5 heures de marche dans les rizières Yao

Publié le par LAO.Nord

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Longsheng, Ping'an, Zhonghu, Tian Tou, mercredi 17 mars,

Prête à 11 heures. Je passe à la boulangerie voisine acheter un pain complet, qui s'avère fourré aux lentilles !, et un mini-pain d'épice, que je mange dans ma chambre, en attendant que ma batterie se recharge un peu. J'ai oublié de la rebrancher la veille et j'ai cru la recharger l'avant-veille alors que l'électricité se déconnectait dans la chambre dès qu'on retirait la clé !

Je laisse mon sac à la réception et part pour la gare de bus avec seulement un mini-paquetage, contenant le strict minimum, au cas où je devrai, ou plutôt souhaiterai, passer la nuit dans les rizières. Un bus part justement à l'instant. C'est parfait. La route est splendide, déjà de nombreuses rizières en terrasses qui laissent augurer une bonne surprise en arrivant à Ping'an.

DSCN0689Je dois payer un ticket de 50 Yuans pour l'entrée dans les rizières. Je vois qu'un Chinois refuse de payer. Visiblement encore une sorte de bakkchich. L'arrivée est très touristique malgré la basse saison. Je m'arrête pour un plat de nouilles au porc émincé et cacahuètes, un classique de la région. Un peu plus loin, je prends un thé dans une boutique spécialisée.

Me voilà d'attaque pour une bonne grimpette. Je traverse le village et m'égare à l'écart du sentier principal, ultra-touristique. Le village a gardé son charme d'antan avec ses belles maisons en bois, le chalet suisse version chinoise, recouvertes de tuiles noires incurvées. La vue sur les toitures et les rizières est exceptionnelle. Le village est en construction de partout. Les auberges poussent comme des champignons mais, fort heureusement et étonnamment, conservent le style traditionnel.

DSCN0693Je m'élève pour arriver au premier point de vue, en surplomb du village, élégamment nomme "Sept étoiles accompagnant la lune". J'ai la chance d'avoir pris un sentier à l'écart de la foule et profite pleinement de la vue incroyable. Les collines bosselées sont entièrement striées de rizières en étages. Elles ne sont pas encore baignées d'eau mais c'est tout de même ravissant.

Je me dirige vers le second point de vue "Neuf dragons et cinq tigres". Deux Chinoises du Guangdong, qui n'osaient pas s'y aventurer toutes seules, m'emboîtent le pas. Elles s'arrêtent dans une maison où l'on vend des tissus et je passe mon chemin. J'arrive au site sans le savoir et le dépasse même. Je suis bloquée par une route en construction qui coupe le chemin. Je traverse et demande mon chemin. On me fait remonter en surplomb de la route. Je trouve une femme aux yeux, certainement à moitié brûlés, et lui demande mon chemin. Elle me met sur le chemin avec une voix qui semble broyer des cailloux.

DSCN0713Je croise alors une femme Yao, pour la deuxième fois, qui me propose ses services pour me guider jusqu'au deuxième ensemble de rizières, dit Jinkeng, qui est à 3 ou 4 heures d'ici. Je ne réussis pas a négocier ses services moins de 35 Yuans, partant de 40, ne jugeant pas inutile d'être accompagnée, histoire d'arriver dans un village avant la nuit.

Nous repassons au point de vue des 7 dragons, qui sont en fait 7 collines allongées et ondulantes. J'emboîte ensuite le pas de ma guide vers le village de Zonghu, où elle habite. Pa... a 48 ans et avance à petit pas dans les montées. Elle a une stature de fillette et de très longs cheveux noirs, fierté des femmes Yao, enroulés sur le front et coiffés d'un foulard noir.

DSCN0784Nous avons complètement quitté les touristes et sommes en pleine nature. Nous croisons quelques villageois qui saluent Pa... Une grand-mère et son petit-fils, un berger et ses chèvres, des bûcherons, des femmes lavant les légumes dans l'eau du ruisseau, des hommes faisant de même avec des viscères animales un peu plus bas. Pa... a faim, elle n'a pas mangé à midi. Je lui offre un des petits beignets bien consistants achetés à Yinping. Elle semble bien apprécier.

Nous continuons le chemin qui n'est pas sans me rappeler le Népal. Pa... ramasse au passage un gros rondin de bois qu'elle porte sur l'épaule. Elle téléphone à son mari qui arrive pour la délester du rondin et du panier, qui lui sert de sac au dos, pour les emmener dans leur maison. Après deux heures de marche, ma guide, inquiète de rentrer chez elle avant la nuit, me laisse sur le sentier, en me pointant la direction du village de Tian Tou où je compte passer la nuit.

DSCN0794Le paysage est splendide. Je descends tranquillement le sentier et trouve un panneau qui indique le village d'un côté et le point de vue "Musique du paradis" de l'autre. Je prends la direction de ce dernier alors que le soleil commence déjà à baisser. Je redescends ensuite au village où je trouve une charmante auberge, juste à l'entrée, et qui surplombe la vallée. Je négocie la chambre, avec une vue unique, plein Est vers les rizières, pour 2 Euros ! Moi qui m'attendait à un confort plus que spartiate, chez l'habitant, il y a tout le confort moderne ! Et ce, dans un endroit plein de charme.

Je descends, prends un bon thé bien chaud et commande un plat d'aubergines à la viande de boeuf hachée avec du riz blanc. Un vrai régal ! Presque un plat méditerranéen. Je mets à jour mon journal puis monte me coucher de bonne heure.

Publié dans Chine

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