Train des Andes et admirable Putucusi

Publié le par LAO.Nord

DSCN3662

Ollantaytambo -> Aguas Calientes, vendredi 9 octobre,

Réveil 6h30. Je file à la douche et boucle mon sac en vitesse pour arriver à l'heure pour mon train. Arrivée à la gare, je montre mon billet et demande si j'ai le temps de prendre un petit dej au café du coin. Le guichetier est visiblement de la famille de la patronne du café et me dit qu'il n'y a pas de problème, il me reste 1/2 heure avant le départ du train.

Je commande l'habituel petit dej continental mais ici c'est grand luxe, 6 tartines revenues à la poële avec un peu de beurre. Le problème c'est que je ne vais avoir ni le temps ni l'estomac pour manger tout ça. J'avale en vitesse mon petit dej, mon jus d'orange et mon café et emporte en take away les tartines restantes. Le guichetier vient me chercher, il est temps de partir.

DSCN3622Comme d'habitude, c'est tout une montagne pour faire de la monnaie et je récupère tout juste mes billets avant de courir à la suite du guichetier pour monter dans le train. Ils me font aller jusqu'au bout des wagons puis revenir sur mes pas. Je me retrouve, sans trop comprendre comment, dans le train Vistadome deluxe pour touristes aisés, genre orient express, pas du tout le wagon backpacker que j'avais réservé. J'ai du être surclassée à cause de mon retard...

Nous démarrons et c'est le comble, on nous sert un petit déjeuner ! Je ne touche pas à mon carton repas, qui fera très bien l'affaire pour un pique-nique. Je discute avec mes deux voisins d'en face, un couple de Hollandais, qui vont s'arrêter en route pour faire le trek de deux jours sur le chemin de l'Inca jusqu'au Machu Pichu. Je les envie et suis un peu renfrognée de ne pas faire la rando, d'une part, et de ne pas être dans le wagon backpacker, d'autre part.

DSCN3629En effet, j'aurai préféré faire la route avec des backpackers, plutôt qu'avec les touristes américains des groupes organisés. Je prends mon mal en patience, largement aidée par le magnifique paysage qui défile sous nos yeux. Au-dessus de nos têtes, les glaciers apparaissent, miroitant au soleil. De l'autre côté, serpente un petit ruisseau au fond de la vallée.

A l'arrivée du train, c'est le souk, au sens propre comme au sens figuré. En effet, je me retrouve au milieu d'un bazar couvert, rempli de souvenirs et d'artisanat pour touristes. Impossible de comprendre par où passer pour accéder à la ville. Je demande mon chemin, fuyant cette horde de rabatteurs, et un policier m'accompagne jusqu'au pont qui enjambe la rivière. De là, je me situe grâce à mon petit plan et commence à remonter la rue principale et unique à la recherche d'un hôtel.

DSCN3640La ville a été entièrement conçue comme camp de base du Machu Pichu, hôtel et restaurants à la pelle, rien de typique. Le premier hôtel auquel je demande ses prix me propose une chambre avec salle de bain à 50 dollars. Hors de question, je demande si je peux trouver un hôtel à 20 Soles et il m'en indique 2. Je continue tout de même ma route vers les hôtels recommandés par le Routard mais tout est hors de prix.

Un rabatteur me propose un hôtel à 20 Soles que je demande à visiter. L'entrée de l'hôtel ne ressemble pas du tout à une réception mais un petit corridor me mène à un hôtel, en cours de construction, semble-t-il, où, bizarrement, une petite chambre proprette avec un lit double comporte une salle de bain intégrée. Très bien. L'aubergiste me dit qu'il a aussi une chambre avec des lits doubles, salle de bain comprise pour 15 Soles. C'est parfait !

DSCN3645Je redescend au centre prendre tout de suite mon billet du retour pour ne pas avoir les mêmes aventures que la veille. Aucun train avant le surlendemain 5h30. Ok ça fera l'affaire. Je vais donc passer deux nuits au lieu d'une dans cette antre du tourisme assez répulsive. Je continue ma route jusqu'à la Plaza de Armas où je vais acheter mon ticket d'entrée pour le Machu Pichu pour le lendemain matin. 124 Soles l'entrée, un scandale !

