Qui a dit que le bus couchette c'etait pour la nuit ?

Publié le par LAO.Nord

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Dali, Kunming, Jianshui, vendredi 9 avril,

 

Levée 7h30. Je vais à la douche. J'avais oublié, il n'y a qu'un crochet pour les vêtements, pas de porte-savon, bref, toujours aussi pratique. Je m'en sors et tente le Café Tibétain pour le petit déjeuner mais les prix sont vraiment scandaleux. Je retourne par défaut chez Jack. J'avais aussi oublié, le muesli n'est pas vraiment du muesli et ils le servent avec plein de raisins secs, des bananes séchées, dont j'ai horreur, et des cacahuètes. Les fruits sont principalement des pommes et quelques poires pas mûres.

 

Neuf heures, je quitte l'auberge, prends mon sac et marche jusqu'à la porte Ouest, où passe le bus numéro 8 pour Xiaguan, la ville moderne. Une bonne heure plus tard, j'arrive à la gare. Je chope le bus express de 10h30. Pas le temps d'acheter une bouteille d'eau. Pour 130 Yuans le billet, ils vous fournissent une petite bouteille. Sauvée. Je bouquine un peu mon guide pour passer le temps. Vers 12h30, on s'arrête à point nommé pour une pause de 25 minutes. J'achète un petit sac de raviolis vapeur que j'avale sur le bitume.

 

Nous repartons, les heures se font longues et l'on met plus de temps qu'a l'aller pour rejoindre Kunming. Il est 14h30 quand on arrive au Terminal, j'ignore lequel. Je demande a l'hôtesse de me dire comment gagner le terminal pour Jianshui et elle me fait signe de prendre le 82. Je traverse le carrefour, monte a bord du bus qui arrive quasi immédiatement. Je demande au chauffeur qui me fait signe qu'il me faudra changer de bus et prendre le numéro 5.

 

Un Chinois s'approche et me parle en Anglais. Il va dans la même direction et se propose de m'aider. Il me raconte qu'il est électricien et se rend a un rendez-vous d'affaire. Il est diplômé de l'Université et viens de Kunming. Nous mettons un long moment a rejoindre Beijing Lu et le centre ville embouteille.

 

Enfin, nous descendons et attendons le 5 qui met un temps infini à arriver, surtout avec mon sac à dos qui commence à peser. Deux 5 arrivent en même temps et nous prenons le second. Mon compagnon de route qui a une carte, me paye mon trajet, ça tombe bien, il ne me restait plus assez de petite coupures pour le bus suivant. Parce que oui, jamais deux sans trois, il me faudra ensuite prendre le 170 pour arriver au terminal Sud. Pas de place assise. Enfin, une se libère.

 

Nous descendons au même arrêt. Mon compagnons m'a préalablement écrit, à ma demande, une petite phrase pour me dépatouiller sur mon carnet. Il demande néanmoins au chauffeur de m'emmener a bon port. A nouveau pas de place assise et il faut encore une demi-heure de transport jusqu'au terminal. Un Chinois à côté de moi, qui a lu sur mon carnet ouvert que je tiens a bout de bras, me signale qu'il me faut descendre et me pointe la direction du terminal.

 

Je traverse la grosse artère et suit le flot puis demande mon chemin a plusieurs reprises. Enfin je suis a la billetterie. Le prochain bus a partir a 16h45 (il est déjà 16h30 dans tout ca, j'ai mis deux heures a traverser l'agglomération de Kunming, la bagatelle de 8 millions d'habitants pour la capitale du Yunnan) est un bus couchette. Hein ? Mais combien de temps ca prend, ce voyage ? 3 heures et quelques. Mais alors ? Couchette, c'est 16h45, assis, c'est une heure plus tard. Va pour couchette alors !

 

J'achète une petit bouteille d'eau avant d'embarquer. Quelle bonne surprise ! Trois rangées de lits superposés, les bagages a enjamber dans l'allée. Je ne comprends pas ou est ma couchette numéro 13. Je finis pas comprendre que je peux globalement me mettre ou je veux car le bus n'est pas plein. Heureusement la couchette 13 est tout au fond ou quatre couchettes sont touche touche !

