Le jour le plus long

Publié le par LAO.Nord

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Carmelita, Flores, samedi 9 janvier,

Levés 6 heures. Il pleut encore. Tan n'a pas dormi de la nuit. Il n'est pas très bien. Jordy, Yuco et moi prenons le petit déjeuner traditionnel après avoir bouclé nos sacs et démonté la tente. Je fais tout de même réchauffer ma purée de frijoles, parce que froide, à même la boîte de conserve, c'est vraiment dégueulasse.

Vers 7h30, nous partons. La route s'annonce longue et boueuse. La pluie n'est pas trop gênante car elle perce à peine la canopée. Le plus fatiguant est la masse de boue qui se colle à nos chaussures et nous fait un poids supplémentaire à décoller du sol visqueux.

Nous marchons comme des robots en auto-pilote. au bout d'une heure et demie, nous avons l'impression d'avoir marché bien plus longtemps et nous n'avons pas fait un tiers du trajet ! Le moral des troupes commence à flancher. Nous faisons une courte pause, la seule possible sur le parcours, sur des rondins mouillés.

DSCN7591Le sol par endroits est un vrai bourbier. María décide d'abandonner ses tongs pour marcher pieds-nus. J'ai calculé le temps dans ma tête mais plus ça va, plus je compte vite apparemment, parce que selon mes calculs, on devrait être arrivés depuis bien longtemps.

Des signes rassurants nous apparaissent. des marcheurs débutant la rando, une ferme isolée, on devrait bientôt toucher au but. Impossible de reconnaître le moindre passage de l'aller, Le chemin est tout droit et bordé d'arbres, infiniment monotone. Je commence à perdre courage et me redonne un peu d'énergie grâce aux petites galettes à la cannelle envoyées de France. Je traîne le pas et fais de plus en plus de micro-pauses.

Plus que deux kilomètres nous dit María. Les plus longs deux kilomètres jamais effectués. On arrive enfin. María nous accueille dans sa cuisine, malgré nos souliers crottés. Elle nous offre riz et poulet accompagnés de tortillas et d'un petit café.

Nous patientons encore une bonne heure avant que la camionnette ne vienne nous chercher. On s'en fout, on est assis. María fait route avec nous. Il n'y a que quatre places mais on s'entasse à quatre à l'arrière, Nadina sur les genoux de Tan, et deux à l'avant, María entre Jordy et le levier de vitesse.

L'épopée continue puisque la pluie a aussi fait son ouvrage sur la piste qui, déjà défoncée par temps sec, se retrouve noyée de flaques, entendez mares, d'eau. Notre chauffeur roule toutes fenêtres ouvertes et freine à la dernière minute lorsqu'il y a un obstacle. Nous, on s'en fout, on est assis au sec.

Un 4x4 nous double au niveau d'une flaque/mare, et Yuco et moi somme littéralement aspergées de boue. On s'en fout finalement, passée la surprise, de toute façon on est déjà toutes crottées.

Après 3 heures de route, nous retrouvons Flores et le lac Petén-Itza. Je demande au chauffeur de me déposer chez Doña Goya et donne rendez-vous aux autres à 20 heures chez Los Amigos. La pièce où j'ai laissé mon gros sac est occupée par des dormeurs et je dois repasser dans une demi-heure. Il va encore falloir patienter pour la douche.

En attendant, je vais réserver mon billet de bus pour Chetumal. Je suis prise dans la cohue d'une fanfare de danseurs déguisés en femmes, avec de grosses têtes de papier-mâché. La douche est froide. On s'habitue à tout, surout après 5 jours dans la jungle, et je fais même un shampooing.

Je passe à la boulangerie acheter gâteau à la banane, petits pains, bananes et eau purifiée pour la route puis m'arrête une petite heure sur le Net. Je retrouve Yuco et Jordy à Los Amigos. Un couple rencontré à Monterrico est là aussi. Jordy et Yuco, qui ont de gros appétits, commandent 3 plats pour deux. Je me contente d'un veggie curry avec pineapple. c'est délicieux et très copieux.

Nous échangeons nos adresses et j'ai gagné une invitation au Japon. quand on connaît Yuco, ça donne vraiment envie de découvrir son pays. Pleine de vie, toujours le sourire aux lèvres, un brin déjantée, toujours à l'affût d'une bêtise à faire, vêtue en baba-cool sophistiquée, pas du tout l'idée stéréotypée qu'on se fait de la Japonaise "classique". Nous nous quittons de bonne heure, épuisés de notre trek. 22h, extinction des feux.

Publié dans Guatemala

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