Sympathique Saigon, abominable guerre

Publié le par LAO.Nord

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Saigon, mercredi 28 avril,

 

Levée 9h30. Il fait déjà bien chaud. Je trouve un petit dej gargantuesque pour 35 000 Dongs juste au coin de la rue. Je pars, transpirant déjà après quelque mètres, m'enduit de crème solaire et noue mon turban sur la tête en protection. Je craque pour un pain complet dans une bonne petite boulangerie que je me garde en réserve pour ce midi.

 

Ma première halte se fait au Musée des beaux arts dans un très joli bâtiment colonial. Le contenu du musée n'est pas très intéressant mais c'est a l'ombre et a l'abri du bruit de la rue, deux avantages incontestables. Je fais ensuite un tour rapide au marche Ben Thanh, encore un bâtiment construit par les Français au début du siècle dernier. Pas très anime a cette heure, je passe ma route.

 

DSCN1609Je descends alors le boulevard Nguyen Hue, les Champs Elysées de Saigon. Charmant petit hôtel de ville tout jaune et blanc, encore hérité de la colonisation française. J'arrive a la rivière de Saigon et remonte la rue Dong Khoi, faisant une petite pause au restaurant 13 voisin. Plat de luxe, je commande des écrevisse a la vapeur cuites dans le lait de coco. J'accompagne mon plat d'un jus de pamplemousse beaucoup trop sucre. Je termine mon repas dans la rue avec mon pain complet.

 

Je passe devant la mosquée indienne mais n'ose pas rentrer ayant les épaules découvertes. Je continue jusqu'au théâtre, toujours dans l'esprit colonial mais un peu moins réussi. Au bout de la rue, la très jolie cathédrale néo-romane en brique de Toulouse ferme la perspective. J'avise un café imitation Starbucks et m'y arrête pour un petit coup de climatisation et un expresso bien serre.

 

DSCN1616Je rentre ensuite a la Poste Centrale, encore un joli bâtiment colonial, a l'intérieur duquel on trouve encore de vieilles cabines téléphoniques en bois et de vieilles cartes de Saigon et de l'Indochine. Tout au fond un immense portrait de Ho Chi Minh, encore très présent dans l'iconographie vietnamienne.

 

Je visite ensuite le Palais de la Réunification, ancien palais du gouvernement du Vietnam du Sud construit en 1966 suite au bombardement du palais précédent détruit en 1962. La salle de remise des lettres de crédit est particulièrement belle avec tout un pan de mur décoré d'un tre beau panneau en bois laque. Le reste des salles tres marque par le style de l'époque fait vraiment vieillot. La partie la plus intéressante se trouve dans les sous-sols complètement équipés de téléphones, radios, machines a écrire et même lit d'appoint, le gouvernement du Sud se sentant déjà fortement en insécurité...

 

DSCN1618Je continue dans la lignée avec le musée des vestige de la guerre du Vietnam, initialement appelé musée des crimes de guerre américains, mais renomme suite a la visite de Clinton et a la levee de l'embargo. Musée particulièrement édifiant on s'en doute, tres partial mais néanmoins tres intéressant d'avoir une autre vision de cette affreuse cicatrice de l'histoire du pays. Le poids des mots, le choc des photos. C'est surtout le choc des photos qu'on a choisit de nous montrer et c'est insoutenable. Je suis obligée de regarder certains pans de mur de tres loin tellement c'est ignoble.

 

Les soldats portes disparus, les photographes de guerre en plein reportage, le bombes qui explosent, les corps sur le civières, agonisant dans la boue, déchiquetés ou atrocement mutiles, tout cela n'est rien a cote des images des enfants difformes nes de parents ayant été contaminés par l'agent orange. Les Américains ont fait peser sur le Vietnam bien plus que pendant la seconde guerre mondiale ou la guerre de Corée en terme de bombes lâchées. Ils ont aussi expérimentés de nouvelles armes chimiques destructrices et abominables. Pour terminer, une prison est reconstituée, montrant les scènes et outils de torture et les conditions ignobles d'incarcération.

 

DSCN1620Je me pose un instant sur un banc dans la cour extérieure du musée où sont réunis hélicoptères, avions de combats, tanks, mais me fais chasser par les gardiens qui ferment déjà. J'ai les pieds en compote d'avoir piétiné et m'arrête dans un joli bar à jus de fruits où les fauteuils sont en fait des balançoires. Je commande un jus de mangue et fraise rafraîchissant et tres parfumé.

 

En voulant passer par le temple hindou de Mariammam, je me plante dans la lecture du plan et part en sens opposé, ne m'apercevant de mon erreur que bien plus tard. Je cherche à comprendre où je suis puis retrouve mon chemin ayant presque passe une heure à marcher encore. Je m'arrête dans un petit resto derrière le marché Ben Thanh pour de succulents nems au crabe sur lit de nouilles de riz. Je rajoute un petit jus de carotte bien frais et termine par un petit flan au caramel.

 

En rentrant à l'hôtel, mon voisin de PC entame la conversation et m'entendant parler sur Skype de mes déboires en bus, me signale qu'il vient de réserver un vol pour Da Nang pour 43 Euros. Je lui confirme qu'il a bien fait, ça ne vaut pas la peine de se faire 22 heures de bus. Lui et sa femme ont laissé leurs enfants pour six mois. Ils font aussi un tour du monde en sens inverse du mien. Ils ont déjà fait étape en Jordanie, en Ouzbékistan, en Inde et en Thaïlande. Ils me demandent quelques tuyaux sur le pays mais aussi sur mon périple dans les Andes car ils ont prévu de faire les mêmes pays que moi.

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Christine 03/05/2010 23:43


Juste par curiosité, ils ont quel âge les "enfants abandonnés" par le couple de routards ? ;-)


LAO.Nord 04/05/2010 04:34



juste un poil plus autonomes qu'Alex, ils ne tiennent plus dans l'écharpe porte-bébé