En las ruinas

Publié le par LAO.Nord

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Cuzco, Sacsahuaman, Pisac, mardi 6 octobre,

Motivée pour décaniller de bonne heure. Une grosse journée m'attend. J'ai décidé d'aller visiter 4 sites de ruines incas, à quelques encablures de Cuzco, à pied, puis de pénétrer dans la vallée sacrée des Incas, en commençant pas Pisac. Après mon petit dej, je confie ma lessive à l'hôtel. La femme de chambre est charmante et va s'occuper de ma lessive pour 2 Soles, bargain ! Pas la peine de prendre un bus, Sacsahuaman est à peine à 15 minutes à pied de l'hôtel, en montée.

J'arrive sur le site et lâche d'un coup 130 Soles pour un billet qui permet d'entrer dans 16 sites différents. Ça ne plaisante pas avec les touristes ici. Les Péruviens ont bien compris comment se faire du fric sur leur dos. L'argent va soit disant à l'entretien des sites, bien sûr, je pense qu'ils époussettent tous les matins les ruines incas pour qu'elles brillent bien au soleil ! Enfin, le site a l'air d'en valoir la peine.

DSCN3336Je me fait assaillir par des guides qui me proposent leurs services pour 20 Soles, en plus du ticket d'entrée, un peu fort de café. Je continue d'avancer mais l'argument fatidique arrive, ce n'est qu'un tas de cailloux, sans commentaire, ça ne vaut pas grand chose... Je me rends aux arguments pertinents du guide mais refuse de payer plus de 10 Soles.

Mon guide me montre en effet des figures que je n'aurai jamais découverte toute seule sur les pierres. Énormes blocs de pierre joints entre eux pour former une véritable forteresse, que les conquistadores, une fois de plus, ne se sont pas privés de piller pour pouvoir construire églises, couvents et demeures, dans la ville de Cuzco. Il y a tout de même de beaux restes. La partie basse des murs a été préservée intacte. On comprend pourquoi vu la taille des blocs de pierre. Certains dépassent le quintal !

DSCN3342Mon guide m'explique la technique incas pour encastrer les pierres comme dans un puzzle. Ils constituaient un moule en argile qui prenait la forme des rochers voisins avec toutes les anfractuosités et le reproduisaient à l'identique en travaillant la pierre. Un maxi tétris en somme ! La technique pour déplacer ces petits cailloux était similaire à celle des égyptiens. Ils plaçaient des morceaux de bois sur lesquels ils faisaient coulisser les pierres arrimées par des cordes et tirées et poussées par des centaines d'hommes.

De belle portes trapézoïdales ont été préservées. J'observe également un petit amphithéâtre. Les murs sont penchés vers la montagne pour éviter l'érosion. Les pierres sont polies, ou plutôt poinçonnées, jusqu'à obtenir une forme lisse et courbe vers l'extérieur. Encore un secret anti-sismique des incas pour permettre aux pierres de jouer entre elles, sans pour autant faire s'écrouler l'édifice.

DSCN3345Les fameuses figures sont constituées par des blocs de pierre, qui représentent des formes animales, à même les parois. Lama, colibri, condor, serpent. Le site lui-même constitue la tête d'un puma, dont le corps est dessiné par les principaux axes de la ville de Cuzco. La Plaza de Armas en constitue le nombril. Et oui, Cuzco était le nombril du monde Inca, sa capitale, régnant sur les 4 provinces s'étendant de l'Equateur, au Nord, jusqu'au centre du Chili, au Sud.

Mon guide me laisse là mais je décide de continuer à me balader dans les ruines, qui me plaisent décidément beaucoup. Je monte un escalier qui traverse des cultures en terrasse pour avoir une vue d'ensemble du site. Je découvre, de l'autre côté du promontoire, d'autres ruines. Un petit amphithéâtre et quelques cailloux amassés dont la signification m'échappe.

DSCN3348Un chamane, vêtu de l'habit traditionnel quechua, commence à me guider spontanément et, soit disant "gratuitement", rien n'est gratuit en ce bas monde et je ne suis pas dupe de son stratagème. Ceci étant dit, il est très sympathique et m'explique bien le site consacré à des rituels incas toujours pratiqués de nos jours.

J'ai droit à une séance de chamanisme en direct pour me soigner de tous les maux dont je souffre. J'ai beau lui expliquer que je vais très bien, il veut absolument me réconcilier avec moi-même et me faire retrouver mon équilibre. Incantation, chant à la Pachamama, mouvements de respiration qui me rappellent mes cours de pilate, je m'amuse comme une petite folle. Je fais juste attention à ce qu'on ne me pique pas mon sac et mon appareil photo.

