Une vraie pluie de mousson

Publié le par LAO.Nord

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Kompong Cham, Kratie, mardi 22 juin,

 

Levée 7h30. Je pars reprendre mon petit dej dans le sympathique restaurant de la veille ou mon chauffeur de motodop vient me retrouver. Il n'y avait apparemment que deux options ou me trouver en ville en dehors de l'hôtel. Nous ne partons pas tout de suite car Monsieur gère son business perso, doit passer voir un ami, s'occupe de rapatrier deux Français vers un tuk-tuk. Il commence a sérieusement me chauffer les oreilles et je descends de moto me dirigeant vers le marché. Bizarrement, ça le fait réagir et nous démarrons aussitôt. Je ne le paye pas pour qu'il ramasse des commissions a droite a gauche.

 

Nous commençons par les plantations d'hévéas et l'usine de traitement du caoutchouc. Les arbres ont été saignés mais a cause de la pluie la récolte sera de moindre qualité. Mon chauffeur m'explique vaguement les différentes étapes du traitement en l'absence du responsable de l'usine pour me faire faire le tour du propriétaire. Je comprends a demi-mots, mon chauffeur s'exprimant dans un Anglais qu'il croit maîtriser mais qui est a peine intelligible, que l'on ajoute de l'acide et du sodium dans des proportions inconnues, on compacte de plus en plus l'amalgame, on le sèche puis on en fait de grosses briques qui sont encore compactées et mises sous sachets prêts a être livrés. Une peu sommaire comme explications mais processus intéressant.

 

DSCN3438Nous retournons en ville. Pour la première fois, je ne suis pas rassurée avec mon chauffeur de motodop. Il conduit trop vite, ne cesse pas de gigoter sur son siège, regarde le paysage, freine a la dernière minute, accélère comme un dingue sans prévenir, il a beau avoir 8 ans de conduite dans les pattes comme il s'en est si bien venté, j'aurai préféré qu'il passe son permis avant, sa manière de tourner a gauche est absolument imprévisible et on ne peut plus dangereuse. Je suis a deux doigts de le lâcher mais il a juste acheté une brochette au marché et nous repartons déjà.

 

Je grimpe Phnom Srei, la colline des femmes, avec vue sur la campagne et la jungle alentour. Nous visitons ensuite Cheungkok, un village éco-touristique sans grand intérêt, si ce n'est des explications détaillées sur la culture du riz. Nous terminons par le temple Wat Nokor qui a l'originalité d'être un mix d'ancien et de récent puisque des pagodes sont venues s'imbriquer dans les ruines pré-angkoriennes du IXeme siècle.

 

DSCN3440Pas le temps de déjeuner, nous passons a la station de bus ou un couple me consulte car on leur demande 8$ pour aller a Kratie. Je leur confirme que c'est une énorme arnaque. Le vendeur nous propose de nous faire une ristourne a 7$ chacun maintenant que nous sommes trois. Scandalisée, je propose au couple d'aller prendre un minibus. Le tarif est de 4-5$ bien plus en ligne avec la réalité des prix. Mon chauffeur m'emmène prendre mon sac a dos.

 

Alors que nous ressortons de l'hôtel, le ciel se déchaîne et nous sommes obligés d'enfiler les capes de pluie et de sortir la housse pour le sac tellement c'est violent. Le chauffeur me dépose dans un resto ou je peux acheter du pain mais je suis tellement sous le choc de la pluie diluvienne qu'il me faut un moment pour me remettre. Nous partons ensuite a la supérette de la station service ou je trouve de l'eau et des Vache qui rit, moi qui pensait arrêter, ce n'est pas encore pour aujourd'hui.

 

DSCN3455En sortant, je vois que mon chauffeur a embarqué ma cape de pluie et fourré mon sac dans un taxi sans me demander mon avis. Il me dit que c'est 5$, que ça ira plus vite que le bus ou le minivan et que le couple est déjà dedans, ce dernier argument achève de me convaincre. Je suis complètement traversée et m'en excuse auprès de mon voisin qui est dans le même état. Je découvre alors avec stupeur que, non seulement nous sommes 4 a l'arrière, jusque la rien que du déjà vu, mais qu'ils sont aussi 4 a l'avant dont deux sur le siège du chauffeur. Ce dernier est effroyablement contorsionné et je ne sais même pas comment il fait pour manier le volant, les pédales et le levier de vitesse, dantesque.

 

Nous oublions finalement la pluie diluvienne, le danger de conduire sans visibilité aucune dans une position aussi inconfortable et discutons sans trop prêter d'attention a la route. Florence, une Française, et Johnathan, un Anglais, se sont rencontrés par leur boulot a Aberdeen en Écosse. Ils sont tous deux ingénieurs et travaillent dans le conseil pour les forages de pétrole en mer et la sécurité des cargaisons de portes-containers. Ils ont pris une année pour faire un tour du monde passant par l'Asie du Sud-Est ou ils viennent de voyager pendant trois mois, l'Australie, l'Amérique du Sud et l'Afrique, un programme bien rempli. Bien entendu, nous avons un milliard de choses a partager.

 

DSCN3476Après une petite pause a la station service ou une des passagères nous offre des sortes de prunes verts clair et pas mures, nous reprenons la route pour peu de temps. Un pneu est complètement a plat et notre chauffeur nous dépose a l'abri de la pluie qui bat toujours son plein, chez un petit dépanneur de village. Il n'a pas l'air d'y trouver son compte et repart a petite vitesse et cargaison allégée faire ses réparations plus loin. Vingt grosses minutes plus tard, le taxi revient comme neuf.

 

Pas d'autre soucis jusqu'à l'arrivée a Kratie. Toujours la pluie battante, les grandes flaques, que dis-je flaques, mares de boue. Le premier hôtel visité est un peux miteux. Johnathan m'accompagne gentiment avec son parapluie jusqu'au deuxième qui est pire. Retour a la case départ mais avec une réduction d'un dollar gagnée grâce a notre petit tour. Nous passons le reste de l'après-midi a siroter des milsk-shakes et a discuter en regardant la pluie tomber. Enfin, ça se calme et Florence propose un petit tour en ville.

 

En passant devant la station de bus nous apprenons que le prix du Kratie-Kompong Cham est de 4$, tiens donc ! Florence et Johnathan prennent leurs billets pour la région du Rathanakiri pour demain midi mais je me laisse le temps de visiter Kratie et les rejoindrai plus tard. Nous allons ensuite dîner dans un sympathique restaurant créé par un Américain et qui regorge de livres. J'ai déjà bien entamé Going Alone, de Roald Dalhm, qui est comme prévu tout a fait palpitant mais ne devrait pas me faire long feu. A 20h30, nous sommes déjà de retour car Johnathan a très mal dormi la nuit dernière. Je me pose sur Internet au milieu des moustiques qui sont dans la place, j'en bave !

Publié dans Cambodge

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