Retour à Casa Jackson

Publié le par LAO.Nord

Antigua, lundi 21 décembre,

Levée 7h30. Retour au petit dej traditionnel, oeufs brouillés aux oignons et aux saucisses de Francfort et purée de frijoles. Il a cessé de pleuvoir. Soulagement. La température a tout de même drastiquement baissé et le temps reste plombé. Je passe un moment sur Skype pour finaliser la venue de ma mère à Cancun mi-janvier. Pas une mince affaire ;-) J'écris ensuite à Véra pour l'informer de ma venue à Casa Jackson cet après-midi.

Je décide de passer au Correo pour m'enquérir une fois de plus de mon colis. Toujours rien. Cela peut tarder 4 à 5 semaines d'après l'employée. Pourvu que ça arrive avant Noël... Je remonte vers le Parque Central et me renseigne sur les navettes pour la Azotea, une ferme de café. J'irai demain matin, il est déjà 11h et ça fait un peu court pour aujourd'hui. Je continue mon chemin décidée à aller bouquiner dans un café. Je fais du lèche-vitrine en passant devant les boutiques de jade.

Je m'arrête au Viejo Café bien calme à cette heure. Je suis ravie de mon nouveau bouquin "Le fond du problème" de Graham Greene qui me transporte en Afrique dans le milieu des expatriés Anglais. Je rentre ensuite pour déjeuner et Dolores me rappelle que je dois la payer. Je n'ai plus un radis. J'irai chercher de l'argent à mon retour de Casa Jackson.

A Nuestros Ahijados, deux jeunes filles patientent avec moi jusqu'à l'arrivée de Vera. Je suis contente de la revoir. Elle est en voiture aujourd'hui, quel luxe ! Sur le chemin, les jeunes filles parlent d'Anna, des détails de l'accident. Vera nous en ditun peu plus. Elle était au deuxième étage quand ça s'est produit. Quelqu'un l'aurait vue s'asseoir sur le muret. Elle aurait donc vraisemblablement basculé en arrière, ce qui expliquerait le fait qu'elle ait été aussi surprise et n'aie pas pu se raccrocher à quoi que ce soit pour amortir sa chute.

Vera nous explique que ça va être dur de revenir sur les lieux car la police a laissé les démarcations du périmètre de sécurité. Le corps va être transporté en Suède, pays d'origine de la jeune fille, dans les jours qui viennent. Les paperasseries administratives semblent prendre un temps infini. Les jeunes filles m'informent qu'une messe a eu lieu mercredi dernier. Vera elle-même n'était pas au courant. J'apprends alors que les deux jeunes filles ne sont pas des volontaires mais les colocataires d'Anna dans sa maison d'hébergement guatémaltèque.

La tante d'Anna aurait appelé Vera pour savoir dans quel état d'esprit était Anna avant sa chute. L'hypothèse d'un suicide ne nous semble pas du tout vraisemblable. Je me rappelle qu'Anna est montée au deuxième étage en disant bon après-midi à tout le monde d'une façon très guillerette. De plus, je ne pense vraiment pas qu'on aità l'esprit de nettoyer des vitres avant de se suicider et encore moins de commettre une telle action dans une maison remplie d'enfants. Mais je suppose que vu de loin et pour des coeurs affligés, on essaye de comprendre comment une telle horreur a pu se produire.

Nous entrons dans la maison. Effectivement, la vue du périmètre de sécurité est suffocante. Les jeunes filles regardent vers le haut, à l'endroit où le toit a cédé, et essayent d'analyser la chute. Vera me dit que je peux enjamber le périmètre de sécurité et m'inscrire pour le reste de la semaine sur le tableau. Il n'y a pas grand monde. Je m'inscris pour les après-midi cette semaine et la journée du 25. Les jeunes filles continuent à parler de l'accident et je dis à Vera discrètement que cela me remue beaucoup et que je préfère vite monter auprès des enfants. Elle comprend très bien, elle-même étant je pense dans le même état que moi.

J'enfile mon masque, ma blouse, me lave les mains et me voilà de retour parmi les enfants. Je suis heureuse de retrouver Brandon et Erika qui vont nettement mieux, toute trace de la maladie de peau de cette dernière ayant disparu et tous deux jouant gaiement sur le matelas désormais installé au premier étage. Claudia trottine dans sa petite chaise sans pleurer pour une fois. Une jeune volontaire berce doucement Maria Juliana endormie.

