Mes nouveaux amis Chinois

Publié le par LAO.Nord

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Zhaoqin, Wuzhou, jeudi 11 mars,

Je mets le réveil pour me lever pas trop tard et arriver à la gare à une heure décente pour avoir un bus pour Wuzhou. Je passe à la boulangerie racheter le super pain d'épice et pain de mie complet, puis arrête un taxi. Je n'ai pas d'idéogramme pour demander la gare de bus. Je sors mon guide et trouve l'idéogramme gare, qui, je suppose, veut dire gare de chemin de fer, et sors mon petit calepin pour dessiner un autobus, puis une voie ferrée barrée. Mon chauffeur, qui a une patience d'ange, semble avoir compris. Je doute fort, en moi-même, qu'il m'amène au bon endroit mais au moins ils devrait m'emmener dans un endroit où il y a du monde qui parle Anglais, enfin j'espère, c'est le pari que je prends.

Il me dépose dans une gare qui ne ressemble pas du tout à celle où je suis arrivée. Je vais au guichet et la femme me fais signe de m'adresser deux guichets plus loin, où la jeune femme parle un peu Anglais. Sauvée ! Je ne suis bien sûr pas au bon endroit. Je demande à la jeune femme de me répéter plusieurs fois gare de bus de Zhaoqin en Chinois et de me l'écrire en idéogramme pour le taxi.

DSCN0512Le nouveau taxi semble avoir compris mais pas sûr. Il m'emmène bien loin je trouve. Nous passons devant une gare de bus et je lui fais signe que c'était là, il me dit que non et continue, je m'inquiète car il prends une voie express dont je ne me souviens pas du tout, je commence à m'inquieter de savoir où il m'emmène, pas jusqu'à Wuzhou en taxi, ça ferait cher la course ! Mais non, c'est un taxi très sérieux et il me depose à bon port.

J'ai de la chance, le prochain bus pour Wuzhou part à 10h05, je n'ai presque pas d'attente. Nous longeons le fleuve Xijiang tout le long du trajet, avec enfin de jolis paysages de campagne chinoise, quelques petites montagnes commencent à se dessiner, de la végétation, parfois quelques jolies maisonnettes en briques rouges avec les toits traditionnels en tuiles, des fermiers bêchant la terre en collectivité.

DSCN05173 bonnes heures plus tard, nous arrivons à Wuzhou qui, au premier abord, semble une ville moderne et moche. Je consulte mon guide et une chauffeuse de taxi veut m'emmener, je lui donne la priorité et suis encore l'attraction de toute la file des taxis qui vient me voir. Je monte à bord et nous traversons la ville, qui n'est pas si mal que ça, au bord du fleuve.

Je suis dans un hôtel en plein centre ville. J'ai le choix entre 3 standings de chambres et prends la moins chère à 4,80 Euros avec salle de bain et vue sur cour, plus exactement vue sur l'arrière d'un affreux building, ce que je préfère tout compte fait à vue sur la rue bruyante pour 6,90 Euros ! Je demande à ce qu'on m'indique les différentes curiosités de la ville. Dommage, la réserve de serpents est fermée, ça avait l'air marrant.

Je pars pour le mémorial de Sun Yat Sen, encore un. Je m'arrête en route dans un petit resto sans prétention. La serveuse me recommande chaudement le premier plat du menu à 28 Yuans, soit 2,80 Euros. Allons-y à l'aveuglette, je lui fais confiance.

DSCN0519Elle m'apporte une sorte de plat composé de spring oignons, ça c'est sûr, mais les autres trucs qui flottent dans la sauce, j'hésite fanchement entre mollusque, algue, champignon, serpent, hippocampe, mon dieu j'imagnine le pire. C'est visqueux, assez épicé. J'avale quelques portions, mais le plat est énorme et je ne suis vraiment pas fan de cette texture visqueuse, quand j'ai presque un haut le coeur, c'en est trop. Je prétends que c'est trop épicé pour moi. Bien évidemment, tout ce temps là, tous les clients du restos ont les yeux braqués sur moi. Des clients qui étaient en face de moi et se lèvent, m'ayant vue me moucher 3 fois, me disent "not too strong ?" et voilà comment m'en sortir, yes, yes too strong.

Je sors du resto encore la faim au ventre, mais que faire, tester une autre spécialité hasardeuse. Tant pis. Je grimpe au mémorial qui est fermé. Un Chinois, qui m'a vue arriver, fait tout un foin, tambourine à la porte, gueule comme un putois. Je m'éloigne un peu, allant voir la vue sur la ville, pas terrible, puis reviens, découvrant qu'il a dû demander au gardien du musée, qui devait faire sa sieste, d'ouvrir pour la touriste de la journée, voire de la semaine, du mois ou même de l'année.

DSCN0520Le gardien s'avère parler Anglais et avide de pratiquer. Il me tchatche un moment puis me laisse visiter le musée. Encore des photographies dont je zappe cette fois les commentaires. En sortant, ils me montre ses photos de vacances plastifiées du Vietnam puis me propose de m'emmener voir des singes, je dis que non, mais il insiste. Il me dit que c'est près du temple de la mère du dragon, que je comptais visiter ensuite. Allons-y.

