Sur les traces de Frida, Diego et... Evo

Publié le par LAO.Nord

Mexico, Coyoacán, San Ángel, dimanche 21 février,

Ce matin, la salle de bain est toute inondée, il y a eu une fuite d'eau. Cela ne m'empêche pas de prendre ma douche même si j'ai un peu mouillé mon bas de pyjama. Je tente le petit déjeuner à l'hostel catedral,mais il ne font ni continental ni yaourt, je marche le long de la rue Tacuba mais ne trouve rien sur le passage. Je m'engouffre dans le métro à la station Bellas Artes, je trouverai bien quelque chose à manger à Coyoacán.

Arrivée au métro, il me faut encore marcher deux kilomètres jusqu'au marché, très animé et fort à propos plein de marchands de jus de fruits et de stand de bouffe. Je teste un liquado de mamey comme me l'avait recommandé Felipe avec un grand verre de yaourt, fruits frais et céréales. J'achète encore un délicieux pain dans stand de fromages et épicerie fine. Deux quadras plus loin, je tombe sur un sympathique petit café de commerce équitable et commande un double expresso.

J'arrive rue de Londres au niveau de la maison bleue de Frida Khalo. Il y a la queue jusque dehors. C'est dimanche, évidemment ce n'est pas le meilleur jour pour y aller, mais c'est fermé le lundi... Non seulement il y a la queue pour entrer, mais la queue continue pendant toute la visite de la maison-musée. C'est assez pénible et on ne profite pas vraiment de l'ambiance de la maison ni des tableaux et photos exposés. Heureusement, les gens sont t´rès disciplinés et respectueux et le personnel d'ordre bien efficace, sûrement habitués à recevoir ces hordes en pèlerinage.

Je repasse ensuite au marché pour un jus de guanávana avant de me diriger vers la Plaza Hidalgo. J'avise barrières, policiers et hordes de gens s'engouffrant, je fais demi-tour me rappelant avoir vu la veille une affiche concernant la venue d'Evo Morales qui doit faire un speech à 16 heures... J'enquête auprès d'un responsable de la sécurité qui me confirme que le Président de Bolivie est attendu et que je peux passer par là pour rejoindre la place. Hors de question d'aller prendre un bain de foule et de risquer une échauffourée, tant pis pour la visite de la place.

Je cherche en vain un autre arrêt du collectivo pour San Ángel et termine après avoir fait moult détours par arriver au métro Viveros. Je fais une station et dois encore prendre un bus qui me dépose à une centaine de mètres de la place San Jacinto. Ambiance sympathique de dimanche après-midi, bien agréable après avoir longé quelques grands axes pour arriver. Je remonte dans de petites rues en direction du studio de Frida et Diego construit par l'architecte Juan O'Gorman. Ce quartier de Mexico me plaît beaucoup. Petite rues tranquilles, belles maisons coloniales, un petit parfum de Montmartre.

 

J'arrive au musée et suis séduite par l'architecture intérieure du studio. L'extérieur, en revanche, fait vraiment bloc de béton. Je retrouve les images du film Frida. Le studio est très bien disposé et conserve les collections de Judas, d'artisanat mexicain et d'objets archéologiques de Diego. La grande baie vitrée du studio est très plaisante. Beaucoup de photographies du couple, quasiment pas de tableaux en revanche. Après la visite de la Casa Azul, qui dont on sort légèrement déprimé par le récit de la vie de Frida et de ses malheurs, la visite du studio est une bouffée d'air frais, qui montre plutôt sa joie de vivre et sa force de caractère.

Je rentre au Zócalo juste avant la tombée de la nuit et assiste, une fois de plus, aux danses mayas new wave avant de trouver refuge au Mundo Joven Hostel Catedral. Après mon heure et demie d'Internet, je descends m'installer au comptoir pour dîner, quand 3 Mexicains m'invitent à leur table.

Ils jouent aux dominos et me proposent de jouer en équipes de deux. Cela fait bien 25 ans que je n ai pas joué à ce jeu, et ils doivent un peu me rafraîchir la mémoire pour les règles, mais ça revient vite. Nous nous amusons bien jusqu'au moment où Jose, le plus jeune, retient ses larmes. Un de leurs amis, de la région de Chihuahua, vient de se faire assassiner, tué d'une balle dans la tempe, ainsi que sa petite amie. La violence, dans le Nord du Mexique, n'est pas un mythe et les cartels de la drogue font leur sale business.

Je commande un petit truc à manger, puis nous décidons de sortir dans le quartier de Condesa. Je dois repasser à mon hôtel, troquer mon sac à dos pour un petit sac à main. Leopoldo, dit Polo, m'accompagne. Pendant ce temps, les autres vont chercher la voiture, qui est restée au parking Bellas Artes, qui va bientôt fermer. Quand nous arrivons à Bellas Artes, personne. Il faut dire que nous n'avons pas été très précis dans notre point de rendez-vous...

Qu'à cela ne tienne, Polo, dont l'oncle a construit la tour Latino-America, me propose de monter au 38ème étage. Celui-ci est fermé à cette heure-ci, mais Polo reussit à convaincre les veilleurs de nuit de nous laisser accéder au 35ème étage, qui est inoccupé. Nous admirons la vue à 360 degrés sur toute la ville illuminée. Quel spectacle ! Nous allons ensuite prendre un dernier verre à la Casa de los Azulejos. Il est une heure du matin quand je rentre à pas de loup dans le dortoir endormi.

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