Ruines, pluie et lieux inhospitaliers

Publié le par LAO.Nord

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Cuenca, Cañar, Ingapirca, Alausi, vendredi 30 octobre,

Levée 7h30, je fille à la gare de bus pour choper celui de 9h pour Cañar. N'ayant pas eu mon comptant de sommeil, je somnole dans le bus. J'ai du mal à me tirer de ma torpeur pour descendre. Je passe à l'Hostal Mónica mais ils sont complets, comme tout le reste de la ville en raison d'un congrès de religieux. Je reprends donc un bus pour Ingapirca. De toute façon, la ville de Cañar ne semble pas très agréable.

Nous nous traînons, toutes portes ouvertes et nous arrêtons à chaque instant pour laisser monter et descendre des villageois. Les femmes portent souvent le costume traditionnel. Jupe bleu roi, châle croisé sur la poitrine par dessus une épaisseur de tissus bariolés. Et, pour compléter le tout, un petit chapeau melon blanc, genre casque militaire d'une autre époque. Ma voisine entame la conversation mais l'Espagnol n'est visiblement pas sa langue maternelle et c'est très laborieux.

DSCN4615Enfin, nous arrivons. Je vise l'hôtel recommandé par mon guide mais ils n'ont pas d'eau. Ils m'envoient chez le voisin qui n'a pas d'électricité ! Je prends tout de même une chambre, la patronne m'assurant qu'elle sera rétablie vers 17h. Je fais un petit tour du village à la recherche du marché mais il n'y a pas de comedor. Je retourne donc sur mes pas et commande le menu du jour à mon hôtel, qui fait aussi resto, n'ayant rien trouvé de plus avenant. La bouffe n'est vraiment pas bonne mais pour 1,50 Dollars, la soupe et le plat de résistance, il n'y a pas de quoi faire la fine bouche.

Après un petit café, je me dirige vers les ruines, escortée de deux bambins. Les ruines sont très intéressantes. Elles présentent pour partie une architecture Cañari, ethnie pré-inca locale, ainsi qu'un temple inca unique en son genre, de forme ovale, et constitué de pierres d'andésite à la couleur verdâtre.

DSCN4622Le guide nous explique que les pierres sont taillées en forme trapézoïdale sur leur partie postérieure pour s'emboîter, selon la méthode de construction inca, mais de façon à pouvoir former une paroi incurvée et non rectiligne comme à l'accoutumée. La forme bombée de la partie antérieure des pierres est une façon intelligente d'éviter les infiltrations d'eau dans les jonctions entre les pierres. Décidément, je continue à en apprendre sur les Incas même après avoir traversé la plus grande partie de leur territoire, qui représente exactement mon périple en Amérique du Sud, de Santiago du Chili au Sud à la frontière colombienne au Nord.

Je prolonge la visite par un petit chemin qui mène à un roche présentant le visage de l'Inca. Effectivement, un faciès se découpe dans la roche. Un paysan du coin me montre le chemin et m'explique que je peux faire une petite boucle afin d'observer le siège de l'Inca et la tortue. Sans grand intérêt en réalité. Je passe jeter un oeil au petit musée à l'entrée du site, lui aussi plongé dans l'obscurité.

DSCN4633Il est encore tôt. Plutôt que des passer l'après-midi à me morfondre sous la pluie qui ne devrait pas tarder à tomber, je décide de poursuivre ma route jusqu'à Alausi d'où part le train pour la Nariz del Diablo. J'essaye de récupérer au moins une partie de la nuit d'hôtel payée d'avance, mais la patronne n'est pas là et l'employée ne veut rien entendre. C'était un risque à prendre. 6 dollars, ce n'est pas la ruine.

Entre temps, la pluie s'est mise à tomber et me conforte dans mon idée de quitter les lieux. Je patiente, à l'abri dans le bus. Nous finissons par démarrer après une demi-heure d'attente. Je m'arrête à El Tambo, sur la Panaméricaine, où je patiente devant une boutique, en attendant le passage d'un bus. La famille qui tient la boutique me prend en charge et guette les bus avec moi. Ils m'offrent même une chaise pour me reposer.

DSCN4656J'attends près d'une heure dans le froid humide avant de voir pointer son nez un bus pour Quito. Je monte à bord et ai la vision d'horreur de passagers, debout dans le couloir. 2h30 à 3h de route dans ces conditions, c'est l'horreur, surtout que je suis bien fatiguée. J'avise un siège libre au premier rang et demande au voisin si la place est disponible. Le passage m'explique qu'il a payé deux places pour pouvoir s'allonger. Il fait le voyage de Cuenca à Quito, soit 9 heures de trajet, et devrait arriver vers 2 heures du matin. J'explique que je ne vais que jusqu'à Alausi et il me cède alors la place.

Nous entamons la conversation. Arturo est émigré au Brésil d'où il importe des marchandises chinoises, principalement de l'électronique, vers le Brésil et l'Equateur. Il es Mormon et vient d'Esmeralda, sur la côte Nord-Ouest de l'Equateur. Il doit faire partie des descendants d'esclaves noir car il n'a pas du tout le faciès de la Sierra et je l'aurai plutôt pris pour un Brésilien. Il est fort sympathique et je ne vois pas le temps passer jusqu'à Alausi.

DSCN4670Il fait nuit noire quand je descends du bus. Je me dirige vers le centre, quand un  bondé s'arrête. Une jeune fille s'adresse à moi en Anglais et me propose de me déposer au centre où ils se rendent eux-même. La famille a l'ai bien sympathique et sans danger, aussi j'accepte exceptionnellement cette offre. La jeune fille monte avec moi pour me tenir compagnie. Elle fait des études pour devenir guide. Elle parle un très bon Anglais, chose assez inhabituelle ici. Elle veut se lancer dans l'apprentissage du Français. La famille me dépose devant la porte de mon hôtel, me souhaitant la bienvenue dans leur ville.

L'hôtel présente un petit patio intérieur avec un petit balcon tout le tour, bien plus charmant que ce à quoi je m'attendais. Le patron est au resto du coin et un client va le chercher pour qu'il s'occupe de moi. Celui-ci me présente ma chambre et m'invite à le rejoindre au resto pour dîner. Rien qu'un menu. Je passe une tête au resto voisin pour comparer mais ils n'ont que du poulet et s'apprêtent à descendre le rideau de fer (il est à peine 20h30 !). Je rapplique donc au resto de l'hôtel et ai l'agréable surprise d'avoir une excellente soupe, un plat principal avec de la bonne viande et même un jus de fruits pressés de naranjillas, petite orange locale au goût mélangé d'orange et d'ananas, pas mal du tout.

Le patron possède encore un cybercafé où je vais passer une petite heure sans pouvoir venir à bout de mon article de la veille. Je vais me coucher épuisée, après avoir encore jeté une oeil dans le guide à ma prochaine étape, Riobamba, où je suis décidée à me poser un peu pour me reposer...

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