Il abandonne une nouvelle fois son musée et nous voilà partis sur la colline voisine. Il m'emmène dans un temple où il y a des nonnes bouddhistes. En fait par monkey, il voulait dire monk ! L'entrée du temple de la mère du dragon est fermée. Il voudrait bien me faire visiter la ville ce soir et m'emmener dîner mais je préfère esquiver.

DSCN0522Je pars, au hasard des rues, m'enfonçant dans une ruelle un peu traditionnelle, mais pas bien sympathique, et me rabats sur une grosse artère. Je vais jusqu'au fleuve admirer le pont bleu et rouge. Je continue ma ballade dans des rues dont l'architecture me semble étrangement familière, un petit côté Européen, pourquoi pas victorien ? Je trouve un panneau qui dit, en effet, que je suis dans un vieux quartiers, où se tenaient les commercants dans les années 1920.

Je repasse par l'hôtel et avise ce qui ressemble à une poste et est en fait la banque postale. On m'indique la vraie poste mais là, pas facile en 100% Chinois. Ils ne veulent pas mettre mon DVD et ma carte postale dans une enveloppe et veulent me refourguer une boite en carton beaucoup trop grande et surtout du poids supplémentaire. Pas question, je lâche l'affaire.

 

DSCN0524Je refais un tour et découvre une promenade au bord du fleuve. Je retourne dans une petite rue du vieux quartier et tombe sur une jolie boutique de pierres décoratives pour appartemments, thé et théieres, décorée avec beaucoup de goût. Je demande au commerçant, en train de boire le thé avec un ami, si je peux prendre une photo de la boutique. Il me dit que oui et me propose de me joindre à eux pour le thé. Il ne parle pas trop mal Anglais. Nous discutons un moment et il me demande à devenir mon ami sur qq. Il me propose ensuite de m'inviter à dîner si j'ai le temps. J'accepte. Il appelle une de ses amies qui parle mieux Anglais que lui pour se joindre à nous. Son ami va chercher sa voiture, trop classe.

Nous voilà partis. Nous prenons une amie qui sort du bureau, puis une autre, et nous sortons de la ville, à la lisiere de la campagne, dans un charmant petit restaurant traditionnel. Petites maisons individuelles sur pilotis. On dîne dans une salle privée, comme je l'ai déjà vu dans d'autres restaurants un peu chics. Je prends quelques photos pendant qu'ils commandent. On commence par quelques amuse-gueules. Je commence à les faire rigoler en envoyant une cacahuète par terre avec mes baguettes. Ils me disent qu'on peut demander des couverts pour moi mais il faut que je m'entraîne.

DSCN0527Je goûte à la papaye vinaigrée, que je préfère nettement à la papaye nature. Ensuite, c'est l'entrée. On enfile des gants en plastique et on arrache un morceau de poulet que l'on dévore à belles dents. On apporte des braises à mettre dans le poëlle qui est au centre de la table. On place un grand plat par dessus.

Arrive un énorme poisson qui faisait 3 kg à l'origine. On lui a retiré la tête pour faire une soupe que l'on nous servira après, très bonne pour la santé, les maux de tête, surtout pour les femmes. Lucy, c'est le nom Anglais de la femme qui parle très bien Anglais car elle a vécu à Singapour, Lu Hong en Chinois, me découpe gentiment une part de poisson. Manger avec les baguettes est une chose, se couper une portion dans le plat en est une autre. Pas facile pour enlever les arrêtes... J'ai beaucoup de dérogations sur le code de bonne conduite, en tant qu'étrangère.

DSCN0534Je goûte à la soupe de poisson, pas mauvais, mais bon, les petits morceaux de tête un peu gluants qui flottent dedans, je les mange un peu à contre-coeur. Le plat suivant, j'adore. Une sorte d'herbe cueillie dans les bois, sûrement avec quelque vertu médicinale, et que l'on plonge dans la sauce du poisson pour la faire cuire. J'en reprends à plusieurs reprises. Je bois beaucoup de thé mais c'est très bon pour la digestion et ça n'empêche pas de dormir apparemment.

Nous retournons ensuite à la boutique pour une nouvelle cérémonie du thé, encore un thé différent bien sûr. Toujours exquis. Puis, Jack, c'est son nom Anglais, Dai son nom Chinois, ouvre une bonne bouteille de vin rouge chinois Cabernet-Sauvignon. Il a les verres adaptés et tous semblent accoutumés à déguster du vin. Celui-ci est d'ailleurs très bon. J'apprendrai plus tard qu'il coûte environ 200 Yuans !

Nous passons une très bonne soirée et je me sens vraiment privilégiée d'être accueillie de la sorte. Jack ouvre une deuxième bouteille d'un autre vin chinois malgré mes multiples tentatives pour dire que ca suffit. Jack et Lucy me montrent des photos du Sichuan à couper le souffle et m'écrivent en Chinois et en pinjin les noms des lieux. Vers minuit, nous nous séparons. Nous nous donnons rendez-vous, pour boire le thé au lait de soja sans lequel on ne peut pas déclarer avoir vu Wuzhou, à 8h30 le lendemain matin, comme l'a suggéré le cousin de Lucy.

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