Vent d'aube

Publié le par LAO.Nord

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Yangshuo, dimanche 15 mars,

Levée 9h30. Woo, mon voisin de lit, revient de sa virée nocturne. Il est en complet décalage horaire. Il vient de faire plusieurs fois le tour du monde. Il est originaire de Hong-Kong et est parti à l'âge de 16 ans vivre en Angleterre. Il était en voyage à Vancouver quand sa mère de 96 ans est décédée dans son sommeil. Il s'est donc rendu à Hong-Kong puis a été rappelé en Angleterre par son avocat, à ce que j'ai compris, il a donc fait l'aller-retour et repars dans quelque jours là-bas, via Vancouver. Maintenant qu'il en a fini avec les formalités liées au décès, il prend quelques jours pour profiter de Guilin et Yangshuo mais ne sait plus trop bien quand c'est le jour et quand c'est la nuit.

 

Il me demande si je sais pourquoi les enfants de l'ethnie Mao ne savent pas qui est leur père. Il m'explique que la tradition, là-bas, est que, chaque soir, ait lieu une danse. Les hommes dansent pour les femmes et les femmes font comprendre par des signes à celui qui leur plaît. L'heureux élu, à la nuit tombée, vient dans la maison de la belle avec 3 choses indispensables, 1 morceau de viande pour jeter aux chiens, un couteau pour crocheter la porte et un chapeau pour pendre à la porte et faire comprendre que la belle est prise, au cas où un autre prétendant se présenterait. L'heureux élu doit cependant s'éclipser avant l'aube car sinon il est rattaché à vie à la maison de la femme, corvéable à merci. Il n'y a ni mariage, ni vie conjugale de cette facon, mais beaucoup d'enfants. Les hommes savent que leur temps est passé lorsqu'ils ne sont plus selectionnés lors des danses !

DSCN0579Woo me demande mon aide pour traduire en Français un poème qu'il a vu écrit sur une pierre à Guilin et qu'il a préalablement traduit du Chinois en Anglais. Il me montre aussi un poème qu'il a écrit lui même. Il s'empresse de descendre taper ma version sur le PC d'en bas et m'appelle pour l'aider à corriger les fautes de frappe. Il prend ensuite mon email et m'explique que son nom de famille, XiaoFeng signifie vent d'aube en Chinois.

Je lui dit que je vais aller prendre un petit déjeuner tardif et il se propose de venir avec moi et de m'emmener dans un endroit bon marché et bon ou l'on fait les nouilles au riz. Mon second petit déjeuner chinois. Il est curieux de monter au pain de sucre du parc où je suis allée hier et je lui montre le chemin.

Mais, avant cela, il veut me faire faire une expérience typiquement chinoise et "visiter" les fameuses toilettes que je n'ai pas encore eu l'occasion d'essayer ! Vous savez, ces petits murets qui séparent chaque personne et la rigole qui court au milieu. Hum, ca fait envie. Je me garderai ça pour les situations d'extrême urgence.

DSCN0582Woo est très sportif. Il fait de la natation, du ski, du cyclisme, car, à son age, son medecin lui a interdit le jogging ! Il monte le pain de sucre presque au meme rythme que moi et ne semble pas excessivement essoufflé. Au pallier intermédiaire, nous faisons tout de même une longue pause où il me livre quelques adresses, au cas où je me rendrait à Shangai et au Tibet.

Sur le chemin du retour, nous passons à la Poste où, cette fois-ci, ils parlent Anglais et acceptent d'envoyer mon DVD dans une enveloppe, l'entourant juste d'une petite protection maison pour qu'il ne soit pas cassé. Une bonne chose de faite, et bien facilitée par la présence de Woo qui sert d'interprète.

Quand nous arrivons a l'hôtel, il fait de nouveau faim et nous repartons à travers la ville car Woo veut m'emmener dans un resto de dim sums qu'il a repéré en se balladant cette nuit mais il ne sait plus exactement où. Nous faisons un stop dans une boutique d'escalade, où Woo a sympathisé avec le gérant, et qui m'offre gentiment un plan de la ville et des environs.

DSCN0583Nous nous eloignons du centre touristique. Woo me fais goûter le riz gluant, enroulé dans une feuille de bambou, fourré de viande de porc et de cacahuètes. Nous finissons par trouver le petit resto et je goûte d'excellent dim sums aux champignons et une soupe où baignent également quelques raviolis à la vapeur. Woo m'apprend à demander "l'addition s'il vous plait" en Chinois et je me lance, à la grande surprise de tout le monde, suscitant l'hilarité générale.

Sur le chemin de l'auberge, nous croisons Etienne, le Québecois, que j'avais vu à Guilin, et qui cherche justement la Backstreet Youth Hostel. Nous y allons avec lui et retrouvons Nathalie, la jeune Belge rencontrée à Guilin, qui est arrivée entre temps. Nous voudrions bien louer des vélos et aller au village Fuli avec Woo mais il est déjà 16h et ça fait un peu tard pour faire l'aller-retour. A la place, Nathalie nous propose de marcher une partie du chemin vers le pont du dragon qui est une jolie ballade.

Nous lui emboitons le pas, ou plutôt la guidons, moi avec le plan, Woo lisant les idéogrammes pour nous repérer. Ce n'est pas une mince affaire mais nous finissons par trouver le petit chemin de randonnée après avoir avalé moult fumées d'échappement et développé une petite toux de pollution. Nous sommes au milieu des pains de sucres et discutons a bâtons rompus, passant allègrement du Français à l'Anglais. Nous devons faire demi-tour avant la tombée de la nuit.

DSCN0589Nathalie a rendez-vous à 19 heures avec Florence, une Anglaise qu'elle a rencontrée à Guilin, au Twin Peak Bar. Elle me propose de venir avec elle. Woo préfère repasser à l'auberge avant son bus pour Guilin. Nous nous séparons sans même une poignée de main après cette journée pourtant fort amicale, tradition chinoise (ou anglaise ?) oblige.

Nous demandons partout le Twin Peak mais personne ne semble connaître. Nous finissons par demander à faire une recherche sur Internet dans une agence. C'est en plein milieu de la rue principale mais nous arrivons une minute trop tard, Florence vient de partir. Nous remontons la rue à sa recherche mais peine perdue. Nous revenons au bar et lui envoyons un petit message puis commandons à dîner.

Nathalie prend de classiques nouilles frites, tandis que je me lance pour du crispy duck. Ce n'est pas exactement ce à quoi je m'attendais, des morceaux de canards sont plus exactement recouverts d'une sorte de pâtes à beignet, ce serait plutôt une sorte d'amuse-geule à partager qu'un plat de résistance... Pour me rattrapper je prends de l'ananas en dessert mais, lui aussi, est servi de la même façon. Je laisse l'enveloppe et ne mange que les fruits. Et moi qui disait à midi à Woo que la cuisine chinoise était équilibrée !

En rentrant à l'auberge, nous retrouvons Etienne et Florence. Cette dernière est motivée pour ressortir mais Nathalie et moi sommes prêtes à nous coucher. Nous discutons un petit moment puis décidons de partir le lendemain en radeau sur la rivière Lijiang et réservons auprès de l'auberge. La réceptionniste revient nous voir, après le départ de Florence, pour nous dire que le bus ne vient pas nous chercher à l'hôtel, en fait quelqu'un vient juste nous chercher pour nous accompagner à pied jusqu'à la gare. Merci, nous connaissons le chemin de la gare, si c'est ainsi, nous annulons et irons par nous même jusqu'au village de départ des radeaux.

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