Ponts du vent et de la pluie

Publié le par LAO.Nord

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Longsheng, Sanjiang, Chengyang, vendredi 19 mars,

Levée un peu avant 10 heures. Je boucle les affaires, prends mon petit dej à moitié dans la chambre, à moitié dans le bus pour Sanjiang. Celui-ci part dès 10h30. Nous commençons par un petit embouteillage car la route est en travaux. Il semble que la Chine entière soit en travaux ! J'ai oublié de le préciser mais la plupart des échafaudages, y compris à Hong-Kong, sont fait de bambous, très solides et qui poussent un peu comme des mauvaises herbes ici !

A peine deux heures plus tard, nous sommes déjà à Sanjiang. Mon guide indiquait 5 heures de route et la femme qui fait payer les billets m'avait indiqué 3 heures de route. Une bonne surprise. Mon guide conseille de ne pas s'attarder ici, effectivement la ville a l'air plutôt moche, et d'aller direct à Chengyang, où se trouve le fameux pont du vent et de la pluie. Le chauffeur m'accompagne jusqu'au pousse-pousse et me précise que c'est 10 Yuans, mais je ne vais pas faire 20 bornes en pousse-pousse !

DSCN0932Je me renseigne au guichet, qui est miraculeusement équipé d'un petit texte en Anglais indiquant de tourner à droite, traverser le pont, faire 300 mètres et prendre un bus au prochain croisement. C'est clair comme de l'eau de roche. Je suis les instructions à la lettre et trouve l'endroit sans problème. Plus compliqué de demander aux chauffeurs de minibus où ils vont. Il y en a un qui semble y aller, je crois reconnaître les deux idéogrammes sur le pare-brise mais il ne parle pas Anglais. Un autre veut m'y emmener toute seule pour 20 Yuans. J'allais craquer quand je me ravise et reviens vers le premier qui est plein de monde.

 

Il me depose en effet au lieu dit. Je dois payer l'entrée, la somme astronomique de 60 Yuans, pour l'accès au village et une danse folklorique dont je n'ai que faire. Je me fais aborder par une femme qui me propose l'hôtel où je comptais justement aller. Il est à deux pas du fameux pont et je négocie la chambre à 30 Yuans. Encore une jolie auberge en bois avec une vue imprenable et même un petit balcon.

 

DSCN0940La femme me fais à déjeuner, pas le choix, nouilles sautées. J'en ai un peu marre de l'huile, mais il n'y a que ça apparemment... Je me pose quelques minutes dans ma chambre, change mes chaussures pour mes godillots, et me dirige vers le village de Ma'an où a lieu le spectacle. Le petit village est très mignon. Je monte jusqu'à la tour du tambour mais m'y arrête à peine car je suis poursuivie par un Chinois qui essaye à tout prix de prendre mon portrait. Je détourne la tête et m'enfuis dans les petites ruelles, comprenant le sentiment de bête curieuse que doivent ressentir les villageois quand ils voient arriver les touristes, armés de leurs objectifs, et qui ne demandent même pas l'autorisation de leur tirer le portrait.

Je flâne dans le village et m'arrête pour un café, au bord de la rivière, devant un autre pont. Je continue ma route, traverse le joli pont où on essaye de me faire faire une donation, après les 60 Yuans versés pour accéder ici, pas question. Je croise des joueurs de cartes autour d'une table ronde basse qui me disent bonjour, arrive à un autre pont, un autre village et une autre tour du tambour, où un homme m'offre le thé. Je décline car il est l'heure de revenir sur mes pas pour le spectacle de danse.

DSCN0956Des villageois, en tenue traditionnelle Dong, jouent dans des instruments à vent faits de bambous. Les femmes portent une coiffe en argent avec des sortes de plumets multicolores, une tunique bleu indigo et une jupe courte noire avec des sortes de guêtres. Les hommes sont tout en noir avec une sorte de turban autour de la tête, une tunique avec les boutons en tissus, typiquement chinois, et des pantalons larges. Ils entonnent des chants polyphoniques traditionnels. Le show n'est pas bien captivant mais, sur la place, de petits enfants, un peu crassouilles, jouent en arrière plan, et sont vraiment craquants, surtout les petits garçons, avec leur crâne rasé et leur petite touffe de cheveux sur le devant.

 

Le spectacle terminé, on nous sert un verre d'alcool de riz, dont je bois à peine une gorgée par politesse. Je reprends ensuite ma ballade, faisant une pause pour un thé vert au même endroit que précédemment. Je m'aventure ensuite dans le village de Dazhhai, et descends dans les champs profiter du calme, le doux bruit de l'eau dans les cultures, les paysans avec leur pioche sur l'épaule, les femmes portant des paniers de légumes en équilibre au bout d'une tige. Je vais jusqu'à un petit pont, où deux vieilles femmes sont assises et discutent tranquillement.

 

DSCN0960Je rebrousse chemin et m'arrête à l'entrée du village de Ma'an où je trouve un free Internet, où on ne me fait même pas payer une conso. Il y a même Skype et des écouteurs ! Je vais au moins avoir la correction de prendre un verre et, pourquoi pas, de dîner ici, après avoir squatté près de deux heures, sans même être embêtée, au contraire, le serveur me dépatouille les bugs habituels du clavier chinois, etc.

Je choisis du potiron et du riz blanc avec une Liq, une bière locale. Le dîner se fait attendre, mais je bouquine mon guide, lisant le descriptif de ma prochaine région, le Guizhou. Je suis décidée à prendre le chemin des écoliers pour rejoindre Kunming et le Yunnan et à faire de petites étapes dans cette région encore assez traditionnelle. Quand je ressors du resto, il fait nuit noire, et j'ai laissé ma lampe torche à l'auberge. Le serveur m'accompagne jusqu'à mon hôtel tout proche avec une lampe torche car on n'y vois goutte, le village n'étant pas du tout éclairé. Je bouquine encore un bon moment, voulant terminer mon bouquin pour l'échanger demain matin.

Publié dans Chine

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