Stuck in the rain

Publié le par LAO.Nord

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Quetzaltenango, Almolonga, Zunil, samedi 19 decembre,

Je prends mon temps ce matin encore. Cette fois-ci, le yaourt a été livré. Robert, un Americain de Portland, Oregon, me demande s'il peut partager ma table. La salle est comble. Il y a tellement de monde qu'il met près d'une heure à se faire servir. Nous bavardons en attendant et il est partant pour m'accompagner au marché d'Almolonga. Todd, son colloque se joint aussi à nous. Ce ne sont pas des rapides. Il est plus de 11h30 quand nous décollons enfin.

Je joue les guides touristiques et emmène mon petit groupe au terminal de la 10ème rue pour prendre un chicken bus, leur premier, car c'est un peu compliqué quand on ne parle pas la langue. Nous descendons à Almolonga et sommes immédiatement plongés dans l'ambiance du marché de ce petit village. Les femmes sont magnifiques avec leur rubans colorés enroulés autour de la tête. Huilpiles, tabliers de couleur. La foule se presse pour faire ses emplettes.

DSCN7013Nous mittraillons de toutes part,s tant la scène est folklorique, et aucun touriste aux environs. Mes nouveaux amis sont ravis de leur guide touristique. Ils sont très dépaysés et pas déçus de m'avoir fait confiance. Du coup, je leur propose de m'accompagner pour l'après-midi à Zunil et aux sources d'eau chaude, ce qui semble bien motiver Todd. Nous rentrons à l'hôtel chercher les maillots de bains.

En enfilant mes chaussures de rando, je fais la connaissance d'un Hollandais, au prenom imprononçable, qui vient d'arriver dans mon dortoir et se joint à nous pour déjeuner. Il est déjà 13h30 et nous crevons de faim. Nous tombons d'accord pour déjeuner à l'hotel. Finalement, ça tarde un peu mais les plats sont à la hauteur de nos appétits. J'hérite d'une montagne de tacos, recouverts de différentes sauces typiques. Impossible de finir. C'etait donc pour ça qu'ils faisaient des demi-portions !

DSCN7018En attendant mes 2 compères, je discute encore avec Marc, un Anglais et nous levons le camp. Retour au terminal de la 10ème rue, et hop, nous voilà à bord du chicken bus pour Zunil, qui repasse d'ailleurs par Almolonga. Le temps se couvre et une petite pluie nous accompagne. A peine arrivés sur le pont qui enjambe la rivière vers le village de Zunil, des trombes d'eau s'abbattent sur nous et les rues sont inondées. Nous nous abritons dans un petit café où nous attendons que ça passe, mais ça ne passe pas.

Nous reprenons donc le prochain chicken bus pour Xela. Todd est très tendance avec sa serviette de toilette sur la tête. Tous les locaux semblent avoir adopté ce moyen comme un autre pour se proteger de la pluie. Nous rentrons nous abriter à l'hôtel où je squatte le PC avec Internet gratuit, qui est libre, pour une fois. Je retrouve ensuite Robert et Todd qui se remettent de leur après-midi en sirotant des cuba libres. Je m'en tiens à un bon chocolat chaud.

DSCN7021Je discute ensuite un bon moment avec une jeune Autrichienne, Bettina, qui fait du volontariat pour 6 mois à Ciudad Guatemala, et Christian, un Italien qui partage mon dortoir. Bettina n'a pas faim. Christian et moi partons dîner au pub Tecun dans la galerie voisine. Queso burguesa et cerveza. Bonne ambiance dans ce pub. Christian est chercheur dans le web semantique, ou un truc du genre, dont il m'a expliqué les détails, mais qui échapperaient probablement à la plupart des oreilles non initiées aux technologies du Web. Il est très intéressé par mon processus de réflexion concernant mon changement de carrière et nous avons une discussion hautement boulot, ce qui n'est vraiment pas tous les jours ici, et surtout pas un samedi soir dans un pub !

DSCN7015Nous rentrons à l'hôtel et rejoignons un petit groupe qui a décidé de sortir dans un bar du voisinnage. Nous suivons la troupe et en perdons la moitié alors que quelqu'un demande le chemin. Je perds mes amis et me retrouve avec 3 routards que je ne connais que de vue mais prefère ne pas me désolidariser dans un endroit inconnu, à la nuit tombée. Nous entrons dans un grand bar disco, complètement vide pour l'instant. Le reste du groupe nous rejoint quelques minutes plus tard.

Nous formons un ensemble très cosmopolite, à dominante européenne, avec 8 personnes de 8 nationalités différentes : 1 New-Yorkais, 1 Hollandais, 1 Anglaise, 1 Suédoise, 1 Autrichienne, 1 Italien, 1 Allemand et 1 Française. Peu à peu, la salle se remplit et la salsa met de l'animation. Après le DJ, un groupe local vient jouer en live. Super ambiance.

DSCN7019Vers minuit et demie, nous décidons de rentrer. La pluie a recommencé. Une partie du groupe veut encore s'arrêter pour un dernier verre dans un bar gay, sur le chemin de l'hôtel. Je suis complètement vannée mais me plie à la majorité. J'attends patiemment que nos amis se décident à rentrer. L'ambiance est très exotique, des couples de gays dansant la salsa dans une lumière dans les tons rouges. Un travesti se balladant avec tout juste un collant et une perruque jaune vif.

Tout à coup, sifflement du videur, voilà les flics, il faut éteindre toutes les lumières et se taire car le couvre-feu officiel est à 1h du matin. La soirée est donc "illicite". Le travesti traverse la salle en long et en large à grand renfort de chut encore plus bruyants que si l'on parlait. Une expérience underground...

Publié dans Guatemala

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