On our own !

Publié le par LAO.Nord

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Latacunga, vendredi 6 novembre,

Levée 7h15. Nous nous activons pour la rando. Petit dej dans le patio. Le guide vient nous chercher. Nous nous arrêtons pour récupérer le pique-nique. Mais le Land Cruiser ne veut pas redémarrer. Nous poussons la voiture au milieu d'un rond-point. Nous repartons. Nous nous arrêtons à nouveau dans un village pour acheter de l'eau. Puis nous prenons une route non asphaltée et chaotique en direction du volcan. Petite église blanche au pied de la montagne.

Le guide manoeuvre pour laisser la voiture en descente face à la pente au cas où elle ne redémarrerait pas au retour. Le ciel est entièrement dégagé. Nous avons une vue magnifique sur les Illinizas et apercevons au loin le Chimborazo. Nous commençons la rando. Le souffle un peu court. Nous sommes à plus de 4000 mètres. Le guide est à la traîne. Mon colloque hollandais, gros fumeur, ayant bu au moins trois bières la veille, abandonne au bout d'un petit quart d'heure de marche.

DSCN4928Quelques centaines de mètres plus loin, notre guide, qui sort d'une bronchite ou d'une angine, abandonne lui aussi. Nous voulons récupérer le pique-nique mais il se propose de nous l'apporter à son rythme. Il nous donne des instructions pour arriver au glacier. Le chemin semble assez limpide.

La pente est faible. Nous avons une vue magnifique sur la face Sud du volcan. Nous croisons une colonie de lamas bien paisibles. Nous continuons à monter et l'herbe du Páramo s'efface progressivement pour laisser place à un sorte de gravillons de roche volcanique. La végétation disparaît totalement à l'exception de quelque tâches jaune vif de pissenlits ressortant sur le sol noir. Le sol devient de plus en plus fin. Nous marchons dans une sorte de poudre de cendres volcaniques.

DSCN4953Devant nous se dresse le volcan. Terre rouge et noire, surmontée d'un cône d'une blancheur éblouissante, sous un ciel bleu vif. En s'approchant, on distingue des crevasses sur le glacier. A notre droite, une formation rocheuse s'élève sur un sol jaune orangé. Nous longeons un petit canyon de lave rouge séchée.

La dernière partie avant le glacier se fait plus raide. Le vent se fait plus violent et le froid se fait sentir. Nous enfilons gants et bonnets. Le souffle court, nous progressons à pas lents, faisant des pauses régulièrement jusqu'à ce que les battements de notre coeur reprennent un rythme plus lent.

DSCN4972De petites tentes constituent un refuge qui sert de base pour l'ascension du glacier. Nous nous arrêtons là pour casser la croûte, à l'abri du vent. Marlous et Rob, un couple hollandais absolument charmant, plein de bonne humeur et d'énergie communicatives, ont été prévoyants. Ils nous offrent des cacahuètes. Stefan, un Allemand, fort sympathique également, distribue un cookie et une demi-pomme à chacun. Je sors mes dernières munitions du paquet envoyé par Flo et Xav, les Oboles de Lucernes, qui ont beaucoup voyagé, mais ont conservé toute leur saveur, en particulier en cet instant de pénurie et après l'effort de la montée. Nous avons emporté le pain du pique-nique, qui, fort heureusement, ne tenait pas dans le sac à dos du guide. Stefan se fait un sandwich de tous ces ingrédients réunis.

Après ce pique-nique composite, nous attaquons le dernier raidillon qui est plus long qu'on ne l'aurait cru. Nous y voilà. Nous touchons le pied du glacier. La neige est couverte de grains noirs de cendre volcanique. Séance photos. Petit film délire. Nous sommes comblés et euphoriques.

DSCN5039Nous redescendons en courant à moitié dans le cendres molles. Nous sommes dopés par les endorphines et la dopamine, éblouis par la beauté du paysage. Nous prenons encore quelques photos du sommet, papotons joyeusement, profitons pleinement de la beauté du paysage. Nous sommes ravis de notre ballade en toute liberté. Nous nous accordons quelques petites pause pour faire durer l'instant et profiter à fond de la lumière de l'après-midi.

Nous retrouvons sans problème le chemin du retour et rejoignons les déserteurs qui nous attendent dans le Land Cruiser, ayant passé les six dernières heures à somnoler au soleil. Sur la route du retour, nous sommes silencieux, boudant le guide qui s'est montré si incompétent et irresponsable. Nous apprenons qu'il n'a jamais fait la face Sud, plus difficile que la face Nord et qu'il n'est jamais monté au sommet du Cotopaxi. Il nous fournit tous les arguments pour nous plaindre auprès de l'agence.

DSCN5063A l'agence, nous exposons la situation et demandons à ne payer que pour le transport. Nous réussissons à récupérer 25 Dollars sur les 50 payés pour l'excursion. Nous ressortons satisfaits de notre négociation. Good value for money au final.

Nous nous accordons une bonne bière fraîche, bien méritée, à l'auberge, où nous retrouvons deux Hollandaise et une Anglaise qui ont fait une ballade en VTT sur les flancs du volcan. Nous commandons à dîner de bonne heure. Très bonnes lasagnes végétariennes. Puis, l'humeur générale tourne à la fête. Rob et Marlous, très motivés, réussissent à convaincre tout le monde de sortir clubber.

Nous nous arrêtons dans une sorte de dance floor local. La musique à fond saturant les hauts-parleurs. Les Equatoriens dansent salsa, cumbre, reggaeton. Nous nous mêlons joyeusement à eux et nous amusons follement. Il nous semble être 3 ou 4 heures du matin quand nous quittons l'endroit. En réalité, il n'est que 23 heures ! Nous tombons comme des masses dans le dortoir où j'ai négocié avec Marlous un lit en bas des lits superposés...

Publié dans Equateur

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