Rencontre avec la culture zapotèque

Publié le par LAO.Nord

DSCN9108

Oaxaca, Monte Alban, vendredi 12  février,

Il est près de 10 heures quand je quitte l'hôtel. Je retourne au petit stand du marche, prendre un grand verre de yaourt, pommes et noix, avec tout un tas de fruits de saison délicieux. J'achète deux bananes et traverse l'autre versant du marché où l'on trouve tout un tas de vendeurs de pain, mais aucun n'a de pan integral.

Je file sur la rue Mina et attrape, in extremis, le bus de 10h30 pour Monte Alban. La route tournicote et nous élève au-dessus de la vallée d'Oaxaca. Je suis terrifiée par la foule des cars de touristes, agglutinés dans le parking. Je décide de commencer la visite par le musée, pour laisser passer l'affluence sur le site.

DSCN9088Quelques stèles, trouvées sur le site et mises à l'abri de la détérioration, mais le plus beau a été conservé au musée des cultures d'Oaxaca, et il n'y a pas grand chose. Je m'arrête prendre un expresso à la terrasse de la cafétéria avec jolie vue sur la vallée, toujours espérant que le flot de touristes se dissipe.

J'attaque enfin la visite, et l'employé qui vérifie les tickets me précise qu'il y a une convention et que c'est la raison pour laquelle il y a tant de monde aujourd'hui. Pas de chance. Je commence la visite du site par la partie Nord, laissant la place centrale, où la foule doit être agglutinée, pour la fin.

DSCN9092L'architecture zapotèque a beaucoup de similitudes avec l'architecture maya, mais pour l'instant je ne lui trouve pas autant de charme ni de noblesse. Le site, en revanche, situé sur un promontoire artificiel, qui domine la vallée, a une vue superbe sur les chaînes de montagnes entourant Oaxaca et la ville en contrebas. De plus, la végétation est très bien mise en valeur, se mêlant harmonieusement aux édifices, pour le plus grand plaisir de mon objectif photographique, qui s'en donne à coeur joie.

Finalement, la densité de touristes au mètre carre est complètement acceptable. Le site est immense et l'on ne se gène pas trop. Il y a bien un groupe d'adolescents mexicains un peu bruyants mais rien de bien méchant. J'arpente les moindres recoins de la plataforma norte d'où l'on a une vue superbe sur la place centrale en contrebas.

DSCN9103Le soleil est ardent et l'ombre est rare. Je n'en monte pas moins chaque édifice autorisé, descends dans le patio hundido, ne perdant pas une miette de ces beaux édifices, dont certains ont conservé des restes de colonnes, d'autres des figures géométriques, décorant certains pans de mur.

La place principale est immense et l'on peut admirer l'ensemble des bâtiments, agencés tout autour, de façon extrêmement harmonieuse et étudiée. Le jeu de pelote est admirablement préservé. Un bâtiment conserve une porte ouvrant sur le vide. Plus loin, le monticulo sur, l'édifice le plus haut du site, possède de hautes stèles gravées de scènes historiques, incorporées dans la partie basse de ses murs. Au centre de la place, l'observatoire a une forme surprenante, et ses parois sont recouvertes de scènes gravées.

DSCN9131Le soleil se cache brutalement. Cela rafraîchit l'atmosphère mais c'est beaucoup moins photogénique. Je continue ma ballade et découvre émerveillée les stèles des danseurs, figures des vaincus en mouvement. Je termine mon tour par quelques tombeaux et fais une nouvelle pause à la cafétéria, alors qu'il est déjà 15 heures, pour avaler une salade d'avocats et un gâteau aux pommes, avec un chocolat chaud, une des spécialités locales. Je fais un dernier petit tour, de l'autre côté de la route, pour examiner de plus près un petit jeu de pelote et un dernier tombeau. J'arrive juste à temps pour reprendre la navette qui me ramène en ville.

Je m'arrête chez un photographe pour faire graver un DVD. Il veut me charger 150 Pesos le DVD contre 30 le CD. Je lui dit que ce n'est pas possible et il finit par accepter de me faire le DVD à 30,   mais je dois attendre 19h30, alors que d'habitude il y en a pour 1/4 d'heure... Je m'arrête deux heures au cyber d'en face pour patienter, puis retourne vers 19h chez le photographe qui n'a pas commencé le travail. Je poireaute, en feuilletant le Lonely, en attendant qu'il veuille bien s'occuper de mon DVD.

DSCN9168Je passe ensuite sur la Plazuela Labastida et me pose dans un joli resto décoré de peintures naïves, et où la bouffe est malheureusement infecte, au point que je laisse la moitié de mon tacos géant refrit, fourré de tomates, avocats, purée de frijoles, viande de boeuf émincée, et surtout, un infame fromage, qui pourrait aussi bien être du chewing gum. Je vais me consoler en prenant une glace La Michoacana, beaucoup trop sucrée à mon goût, sous les arcades du Zocalo.

Quand je rentre à l'hôtel, je découvre avec surprise, en remplissant le registre, qu'il est complet. Le réceptionniste m'explique que je lui ai porté chance, il y a une convention des Alcooliques Anonymes et toute la ville est prise d'assaut. Pas vraiment de quoi m'enchanter... En effet, mes nouveaux voisins s'avèrent ultra-bruyants, s'invectivant d'une chambre à l'autre, et faisant du vacarme jusqu'à une heure avancée. Je les entends même avec mes boules quiès et demande à plusieurs reprises le silence, ce qui n'est suivi d'aucun effet notable. Je finis par rallumer et lire un autre chapitre de mon passionnant bouquin sur Frank Lloyd Wright et ses femmes par le très divertissant TC Boyle.

Publié dans Mexique

Commenter cet article