Vieilles pierres, exemples de maman cool et de confiance khmere

Publié le par LAO.Nord

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Kompong Thom, Kompong Cham, lundi 21 juin,

 

Levée 7 heures. Je retourne au resto américain mais ils n'ont pas la salade de fruits annoncée au menu. Je pense qu'il est inutile d'espérer en trouver ailleurs qu'ici et me dirige vers le marché ou j'achète une baguette. Je vais prendre un café  au même resto qu'hier soir. Il est cette fois-ci plein a craquer d'hommes en train de prendre leur petit déjeuner. Je suis la seule femme a part les serveuses. L'égalité des sexes n'est pas encore arrivée au Cambodge et la tradition reste ici de se retrouver entre hommes pour le petit déjeuner.

 

Une petite supérette me fournit yaourt, Vaches qui rit et eau, de quoi pique-niquer a midi si je suis un peu juste pour prendre le bus. Nous faisons affaire avec mon chauffeur de motodop qui m'emmène sur une très belle piste en terre rouge jusqu'au site de Sambor Prei Kuk. En fait, il suffisait de 4 heures tout compris pour y aller et visiter, j'aurai pu le faire hier dans l'après-midi au lieu de m'ennuyer comme un rat mort sans bouquin, sans personne a qui parler...

 

DSCN3313A cette heure, nous croisons beaucoup d'attelages tirés par des boeufs. Les rizières sont toujours a moitié asséchées même si certaines tranchent avec un vert ultra-vif. Les petites maisons qui longent la route sont toujours aussi charmantes. Je commençais a avoir mal au derrière a force d'être sur la moto mais nous arrivons. Le premier groupe de prasat Sambor, tout en briques et datant du VIIeme siècle, est vraiment abîmé mais présente quelques statues et bas-relief intéressants.

 

Le second, prasat Tor, présente de beaux bas-relief mais a été gravement endommagé par la nature et les Khmers Rouges. On y trouve toujours quelques bâtonnets d'encens montrant qu'un culte y est toujours rendu. Mon chauffeur m'explique que quelques Cambodgiens continuent a pratiquer les croyances hindouistes qui se mêlent ici joyeusement aux pratiques bouddhistes. Le groupe sud, lui, n'a plus qu'un temple qui tienne a peu près debout flanqué de deux statues de lions rugissant qui en marquent l'entrée. Mon chauffeur m'entraîne vers un dernier temple, en bonus, qui est en fait complètement dévoré par un arbre gigantesque dont les racines s'enchevêtrent complètement avec la structure.

 

DSCN3325Nous rentrons largement a temps pour le bus de 13 heures et je patiente une petite heure en mangeant mon sandwich Vache qui rit, dont je commence sérieusement a me lasser. Il va falloir que je change mon ordinaire. Le bus me parait insupportable. Il n'y a que 3h de trajet mais je suis indisposée par la position assise, la sensation d'enfermement liée au fait que la plupart des passagers ont tiré les rideaux, les clips vidéos cambodgiens dont la musique autant que les images sont d'un ridicule achevé et enfin la chaleur, la clim semblant inexistante et la ventilation nettement insuffisante a mon goût.

 

Je compte les minutes et suis heureusement distraite par le bébé d'à coté qui a les fesses a l'air, classique au Cambodge ou la plupart des bambins se baladent même généralement tout nus, mais dans les bus les parents les équipent habituellement de couches. Ici ce n'est pas le cas et je vois le zizi du petit garçon gonfler et pointer dangereusement dans ma direction.

 

DSCN3372Le moment fatidique arrive et j'échappe au jet par je ne sais quel miracle. La maman, qui arbore un joli ensemble jaune safran avec un bonnet, oui vous avez bien lu un bonnet !, et une serviette de toilette assortis, se prend le gros du pipi, le reste atterrissant dans l'allée. Un petit coup de serviette, qui sert aussi a éventer et a nettoyer bébé, visage et corps, même serviette. Mamans occidentales, a cheval sur l'hygiène infantile, prenez-en de la graine, ce bébé avait l'air très heureux et en parfaite santé !

 

Après ce petit épisode, nous faisons enfin une pause dans une station service ou je m'empresse de sortir m'aérer et me dégourdir les jambes. Le ciel qui commençait a s'obscurcir dangereusement sur notre gauche, nous envoie une vraie pluie de mousson que j'accueille avec bonheur. Le ciel se brouille complètement puis ça se calme un peu. Je guette l'arrivée a Kompong Cham et descends enfin du bus. Un ami de mon chauffeur de Kompong Thom est venu m'attendre a l'arrivée. Il me fait faire le tour des auberges de la ville pour 1000 Riels. Il n'y a pas grand chose de valable et j'atterris par dépit dans la Mékong Guesthouse.

 

DSCN3435Les employés ont cru bon de vaporiser une bombe désodorisante complètement chimique et infecte qui me suffoque complètement. Je suis obligée d'ouvrir tout grand la fenêtre ce qui laisse bien évidemment rentrer la chaleur. Je négocie la demi-journée de demain avec le chauffeur qui finit par baisser son prix pour m'emmener faire le tour des points d'intérêt des environs. Je pars ensuite longer le Mékong et m'arrête très vite dans un café-terrasse bien sympathique ou je récidive avec un milkshake coco, j'en fait provision avant le retour !

 

En sortant, j'avise une petite bibliothèque ou je tombe sur une auto-biographie de jeunesse de Roal Dahl. Connaissant la verve et le potentiel d'auto-dérision de cet auteur, je ne devrait pas m'ennuyer dans les jours qui viennent. Voila qui était inespéré ! La gérante du café me laisse même partir avec sur la simple promesse de lui rapporter mon vieux bouquin en échange. Sympa ! Je passe sur les berges a l'heure de la séance de stretching qui débute les cours d'aérobic donnés en plein air ici aussi, avec vue sur le Mékong, pas mal !

 

Je rapporte mon livre et m'installe dans un cyber-café pour mettre a jour mon blog avant d'aller dîner.

Publié dans Cambodge

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