Jessica arrive et me tend les bras en criant de joie. Nous nous embrassons à trois ou quatre reprises, ravies de nous retrouver. José Eduardo aussi m'accueille avec des petits cris de joie et tend les bras pour que je le sorte de son lit à barreaux. Je m'empresse de le prendre. La maman d'Alex vient d'arriver également et s'empresse vers son petit.

Petit coup au coeur, ma chérie Lisa est partie retrouver sa Maman. Il en est de même pour Esvin et Eliseo. Dur de ne pas avoir pu leur dire au revoir. Mais c'est plutôt une bonne nouvelle. Ils vont mieux et vont passer Noël en famille. L'examen d'Eliseo s'est bien passé. Vera pense qu'il devra se faire opérer mais qu'il est encore trop petit.

Je jette mon dévolu sur José Eduardo et constate que sa faculté à se tenir assis se maintient. C'est un vrai plaisir de voir ses petites joues bien rebondies et la stabilité qu'il a acquise, même s'il bascule occasionnellement. Je donne à manger à José, toujours aussi goulu. Une autre volontaire réussit à faire boire Daphné directement au verre. Je change quelques couches puis Vera nous sollicite pour faire le tri des vêtements. Les plus usés devront être donnés pour les nécessiteux !

L'autre volontaire, une Américaine du Texas qui est en plein changement de carrière des computers sciences à infirmière, et moi sommes agréablement surprises de constater que la plupart du linge est en bon état. Nous en profitons pour mettre un peu d'ordre dans le placard. Une fois cette tâche terminée, je prends un peu Claudia qui pleure pour qu'on la sorte de son fauteuil. Elle a grand besoin d'être changée ! Dans la foulée, Jessica vient me demander si je peux en faire autant avec elle. La pauvre enfant a les fesses dans un état dramatique. J'essaye de ne pas lui faire trop mal en la nettoyant puis je lui passe de la pommade.

Il est déjà l'heure de partir. Je descends et retrouve Vera pour lui donner les affaires que j'avais apportées la semaine dernière et qui sont restées dans le local fermé. Le staff semble ravi de mes achats. Les couches sont très prisées et emportées illico au premier étage. Le CD de Noël va permettre de mettre un peu de renouveau dans la collection pauvrette de musique disponible. Vera me demande combien ça a coûté pour me faire un reçu. J'explique que c'est un don mais apparemment c'est une règle de la maison. Je rapporterai le ticket de caisse demain.

Vera me raccompagne en voiture. Je découvre qu'elle habite à deux pas de chez moi. Elle me dépose au coin de la rue. Je passe rapidement à la maison puis retourne sur Internet pour mettre à jour mon blog et me trouve finalement happée par le blog passionnant de bébé Alexandre, le fils de Christine et Matias, qui vient de fêter ses deux mois avec brio, attrapant pour la première fois son lapin en peluche !

Je rentre dîner puis file au centre pour retirer enfin de l'argent. Je retourne pour la troisième fois de la journée sur Internet pour, cette fois, mettre vraiment à jour mon blog. Je constate avec surprise que mon blog vient d'atteindre pour la deuxième fois, après un premier hit début septembre, son record de notation par over-blog avec un score de 41, "god knows what it means". Une combinaison de l'audience, la fréquence de mise à jour, etc. J'en profite pour remercier au passage mes lecteurs fidèles.

Je reprends le chemin du retour, faisant ma halte habituelle au café Kafka, où je retrouve mon compère de films de la veille. Ce soir encore, la thématique Moyen-Orient avec The House of Saddam. Je m'arrête cependant à la fin de la première partie pour ne pas recommencer comme la veille à rentrer tard dans les rues désertes.

Publié dans Guatemala

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Christine 22/12/2009 11:31


C'est en effet un plaisir de te lire quasi tous les jours...ça fait voyager...Pour nous, départ demain en Allemagne.
Bisous et bonnes fêtes parmi les enfants.


LAO.Nord 23/12/2009 01:42


Merci ! Bon voyage et ne prenez pas froid. J'espère que vous aurez droit au délicieux vin chaud traditionnel dont je garde un souvenir mémorable. Très bonnes fêtes à vous aussi les amis et tout
plein de bises à Alexandre qui est vraiment trop craquant !


danielle iriart 22/12/2009 08:28


Quand on retourne au Mexique plus de 40 ans après.... avec une "routardes" on peut se poser des questions ? Non ?


LAO.Nord 23/12/2009 01:44


Si, si, tu peux, mais t'inquiète, tout va très bien se passer. Si quelqu'un vend un écran anti-araignée sur ebay néamoins, on est preneuses ;-)