec Alex, José et Maria, je redescends coucher Alex.

Je trouve le neuropraticien en train d'observer le comportement d'Esvin (au début, j'ai pensé que c'était peut-être son papa et je ne le trouvais pas très chaleureux avec lui...). Pendant les neuf premières années de sa vie, personne ne s'est inquiété de ses attaques d'épilepsie et son développement s'en est trouvé largement altéré. Son mutisme et son impossibilité à marcher ne sont pourtant pas irréversibles, pourvu qu'on s'occupe de lui correctement.

DSCN6596Le praticien s'occupe aussi de Lisa, dont les jambes tendent systématiquement à se croiser au lieu de rester parallèles. On lui a fait des examens pour déceler la cause de ce problème qui l'empêche de marcher et de se tenir assise, mais on n'a pas encore les résultats.

Je remonte au deuxième étage, où une volontaire a installé Jessica, pour une fois. Celle-ci est toute heureuse sur ce nouveau terrain de jeu. Elle peut même faire du toboggan ! Je lui donne à manger sa soupe, ce qui prend une éternité. Je la laisse ensuite jouer, pendant que je descends son assiette.

DSCN6614J'apprends alors par Vera qu'il y a eu des vols dans le vestiaire et qu'ils ont appelé la police. On va nous fouiller. Nous sommes bloqués ici jusqu'à l'arrivée des policiers. Je suis bien contrariée, juste le jour où j'ai réservé mon excursion au volcan Pacaya, je ne voudrais pas rater ça !

Je déclare les 300 Quetzales qui m'ont été dérobés la semaine passée, me fais fouiller par Corinne, puis on nous laisse finalement partir. Dans la panique et la contrariété, j'en oublie Leanne, qui est restée à Casa Jackson. Je prends un tuk-tuk avec Sophia, qui, elle aussi, a eu 1100 Quetzales de dérobés la veille.

Je raconte à la famille les raisons de mon retard, déjeune en quatrième vitesse, vais acheter un petit snack pour l'excursion, enfile mes chaussures de rando et boucle mon sac. Me voilà prête pour le Pacaya. Dans le mini-van, je discute avec Amy, une voisine new-yorkaise qui étudie l'Espagnol.

DSCN6618Arrivés au pied du volcan, nous sommes assaillis par une foule de bambins, vendant des bâtons de marche, et une troupe de cavaliers, essayant de nous décourager de marcher. Nous attaquons la montée au pas de course, suivis de très près par les chevaux, au point que nous devons demander à notre guide, Roberto, de les éloigner. Deux Nord-Americains craquent pour une monture.

Le rythme des marcheurs s'installe finalement. Nous faisons cependant beaucoup de pauses pour attendre les retardataires. Nous devons marcher groupés à cause des risques d'attaques de marcheurs isolés. Nous marchons dans la cendre volcanique molle. Après une petite heure dans les nuages, nous découvrons le cône du volcan. Nous distinguons les coulées de lave séchée des différentes éruptions, la plus récente datant d'il y a trois ans.

Le cône fume "gentiment" semble-t-il. Nous grimpons sur la lave séchée. Pas intérêt à s'agripper au sol pour s'aider, sous peine d'égratignures. Les bâtons sont là pour ça. La montée se fait plus raide. Nous découvrons le volcan Agua qui se dégage, au coucher du soleil. Nous avons même un rapide aperçu de l'Acatenango.

DSCN6620La montée reprends de plus belle. Plus que trois minutes, me disent des marcheurs qui redescendent. Surprise à l'arrivée, m'annonce un guide. La chaleur se dégage du sol. Nous quittons le sentier pour monter sur la couche de lave séchée. Par endroits, ça rougeoie sous nos pieds. Nous y voilà.

La coulée de lave serpente, rouge et jaune, luminescente à la tombée de la nuit. Elle noircit un peu par endroits au contact de l'air plus frais. Nous sommes à quelques mètres à peine. Des bouffées de chaleur viennent parfois nous fouetter le visage. Certains tentent de cuire du pop-corn ou des marshmallows.


La nuit tombe vite et la visibilité baisse déjà. Nous nous pressons de regagner le sentier. Ma lampe torche péruvienne n'a aucune sorte d'utilité. Je marche à tâtons dans le noir, suivant de près deux Australiennes mieux équipées. Je tombe néanmoins à deux reprises, me faisant un beau bleu à la fesse et une éraflure au poignet. Je finis par rallumer ma lampe, alors que nous avons déjà rejoint la cendre volcanique. Elle ne fonctionne finalement pas trop mal. Je l'avais allumée un peu tôt. Au crépuscule, son halo se voyait à peine.

DSCN6625Au retour, nous prenons un autre chemin, plus long mais plus sur. Les attaques ici sont monnaie courante et le flanc du volcan que nous descendons est plus proche des villages. Nous reprenons la route, assommés par la fatigue de notre randonnée nocturne. Une Japonaise, mariée à un Allemand, raconte à un Nord-Américain curieux les spécificités de la culture japonaise. Elle est passionnante.

Nous sommes heureusement déposés à notre porte et je trouve le petit sandwich jambon-mayo que m'a préparé Dolores, qui m'attend sur la table de la cuisine. Je n'aurais vraiment pas eu le courage de ressortir dîner. Je m'écroule sur mon lit.

Publié dans Guatemala

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