 

Le bus couchette, c'est hypra dur, assez étroit, avec une couette et un oreiller pas touts propres touts propres, les odeurs de pieds, vu que tout le monde a ote ses chaussures, les odeurs de cigarettes, vu qu'on peut fumer a bord, des vitres teintées bleu sale, la tête qui touche la banquette supérieure quand on est assis, les fesses qui font mal au bout de 5 minutes, pas de position confortable pour le dos ou les jambes, bref pas top... Je préfère le bus assis.

 

Je n'ai plus rien a lire et le paysage n'est pas franchement intéressant. Je me raconte des histoires pour passer le temps. Évidemment, pas de livre, pas de lecteur mp3, pas de film chinois sous-titre en chinois, pas de voisin qui parle Anglais, rien, vraiment rien a se mettre sous la dent, et ca fait 48 heures que je voyage... Je compte les heures. 3 bien tassées qui semblent interminables.

 

Enfin nous arrivons. Je commence ma galère des taxis qui veulent m'arnaquer en me faisant payer la course 10 Yuans alors qu'elle en vaut 5. Je crois bien qu'il y en a un qui m'a fait un doigt (pas trop bien vu dans le noir) quand je lui ai demande de mettre son compteur. Quel mufle. Bon, peut-être qu'il m'indiquait juste le prix, mais honnêtement j'en doute. Enfin, je trouve un gentil taxi qui demande 5 Yuans et m'amène a bon port.

 

Je visite deux chambres et prends celle sans baignoires avec le tuyau d'eau sans pomme de douche qui donne juste au-dessus des toilettes à la turque. Vu l'état de la baignoire de l'autre chambre, qui de surcroît donnait sur rue, vous auriez fait comme moi et pris la moins chère.

 

Étape suivante, chercher à manger. Mes quelques raviolis vapeurs et ma salade de fruit du matin sont loins derrière moi. Je commence par acheter une mangue à une petite vendeuse de rue. Le resto que me recommandait l'hôtel me fait signe qu'ils ne servent plus. C'est sûr, il est 21 heures. Un autre de même, je crois qu'ils ne font que des jus de fruits.

 

Je tourne et me retrouve dans une artère avec des magasins de fringues. Je reviens sur mes pas et avise une petite rue sur le côté où plein de gens sont attablés sur des tables basses. Je le sens bien. Je suis accueillie avec des grands sourires de tous les clients et des serveuses. Ce n'est pas tous les jours qu'ils voient des occidentaux ici. Si jamais ça leur est déjà arrivé. Je sors mon guide pour montrer le symbole fan (riz) car ma prononciation est toujours aussi inefficace. Je me retrouve avec un simple riz frit aux oeufs et aux herbes que j'agrémente avec des épices, on y prend goût. Je pensais que ça allait de soi de l'accompagner de deux trois trucs de base, genre de la viande et des légumes...

 

Je rentre à l'hôtel devorer ma mangue à belles dents puis me coucher en débardeur et pantalon léger, la température ayant drastiquement changé. En 48 heures, je suis passée de la neige aux tropiques. J'ai troqué le lit chauffant et la grosse couette contre le simple drap de dessous et la moustiquaire aux fenêtres.

Publié dans Chine

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Commenter cet article

PASQUIER 26/11/2010 09:12


Votre tour du monde a du être une expérience incroyable ... et c'est vous qui avez raison car vivre c'est cela : découvrir, voyager, rencontrer !


PASQUIER 23/11/2010 18:52


Très beau voyage :D Vous nous faites rêver, merci !


LAO.Nord 24/11/2010 12:56



Merci pour votre commentaire, ça fait toujours plaisir ! Je vous souhaite tout plein de beaux voyages à venir. Je suis à nouveau au Cambodge mais le travail ne me laisse plus guère le temps de
tenir un blog en ce moment...