Neige sur Songzalin, sorte de mini-Lhassa

Publié le par LAO.Nord

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Shangri La, mercredi 7 avril,

 

Levée 8 heures. Bonne douche chaude. Christian et Joseph partent tout de suite au Monastère tibétain de Songzanlin tandis que je prends mon temps. Je prends un bon petit déjeuner de yaourt, bananes et muesli avec un expresso puis passe déposer mes vêtements à la laverie. Je change mes baskets pour mes godillots, enfile toutes mes polaires l'une sur l'autre, ma parka, mon bonnet, mon écharpe et mes gants, que je n'ai pas du mettre depuis l'Equateur.

 

Il neige ce matin et le froid est mordant mais cela donne a la ville un aspect absolument charmant. Je prends a mon tour le bus pour le monastère. Tous les sièges sont crevés. A bord, montent des femmes en tenues traditionnelles, coiffe rose fuschia, pantalon noir sur lequel s'ajoutent une jupe noire et un tablier bleu dur. Les visages sont plus burines, plus ronds, les yeux davantage brides.

 

DSCN8999On me dépose au guichet ou je paye mon entrée, toujours ce racket habituel ou l'on paye l'entrée de sites naturels, villes, villages, des prix astronomiques au regard du pouvoir d'achat chinois, et ou l'argent ne va très probablement pas aux villageois ou habitants de la région, mais vraisemblablement dans la poche de quelque fonctionnaire. Toujours un grand moment de plaisir.

 

Une navette me dépose dans un charmant Lhassa miniature. Petit village de terre beige, ferme par une enceinte, domine par plusieurs temples tibétains. Je retrouve le sourire et suis même sur un petit nuage. Je monte le grand escalier sous la neige, traversant les ruisseau d'eau boueuse et gelée qui dévalent les pentes, et m'aperçois par la même occasion que ma chaussure droite prend complètement l'eau. Par le temps qu'il fait, j'ai vite le pied trempe et gelé. Heureusement, je m'active et met met régulièrement à l'abri a chaque visite de temple qui se succèdent tous les cent mètres.

 

DSCN9003Les temples tibétains sont splendides et bien différents des temples chinois. On sent une forte influence indienne. Les intérieurs sont entièrement peints de fresques de couleurs vives rouge, orange, vert, jaune, bleu turquoise, remplis de tentures et de bouddhas. Des bonzes en tenues rouge sombre déambulent. Certains, les bras nus dépassant de leur tunique ! D'autres ont tout de même enfile un châle assorti a leur tunique sur les épaules. Je les entends chanter et prier avec des sons gutturaux. L'appel à la prière se fait au bruit du gong. Tous les moines accourent, se réunissent sur les bancs du temple, récitent quelques incantations, puis se dispersent a nouveau.

 

L'architecture est tres simple. Les maisons et les temples sont fait en pisé. Les fenêtres ont un contour noir. Les portes sont en bois peint en rouge. Devant l'entrée des temples, de grandes tentures brunes ornées de motifs blancs traditionnels, protègent du froid.

 

DSCN9023Mon tour de la ville termine, je remonte a bord du bus qui traverse la campagne enneigée. Je descends avant la vieille ville, ayant aperçu un marche alimentaire. Je m'y arrête pour déjeuner au milieu des locaux bien étonnés. Je commande un gros ravioli et une excellent soupe de nouilles qui achève de me réchauffer, entre le bouillon brûlant et les épices.

 

Je reprends un bus puis repasse à l'hôtel pour un café, espérant retrouver Joseph et Christian, a qui je dois 40 Yuans pour la chambre. Je patiente en me connectant sur Internet, je lave mes grosses chaussettes de ski dans l'eau glacée du lavabo et les mets a sécher dans le jardin, le beau temps étant revenu. Je discute un peu avec Martin, un Norvégien qui partage mon dortoir pour la nuit et attend l'ouverture du PSB pour aller faire renouveler son visa chinois.

 

DSCN9041Mes amis repassent juste a temps pour aller prendre leur bus pour Lijiang. Je me dirige ensuite vers la vieille ville sous un grand ciel bleu. Je tourne dans les petites ruelles jusqu'à atteindre le temple Da Gui Shang et l'énorme moulin a prière qui dominent la ville. Les petits drapeau de prière volent au vent. Au sommet, on a une vue superbe sur les toits de la vieille ville et les montagnes couvertes de neige tout autour.

 

Je redescends et vais a l'aventure dans les rues de la vieille ville pas bien étendue. Je fais ensuite plusieurs magasins de trekking ou les fausses chaussures de marche ne font pas vraiment l'affaire malgré de nombreux essayages. Soit elles sont raides comme du bois et m'entament le tibia, me rappelant de bonnes vieilles chaussures de ski, soit elles sont tellement souples qu'a la première pierre qui roule, je suis bonne pour une entorse. Je lâche l'affaire et rentre a l'hôtel mettre a jour mon blog avec les trois derniers jours de trek.

 

DSCN9057Je vais ensuite dîner avec Martin. Impossible de retrouver le resto de la veille malgré la carte. Nous en essayons un dont la spécialité est le fromage de yak, que nous testons en apero avec un petit verre de vin rouge local, plus proche du jus de fruits que du vin, mais pas désagréable. Nous changeons ensuite de resto car la viande yak du menu est en rupture momentanée.

 

Nous trouvons un sympathique resto tenu par un Nord-Américain et sa femme chinoise, qui a acheté la maison il y a quelques années. Nous testons une intéressante combinaison de steak de yak avec sauce a poivre vert. Après ce bon repas, Martin m'offre un petit morceau de chocolat local, pas mauvais du tout. Martin voyage pendant quelques mois en Asie du Sud-Est. Il n'a fait qu'une année d'étude pour l'instant et a pris une pause cette année travaillant la nuit pour s'occuper des vieillards afin de mettre l'argent de cote pour son voyage.

 

DSCN9105La cote jusqu'à l'hôtel nous coupe le souffle. Nous restons encore un moment dans la salle commune, bien au chaud, a discuter avec un couple de Belges, voyageant à vélo et ayant fait un périple assez édifiant jusqu'à Deqin ou je comptais aller, mais il faut 72 heures de bus sans dormir et un détour de 500 kilomètres dans les montagnes, accompagnes de glissements de terrain, pannes du véhicule, a cause de la route en travaux et de la météo. Je pense que je vais plutôt repiquer vers le Sud des demain.

 

Un couple d'Australiens d'un certain âge est accompagne d'une guide chinoise qui n'a pas sa langue dans sa poche et nous raconte avec beaucoup d'humour son premier  dîner en Europe, nous expliquant qu'elle croyait ne jamais voir arriver le plat de résistance entre les biscuits apéritifs, la soupe, la salade, et les heures passées à discuter ! En effet, les Chinois commandent tous les plats en même temps, sucre, sale, légumes, viandes, poissons, riz, et la soupe en dernier. Ils ne s'éternisent pas non plus a table et s'en vont des qu'ils ont termine.

 

Nous allons finalement nous coucher alors qu'il est déjà minuit. Dans le dortoir, pas de lit chauffant et je m'installe au fond de mon duvet. Je discute encore un moment avec Martin qui me raconte son trajet en transsibérien depuis Moscou et ses quelques jours en Mongolie.

Publié dans Chine

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