Vie au bord du delta et lumiere sur le Mékong

Publié le par LAO.Nord

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Chau Doc, Phnom Penh, dimanche 2 mai,

 

Levée avant 6 heures. Je prends le petit déjeuner en compagnie de la famille chinoise puis fait mes adieux au groupe. On charge nos bagages sur un vélo et nous partons a pied pour l'embarcadère. Un sampan pour 4 voyageurs, c'est royal. Nous sommes accompagnes par une charmante guide qui m'a déjà prise en affection et me tient par la main.

 

DSCN1906Nous nous arrêtons dans une maison flottante qui est également une ferme aquatique. 80 000 poissons sont encages sous la maison et on peut les nourrir par une petite trappe dans le plancher. Nous passons de gros bateaux en bois dont le bas de la coque est grillage pour laisser passer l'eau et abriter les poissons qui peuvent ainsi voyager paisiblement jusqu'à leur port de destination. Certaines fermes sur l'eau hébergent même des cochons !

 

Nous longeons ces étranges habitations puis nous arrêtons dans un village Cham. Population musulmane venue d'Indonésie et vivant semble-t-il très pauvrement. Métiers a tisser antiques, petit artisanat, des fillettes nous proposant des gâteaux confectionnes par leur maman, quelques champs au bord de l'eau pendant la saison sèche, maisons sur pilotis entièrement en bois et tôle ondulée. Le chef de village, figure ascétique, ne porte qu'un sarong noue autour de la taille.

 

DSCN1909Nous partons pour trois heures a travers les canaux du delta jusqu'à la frontière sur le Mékong. Magnifiques scènes au bord de l'eau, enfants a la baignade, buffles a la tête émergeant a peine de l'eau, jolies maisons sur pilotis ouvertes sur l'extérieur et dans les quelles on plonge sans le vouloir dans l'intimité des habitants, femmes lavant le linge ou la vaisselle, pêcheurs lançant leur filet, un vrai plaisir des yeux.

 

Nous retrouvons le cours principal du Mékong en amont du delta immensément large. On nous arrête a l'embarcadère qui fait a la fois office de restaurant et de douane. Nous déjeunons de très bonne heure, il est tout juste 11h30, pour notre dernier repas vietnamien. Notre guide revient avec nos passeports estampilles et nos visas cambodgiens. Nous patientons encore une heure avant l'arrivée de notre embarcation cambodgienne. Celle-ci est nettement moins confortable.

 

DSCN1914Nous traversons le Mékong et nous arrêtons au poste frontière cambodgien qui abrite également un temple a l'architecture radicalement différente des temples vietnamiens, ici on retrouve plus les formes de toitures thaïlandaises ou laos. Notre première approche du Cambodge se fait par l'eau. Nous remontons le Mékong a vitesse réduite, nous laissant le temps d'admirer ses berges longées par quelques fermes et villages épars.

 

Multitude d'enfants joyeux batifolant dans l'eau et nous saluant au passage, toujours des buffles et des maisons en bois. Au fur et a mesure que nous avançons dans l'après-midi, la lumière se fait plus douce et surtout contrastée avec d'un cote des nuages bleu-gris menaçants, de l'autre, de gros nuages blancs au travers desquels perce le soleil. Nous sommes rattrapés par une pluie passagère.

 

DSCN1943Je bouquine un peu distraitement, levant sans cesse le nez pour admirer le paysage et prendre des photos. Vers 16 heures, nous atteignons l'embarcadère. Dernier changement de véhicule. Il ne reste plus qu'une heure jusqu'à Phnom Penh. La végétation déborde de partout, au point que les maisons semblent mangées par les palmiers de toutes sortes.

 

Nous découvrons, les yeux écarquillés, nos premières scènes de vie cambodgienne. Les vaches blanches marchent solennellement sur la route. Les passagers s'entassent sur les motocyclettes. Je vois même passer trois conducteurs portant sur le siège arrière de petits paniers ronds remplis de petits cochons. Population bien plus souriante qu'au Vietnam, nous saluant depuis le bord de la route. Leur teint est un peu plus sombre et les visages un peu plus ronds.

 

DSCN1956Notre trajectoire dans Phnom Penh nous fait passer devant le musée national et le palais royal. On nous dépose près du vieux marche et le bus rentre jusque dans la salle de restaurant de l'hôtel ou le chauffeur touche sa commission. On me propose une chambre a 5$ qui est certainement tres bien mais pour le principe je n'irai pas. Je n'aime pas du tout cette façon de vous forcer la main.

 

Je marche jusqu'à l'hôtel le plus proche et essaye de négocier la chambre sans succès. Va pour 6$. Je ressors a la recherche du distributeur se trouvant dans un grand centre commercial a quelques rues de la, pour plus de sécurité car la nuit est déjà tombée. Je ne trouve pas vraiment de resto sympathique et arrête mon choix sur un endroit un peu aseptise ou un énorme Mac avec les derniers claviers, souris et écrans high-tech sont en libre service.

 

DSCN1962Je prends mon premier repas khmer insistant pour avoir des baguettes, ayant bien pris goût a cette façon de manger et ignorant encore qu'ici l'usage est plutôt la fourchette et la cuiller a soupe. Je prends du riz aux légumes, un jus de pastèque et une salade de fruits frais.

 

Je rentre très vite me coucher mais suis horrifiée car la chambre est infestée d'horribles insectes. Je prends ma douche mais l'eau ne s'écoule pas correctement et c'est la piscine dans la salle de bain. Pour finir, le ventilateur fait un couinement infernal mais, vue la chaleur, impossible de s'en passer. Je finis tout de même par m'endormir.

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