Je m'arrête à l'office du tourisme pour me renseigner sur le Putucusi, une excursion que mon hôtelier m'a recommandée pour aujourd'hui. En effet, il est trop tard pour profiter pleinement du Machu Pichu à l'heure qu'il est et surtout, il est impossible de rentrer dans le contingent des 400 heureux élus autorisés à grimper le Huayna Pichu.

DSCN3652Mon petit plan en main, je m'apprête à attaquer la randonnée quand Kabir, un Indien que j'ai déjà croisé dans la file d'attente pour les billets de train et du guichet de vente des billets pour le Machu Pichu, me rejoint et me propose de faire le chemin ensembles. Très volontiers. Il s'achète un petit casse-croûte en vitesse et c'est parti.

Nous longeons la voie ferrée puis découvrons un petit chemin qui part sur la droite. Nous grimpons ferme dans un paysage de jungle. Après un petit moment, nous découvrons le clou de la ballade, d'immenses échelles en rondins de bois arrimés à la paroi de la montagne. Hum, c'est vraiment l'aventure. Nous ne nous décourageons pas et partons à l'assaut du Putucusi sans regarder derrière nous. Les échelles sont solides et finalement ce n'est pas si dur que ça en a l'air mais je n'ose pas penser à la descente...

DSCN3663Après 4 ou 5 échelles vertigineuses, le chemin redeviens plus aisé. Tout est relatif bien sûr. Nous grimpons toujours bien raide et devons nous arrêter pour souffler régulièrement. Enfin, plus moi que Kabir, qui pratique le yoga et sait beaucoup mieux gérer sa respiration que moi ! Le paysage qui nous entoure est magnifique. Montagnes immenses en forme de pain de sucre, recouvertes de jungle et, au loin, des crêtes encore plus hautes.

Une bonne heure et demie de montée et quelle n'est pas ma surprise de découvrir au sommet, Juliana, ma compagne cuzquénienne, rencontrée à Ollantaytambo il y a deux jours, et qui était partie faire de la Canopée dans la jungle ! Nous nous embrassons avec émotion, ravies de nous retrouver dans un endroit aussi insolite, et c'est à peine si j'ai entre-aperçu la vue magnifique sur le Machu Pichu car Juliana, volubile, a embrayé aussitôt la conversation.

DSCN3666Nous nous posons avec elle sur un rocher plat avec une vue à 360 degrés. Nous partageons allègrement notre pique-nique et dévorons à belles dents, après cette rude montée. Le paysage est idyllique. Je cherche des yeux la forme de condor du Machu Pichu que m'a montrée l'archéologue la veille au soir et je suis toute contente de parvenir à la repérer. Je fais part de ma découverte que je partage avec mes amis.

Nous discutons un bon moment, appréciant le paysage grandiose, puis Juliana doit redescendre pour rentrer sur Cuzco. Kabir et moi profitons encore de la beauté du site. Quelques grimpeurs viennent nous rejoindre mais globalement, on a le site pour nous tous seuls ! Le temps se rafraîchit et nous nous décidons à redescendre tranquillement.

DSCN3675De retour en ville, je m'essaye à Internet, en vain. Pour 3 Soles de l'heure, la connexion est impossible. Je lâche l'affaire. Après une bonne douche, nous allons dîner dans l'un des affreux restos touristiques de la rue principale, tous les mêmes. Les soupes sauvent un peu la mise mais, globalement, la bouffe et plus que médiocre. Avant de rentrer à l'hôtel, nous achetons une lampe torche, afin de pouvoir effectuer la montée au Machu Pichu à l'aube, et un petit pique-nique, histoire de tenir le coup sur le site demain. L'aubergiste doit nous reveiller à 3h30 pour un départ à 4 heures du matin...

Publié dans Pérou

Commenter cet article