Bien évidemment, arrive le moment où le chamane sort ses petites amulettes et me propose une participation pour aider la communauté, la rengaine habituelle. Il est bien entendu que chacun au Pérou travaille pour son compte. Je ne souhaite pas m'encombrer d'une amulette mais lâche quand même 10 Soles pour le divertissement.

DSCN3350Je poursuis ma ballade dans les ruines, en éloignant cette fois les gêneurs. Cela fait bien trois heures que je me ballade sur le site. Il est 13h30 et j'ai encore prévu de visiter 3 sites, sans compter que mon estomac se rappelle à moi. Je me dirige vers Kenko et m'arrête dans un petit resto sur le bord de la route. Ca n'a pas l'air le grand luxe, mais je ne suis pas sûre de trouver mieux ailleurs. Biftec, riz, patates.

Une table voisine fait un scandale car le prix du menu n'est pas celui affiché, le riz est froid. Elle traite la patronne de cochina, ce qui veut dire sale dans le langage local, mot qui me plaît beaucoup, mais en l'occurrence j'espère bien que la cuisine ne va pas être trop cochina, parce que je n'ai vraiment pas envie d'être malade...

DSCN3362La nourriture s'avère plus que correcte et la viande est délicieuse et bien assaisonnée. Évidemment, j'ai bien vu que la cuisinière l'attrapait avec ses mains, probablement sales, pour la mettre dans la poêle. Mais il y a beaucoup de restos où l'on ne voit pas ce qui se passe en cuisine et c'est sûrement bien pire !

Deux petites filles, bien cochinas, me tournent autour, par curiosité, et entament la conversation. Je finis de déjeuner et c'est au tour du maître de maison de me tenir la jambe. Il est temps de lever le camp. Kenko est tout près. C'est un temple au dieu puma creusé à même une énorme roche naturelle.

DSCN3367Je vais pour continuer ma route à pied mais, l'heure avançant, je saute dans un combi pour le site de Tambomachay, traversant une belle forêt d'eucalyptus et un petit village. Tambomachay est le site du bain de l'Inca. Source naturelle, avec une belle construction adossée à la paroi.  C'est vrai que ça a quelque chose d'égyptien tout ça. L'architecture d'Abou Simbel n'est pas si loin. Ca me plaît beaucoup.

Je termine mes visites par le site de Puca-Purcará qui a un charme fou. Sur un petit promontoire avec une vue splendide sur la vallée, des restes de temples et de murs incas. La journée est bien avancée et je décide de gagner du temps en rentrant en combi. Malheureusement, le bus ne passe pas par le centre et j'ai raté l'endroit le plus proche de mon hôtel pour descendre. Je m'arrête de l'autre côté de la ville, sur les hauteurs, ce qui me permet de repérer la direction générale que je dois prendre.

DSCN3370Arrivée à l'hôtel, je prends juste le temps de récupérer ma lessive, que l'aimable femme de chambre a pris la peine de repasser ! J'enfile mes sacs à dos et repars en sens inverse, pour aller chercher l'arrêt de bus pour Pisac. La rue indiquée sur le Routard n'est pas la bonne et je prolonge ma marche au gré des indications que je glane ici et là. Je finis par arriver à bon port et le bus démarre quasi immédiatement.

La route n'est pas bien longue. Je ne peux guère admirer le paysage car la nuit tombe déjà. Arrivée à Pisac, le premier hôtel est hors de prix (35 Soles, qui baissent à 30 au bout de 30 secondes). Je continue jusqu'à l'hôtel Beho, en haut d'une côte, qui avait l'air plus sympathique et n'est qu'à 20 Soles. Jolie cours intérieure, patron sympathique, chambre proprette.

Je file aussitôt sur Internet. Les prix montent encore à 2 Soles de l'heure. Je ne poste qu'un article et vais dîner car il est déjà 20h15. Le restaurant Ulrike's Café, que j'ai repéré, ferme à 21h. Ils refusent de me servir le menu du jour. Quel dommage, j'avais repéré une soupe de potiron et un cheescake au kaluha qui me disaient bien. Ce sera une lasagne végétarienne, point barre. Le cadre est très mignon et ils ont plein de guides, dont celui de l'Equateur, que je feuillette en mangeant.

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dan 08/10/2009 07:47


Peux-tu rappeler aux "incultes" le change
(en €)de la monnaie péruvienne !


LAO.Nord 09/10/2009 02:20


Ah oui c'est vrai en plus pas toujours facile de trouver le taux de change de toutes ces monnaies sur le Net.
1 Euro = 4 Soles = 10 Bolivianos = 700 Pesos chiliens
On vit globalement avec 40 Euros par jours minimum au Chili, 15 à 20 en Bolivie et 20 à 25 au Pérou (en tant que globetrotteur, j'entends).